2 novembre 2008

Résultats du concours

Je suis dans la liste des admis !!!

24 octobre 2008

J'aurais du...

J'ai beau essayer de ne plus y penser, de passer à autre chose, je n'y arrive pas... Alors évacuons un peu cette frustration en exprimant ce que j'ai mal ou pas exprimé le jour J...

Le lien entre l'article sur le patrimoine et les bibliothèques ;

L'opposition évoquée dans l'article entre patrimoine et modernité me semble être un point sur lequel les bibliothèques ont beaucoup travaillé ces dernières décennies ; la numérisation des documents patrimoniaux, leur mise en valeur par le biais d'expositions dans la bibliothèque ou virtuelles sur son portail Internet, la mise en valeur dans ces fonds de documents tels que les affiches, les cartes postales anciennes, la photographie, et de manière plus générale le lieu "bibliothèque", qui fait l'objet aujourd'hui de projets architecturaux ambitieux, qui rendent le batiment de la bibliothèque un lieu à visiter pour lui même, toutes ces innovations dans nos bibliothèques établissent à mes yeux un lien réel entre le patrimoine écrit qu'abrite la bibliothèque et la modernité, l'actualité.

Vos motivations pour ce poste ;

Je travaille aujourd'hui dans un domaine très différent, l'insertion professionnelle. Ce qui me motive aujourd'hui, c'est en premier lieu le contact avec le public ; être au service du public est une notion forte dans mon parcours, depuis neuf ans auprès d'un public demandeur d'emploi par exemple. Cette expérience, et d'autres de formateur en insertion avant elle m'ont permis de côtoyer une grande diversité de publics, du chef d'entreprise au simple employé, au public migrant, au jeune diplômé en recherche d'emploi... Cette diversité me paraît être un réel atout dans la préoccupation actuelle, soulignée récemment dans le budget du Ministère de la Culture, d'élargir l'audience des bibliothèques à un public exclu, en difficulté, éloigné de fait de la lecture publique.
Les nouvelles technologies de l'information et leur place dans les bibliothèques me motivent également fortement ; je travaille depuis mon premier emploi avec un ordinateur, j'ai créé plusieurs sites internet associatifs, personnels sur le patrimoine historique de ma ville, un blog aussi dans le cadre de la préparation de ce concours. Les questions posées aujourd'hui par Internet comme nouveau vecteur d'information m'intéressent et des projets sur cette thématique au sein d'une bibliothèque me passionneraient.
Enfin, avant d'intégrer mon employeur actuel, j'étais formateur, je le suis encore aujourd'hui, occasionnellement auprès de collègues nouvellement recrutés sur les thématiques de l'accueil et de l'accompagnement des usagers, mais aussi en animant des ateliers d'aide aux recherches d'emploi. Ces compétences me paraissent intéressantes pour les services proposés aujourd'hui par les bibliothèques autour de la formation des publics aux nouvelles technologies par exemple.

Vers quel type de postes, dans quelle section souhaitez vous postuler ?

Je me projette dans une bibliothèque de ville moyenne ou de grande ville, voir dans une annexe de quartier, pour être à même de travailler avec un public varié. Je m'imagine dans une section adulte, travaillant par exemple sur le fonds local, ou encore sur un fonds emploi orientation professionnelle à l'image de celui développé par la BPI à Paris. J'aimerais aussi pouvoir m'impliquer dans des actions destinées à des publics spécifiques, dans le cadre de la lutte contre l'illettrisme par exemple, ou bien encore dans des actions hors les murs menées par la bibliothèque qui m'emploiera.

22 octobre 2008

Fin des épreuves...

Voilà, c'est fait. Enorme frustration... Enorme déception... Et mince espoir !

Je suis tombé sur un texte sur le patrimoine, texte très général, très théorique, sujet auquel je ne m'attendais absolument pas.

Ma présentation a été fidèle au texte je pense, en revanche, mes digressions pour tenter d'orienter la discussion sur les bibliothèques ont été confuses, et ont générées des questions du type "précisez les notions culture, patrimoine et arts" ou encore "quelle différence faites vous entre lecture publique et patrimoine"... On m'a ensuite demandé d'exposer mes motivations, ce que j'ai fait, avec un peu de maladresses, malgré mes nombreuses répétitions... Aucune question n'a été posée sur mon parcours ou sur mon emploi actuel et le lien avec mon projet... J'ai eu droit à une question sur la DRAC, une autre sur les 2 compétences obligatoires en matière culturelle pour les départements. Un jury (ils étaient 6 au total, tous sont intervenus) m'a posé la question suivante ; "imaginez que je sois usager et que vous êtes en poste ; quel livre me conseillez vous ?" ; devant mon embarras d'autres personnes sont intervenues pour reformuler la question et me demander quels moyens j'avais à ma disposition en bibliothèque pour conseiller les usagers... Une autre question sur les améliorations que j'apporterais à la gestion du fonds local de ma bibliothèque.
Et puis, une fois les 20 mn écoulées, chronomètre en main, on m'a remercié...
Le jury était dans l'ensemble très cordial, souriant, mais le stress était là quand même, et m'a fait bafouiller un peu.

Bon c'est fini. Je vais tenter de penser à autre chose en attendant le 31 octobre...

20 octobre 2008

Retour après une semaine de détente, repos, relaxation... dans les côtes d'Armor. Jour J -2...
Le stress et l'anxiété ne m'ont pas quitté sous le ciel bleu de Bretagne ; je me suis tout de même un peu raisonné... J'ai un emploi, un salaire, un toit, donc l'enjeu de ce concours, important, est à relativiser...
Si je n'étais pas pris, à moi de savoir rebondir, de contacter l'union des Bibliothèques pour tous pour faire un peu de bénévolat dans ce métier, et tenter ma chance sur d'autres concours...
Et puis, j'ai aussi toutes mes chances ! Ma préparation a été assidue, ma motivation est réelle, et il n'y a pas de raison, "a priori", que mes arguments ne soient pas convaincants pour mon jury. Je ne suis pas omniscient, et le jury doit s'y attendre, donc ne pas savoir répondre à une question n'est pas un drame.
Ma plus grande inquiétude est la gestion de mon stress devant le jury... J'ai déjà passé un oral de concours ; c'était il y a 9 ans, celui qui m'a permis d'accéder à l'emploi que j'occupe actuellement, et je m'en suis très bien sorti.
Bref, si la sérénité n'est pas totale, loin de là, ma confiance, à l'approche de l'épreuve est renforcée, et l'année de préparation qui vient de s'écouler, l'intérêt réel que m'inspirent les problématiques du métier, ma volonté réelle de m'impliquer dans cette reconversion professionnelle sont de vrais atouts, que je dois garder à l'esprit avant de perdre tous mes moyens le 22...

8 octobre 2008

Bibliothèque et quartier


La proximité de l'équipement culturel et de lecture publique me paraît être un pilier dans une politique de la ville, et plus précisément une politique de re-valorisation ou de re-qualification urbaine.

Ceci étant dit, le modèle de la bibliothèque de quartier ne peut tout à fait être le même que celui d'un équipement du centre ville. De même d'ailleurs qu'une bibliothèque en milieu rural ne sera pas identique dans son organisation et ses services à celle d'un centre ville. Il ne s'agit pas ici de stigmatiser des populations, il s'agit ici de prendre en compte la réalité des spécificités et des tensions qui existent dans certains quartiers.

Je partirai d'abord de l'idée que la bibliothèque ne devrait pas être un équipement isolé, mais faire partir d'un tout ; au sein d'une mairie annexe, d'une maison de quartier, d'un centre culturel, etc... La mixité ici est synonyme de partenariats : la bibliothèque de quartier pourra plus facilement s'imposer comme équipement culturel si elle fait partie d'un ensemble de services, auxquels les citoyens du quartier reconnaissent d'emblée l'utilité. Intégrée dans un ensemble, le résidant du quartier dispose de passerelle pour accéder à un équipement dont l'accès, en raison des représentations et stigmatisations véhiculées sur son quartier, n'est pas aussi simple et naturel qu'en centre ville ; il se rend à la mairie annexe pour telle démarche et entre à la bibliothèque "par la même occasion". La bibliothèque de quartier doit à mes yeux provoquer la rencontre, la faciliter, et sa proximité avec d'autres services permet cette rencontre.

A cette proximité géographique s'ajoute bien sûr le nécessaire partenariat avec les autres services du quartier ; avec les crèches et écoles,bien sûr, les association de quartier, les éducateurs de rue, mais aussi des services tels que missions locales, antenne ANPE, centre de formation professionnelle, ...
La bibliothèque de quartier, comme le programme des ruches le préconisait en son temps, peut accueillir des services ayant des missions très éloignées a priori de celle d'une bibliothèque ; accueillir la permanence d'une mission locale par exemple me parait intéressant par le lien que cela permet d'établir entre le jeune, son interlocuteur "socio-professionnel" et un service de lecture publique. Accueillir en son sein des réunions d'association de quartier me paraît de la même façon intéressant. Cela favorise l'appropriation du lieu par les habitants du quartier.

C'est enfin dans ses services et dans ses collections que la bibliothèque de quartier peut traduire cette proximité. Il ne s'agit pas ici de proposer une offre moins exigeante bien sûr ; dans nos quartiers difficiles réside une grande diversité d'individus, de l'étudiant au jeune diplômé en recherche d'emploi, du jeune scolaire à la mère au foyer...
Il s'agit simplement de diversifier l'offre ; la même exigence de qualité s'impose ici aux fonds traditionnels des bibliothèques (littérature par exemple). D'autres fonds toutefois ont leur place, et je reprends à nouveau les préconisations du programme des ruches qui prévoyaient le développement de kiosques du citoyen, un peu à l'image, toute proportion gardée bien sûr, du rez de chaussée de la BPI qui propose une collection "information générale et vie pratique" ainsi qu'un fonds sur les métiers et la recherche d'emploi.

Dans les services, la démographie observée dans ces quartiers nécessite bien sûr que l'on s'intéresse aux plus jeunes. Et puis, en s'appuyant toujours sur des partenariats forts, le développement d'actions spécifiques, sur l'illettrisme par exemple, sur la recherche d'emploi, sur le multimédia, sur des jeux informatiques éducatifs, etc... Partir des partenariats et des relais dont on dispose grâce à eux pour définir une offre adaptée.

7 octobre 2008

Questions posées...


Encore un blog de bibliothécaire en devenir... Celui de Nalya, qui le 4 octobre dernier rendait compte de son oral pour le concours de bibliothécaire territorial. Certes, je suis un rang en dessous, me préparant pour celui d'ATQ, mais quelques unes des questions posées me semblent des plus pertinentes pour ma propre prestation...

Gratuité en bibliothèque ;
POUR, évidemment. Les textes fondateurs, de l'UNESCO par exemple, insistent sur la gratuité de l'accès aux ressources des bibliothèques publiques. Gratuité bien abstraite dans la plupart de nos bibliothèques. Et il faut croire que les ressources dégagées sont suffisantes pour maintenir ces droits payants. Dans ma médiathèque, je paie 25 euros, et 35 si je n'habitais pas dans l'agglomération... Ce n'est pas un petit montant quand même, et si je suis entièrement convaincu de l'intérêt de mon inscription, je conçois qu'un tel montant puisse faire renoncer certains usagers potentiels... Ce tarif s'accompagne bien sûr de réductions ou d'exonérations pour certains publics (demandeurs d'emploi selon leur ressources, étudiants locaux).
Les amendes pour retard me paraissent également un peu déplacées... Ma médiathèque applique une autre règle, non pénalisante financièrement ; le lecteur est privé d'emprunt en fonction du retard : 5 jours de retard, pas d'emprunt pendant les 5 jours qui suivent le retour.
Un mot sur les bibliothèques parisiennes, qui sont gratuites, sauf lorsque l'on veut emprunter des DVD ou de la musique, il faut alors payer 61€ !!! Là je ne suis pas d'accord ; pourquoi ne pas aller jusqu'à instituer une location du support dans ce cas ?! Il est étonnant que ce soit sur les supports non couverts par la loi sur le droit de prêt qu'un surcoût a été décidé... C'est placer la bibliothèque dans le réseau concurrentiel et privé de la location, et c'est manquer à notre mission. Comment peut on justifier de priver ainsi les moins aisés des usagers de l'emprunt de certains documents ?!

Ouverture le dimanche ;
Plutôt POUR, dans le cadre d'une expérimentation cadrée et évaluée, sur la base d'un volontariat du personnel, et d'une formation minimale des vacataires recrutés en renfort (étudiants d'après Livre 2010).
Ce genre d'initiatives m'intéresse, alors que je suis plutôt opposé à l'ouverture généralisée des commerces le dimanche. La médiathèque comme lieu de culture, au même titre qu'un musée, se doit de pouvoir accueillir ses publics le plus souvent et le plus longtemps possible. Toutefois, je ne suis pas persuadé que le dimanche soir la seule réponse... Quid des nocturnes par exemple ? Et qu'attend-on d'une ouverture dominicale ? L'étalement de la fréquentation ? Ou une nouvelle fréquentation ? Si la deuxième hypothèse se vérifie à l'issue d'une expérimentation, alors je suis inconditionnellement (même s'il faudra parler salaire...) POUR.

Une bibliothèque modèle ?
Je reparle de Lannion ? Bibliothèque intégrée dans la ville et son patrimoine (dans un ancien couvent je crois), le granit un peu austère par temps couvert abrite un trésor d'architecture intérieure ; moderne, fonctionnel, esthétique, le visiteur que je suis s'y sent bien, circule librement, se repère facilement. L'accueil ; pour entrer à la bibliothèque, l'usager passe entre deux guichets ou se trouvent des bibliothécaires ; le bonjour, le sourire, le regard est inévitable, et c'est bien. Je ne parlerai pas du fonds, que je ne connais pas, sauf peut-être de cette petite pièce vitrée qui abrite la collection patrimoniale, visible par tous.

Préférence pour une typologie de public ?
Pas vraiment. Mon expérience passée m'a amené à travailler avec une grande diversité de publics, et m'a appris qu'il n'y a pas un public "meilleur" que l'autre, et qu'au contraire, c'est la diversité qui fait la richesse des échanges. Je serais peut-être moins à l'aise avec les bébés lecteurs...

Services de réponse à distance en bibliothèque ?
Je connais l'existence du service BiblioSés@me de la BPI, repris par d'autres bibliothèques publiques. Je n'ai jamais utilisé ce service, mais il me paraît intéressant comme service supplémentaire de la bibliothèque. Une condition toutefois, c'est que, comme la charte de BiblioSés@me le précise, l'information soit 1/ adaptée à l'usager et au niveau de réponse attendu, 2/ pédagogique sur la méthode de recherche, pour favoriser l'autonomie de l'usager sur la recherche d'information.

Devoirs et obligations du fonctionnaires ?
Devoir de réserve, dans l'expression de ses opinions ; c'est d'importance en bibliothèque, dans le cadre des acquisitions notamment ; la charte documentaire de l'établissement doit aider le fonctionnaire... Pas de jugement non plus sur l'usager et son utilisation de nos ressources.
Egalité de traitement de tous les usagers ; il s'agît ici de servir l'universitaire rédigeant sa thèse et le scolaire répondant aux questions d'un concours non pas de la même façon, évidemment, mais avec un même respect de la légitimité de la demande exprimée. La bibliothèque doit être à même de servir tous les citoyens, quelles que soient ses motivations.
Respecter la confidentialité des usages ; ne pas communiquer à un tiers sur les emprunts de tel ou tel usager, ne pas communiquer des données personnelles du fichier à des tiers.
Assurer enfin le droit d'information des citoyens ; le bibliothécaire est bien placé pour cela ; dans la mission générale de son établissement qui vise à donner accès à ses ressources au plus grand nombre, et dans la médiation quotidienne qui voit le bibliothécaire aider l'usager à accéder à l'information qu'il recherche.

Les étapes du processus de l'adoption d'une politique territoriales ?
La proposition de cette politique par des élus, le vote de cette politique par l'assemblée, l'exécution de cette politique par le président de l'assemblée...
Pour le Conseil Régional et Général, des commissions, composées d'élus, travaillent sur les compétences qui leurs sont attribuées et proposent ensuite au débat dans l'assemblée les décisions qu'ils préconisent. Le Président du CG ou CR et la Commission Permanente ont la responsabilité d'appliquer, d'exécuter les décisions votées par l'assemblée.
Pour la municipalité, ce sont les adjoints au maire, dans les compétences qui leurs sont attribuées, mais aussi tous les élus qui proposent les décisions à prendre, celles-ci sont ensuite votées par le Conseil Municipal, le Maire assumant la responsabilité d'appliquer ces décisions.

Les acteurs territoriaux ?
Les institutionnels ; les conseils municipaux, généraux, régionaux et les élus qui les composent, les exécutifs de ces conseils ; présidents de Région ou de Conseil Général et le maire, ainsi que ses adjoints.
S'il l'on élargit le terme territoire à une acceptation "géographique", il peut s'agir ici de tous les partenaires, effectifs ou possibles de la bibliothèque ; le musée, l'école, le tissu associatif, l'hôpital, la prison, la maison de retraite, etc...

Vos motivations pour ce métier ?
Le service au public : c'est sans doute ma motivation première, celle qui m'a accompagné dans tout mon parcours professionnel ; travailler au contact d'un public varié, établir une relation avec ce public, le former, l'orienter, l'accueillir. Les termes de médiateur, de facilitateur expriment le mieux ma projection dans cet aspect du métier. Travailler avec les nouvelles technologies, développer les services à distances, mais aussi l'animation d'ateliers multimédia, penser et concevoir des actions à destination de publics spécifiques, dans et hors les murs de la bibliothèque, développer des partenariats pour accroître la portée et l'impact de la bibliothèque... Valoriser le patrimoine, dans son acceptation la plus large ; le cinéma d'aujourd'hui, la photographie, ancienne ou moderne, le patrimoine local, la création... Proposer des outils de "promotion sociale" ; constituer ou développer des fonds sur la formation, les métiers, l'orientation...
Je muris ce projet depuis 2 ans environ, et ces derniers mois de préparations, de lectures d'articles, de blogs, de livres sur le métier me confortent dans ce choix professionnel ; les problématiques (élargir le public, intégrer les NTIC à l'offre et co-exister à leur côté, développer nos pratiques en matière d'accueil et de médiation) sont passionnantes et à mon avis prometteuses pour l'évolution de ce métier.

Google et la BM de Lyon : la (goo)gueule du lion ?

Après la lecture de quelques articles sur la blogosphère, difficile pour moi d'avoir une opinion bien tranchée sur ce débat houleux ; La BM de Lyon vend-elle son âme au diable en confiant la numérisation de 500 000 ouvrages de son fonds ancien à Google, ou bien est elle précurseur de l'utilisation d'un service privé à des fins publiques (donc louables...) ?

Quel est l'objectif de la BM de Lyon ? Rendre accessible en ligne 500 000 livres, aujourd'hui soigneusement rangés dans ses magasins, et accessibles à un petit groupe "élu" de chercheurs, historiens, scientifiques...

A l'énoncé de ce seul objectif, j'applaudis la démarche, et je me réjouis de bientôt pouvoir consulter en ligne ces livres auxquels je n'aurais sans doute jamais eu l'occasion d'accéder sans ce contrat passé avec Google.
Bertrand Callenge le rappelle dans son blog, "l’essentiel de notre métier tient dans l’accès, non dans la possession". Effectivement, si plus d'usagers, ici d'internautes, peuvent accéder à plus de ressources grâce à ce "partenariat", n'a-t-on pas toutes les raisons de se féliciter ? Qui s'est ému, autrement que pour féliciter l'initiative, de la diffusion par la BM de Toulouse de photographies de son fonds ancien sur Flickr ? Voici un site privé, qui vit par ses annonceurs, certes discrets, et qui propose désormais des images tirées du fonds ancien d'une bibliothèque publique.
La valeur ajoutée de telles initiatives est évidente, pour Toulouse un outil de navigation simple dans une partie de son fonds ancien de photographie, allié à une visibilité qu'une mise en ligne exclusive sur le site de la BM ne lui aurait jamais permise. Pour la BM de Lyon, il en est de même ; un accès démultiplié, qui ne nécessite plus de partir de la BM de Lyon, à des ressources aujourd'hui tout simplement "interdites" d'accès au plus grand nombre.

L'objectif de diffusion est bel et bien atteint.
Ceci étant dit, je m'étonne tout de même des "clauses" du contrat passé avec Google ; les copies numériques resteront la propriété de Google (que se passe-t-il si Google rend son accès payant ?), la bibliothèque peut diffuser à son public (quelles restrictions s'appliquent ici ? le public qui fréquente la bibliothèque ? le public inscrit ? le public d'internautes qui se connecte au site de la BM ?) les copies numériques en mode image et non en mode texte, cette seconde diffusion étant réservée exclusivement à Google.

J'ai lu dans un article que l'investissement de Google pour la numérisation des 500 000 documents de la BM de Lyon était estimé à 60 millions d'Euros. Quel ministère ou collectivité territoriale aurait pu financer un tel projet ? La CE, avec le projet de la BnuE, n'apporte aucun soutien financier aux entreprises de numérisation des bibliothèques publiques.

Je m'étonne qu'une démarche plus globale (nationale ? Européenne ?) ne soit pas engagée avec Google, pour qu'une négociation sérieuse, préservant réellement les intérêts publics qui sont en jeu ici, ait lieu. A multiplier les initiatives isolées, comme celle de Lyon, on réduit à l'évidence les marges de manœuvre des bénéficiaires de la numérisation Google. Qu'un groupement de bibliothèques publiques approche Google et construise avec cet opérateur incontournable aujourd'hui un contrat type respectueux des intérêts de chacun, et nous pourrions peut-être ainsi garantir le service public d'accès à nos ressources par le biais d'un opérateur privé qui y retrouvera évidemment ses petits... Le postulat de Jean Noël Jeanneray sur Google books et ses préconisations sont louables, j'y ai pleinement adhéré à la lecture de son livre, mais quel pays en Europe a aujourd'hui décidé de se donner les moyens financiers pour le "sursaut" contre le monopole Google et pour une politique volontariste d'accès numérique aux ressources de nos bibliothèques ?

Lire ici l'article sur le site de la Municipalité de Lyon