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22 mai 2009

Prêt illimité et accès libre

Dans le dernier numéro du BBF, un article intéressant sur la pratique de prêt illimité dans les bibliothèques municipales d'Albi ; "Lisez sans entraves : le prêt illimité à la bibliothèque municipale d'Albi".

A la Médiathèque Pierre Amalric (et ses annexes), l'emprunt des livres, revues, livres audio, jeux et partitions est gratuit, celui de CD audio et DVD coûte 15 € par an. Le nombre de livres, revues et partitions empruntables par un lecteur inscrit est ... illimité. La durée initiale du prêt est fixée à 4 semaines, mais, à la condition de ne pas faire l'objet d'une réservation par un autre lecteur, ce prêt peut être renouvelé pour une durée ... illimitée. Cette politique novatrice en matière de prêt s'accompagne toutefois, pour le lecteur distrait, d'une pratique de pénalités financières allant jusqu'à 10 € au delà d'un mois de retard dans le retour du document et au remboursement du document avec pénalité au delà de 3 mois.

L'article du BBF ne précise pas si le nombre de retard est resté stable ou a évolué, à la hausse ou à la baisse ? Autrement dit, les lecteurs ont ils joué le jeu de ces nouvelles règles ? Les constatations sur la sortie des documents sont encourageantes, avec 22% des collections en accès libre sorties contre 15% précédemment. Les réservations de documents ont quand à elle augmenté de 77%, ce qui tendrait à montrer que les lecteurs ont bien assimilé cette nouvelle pratique.

Cette expérimentation me fait me poser une question sur l'accès au document. Une étude existe-t-elle (est-ce seulement réalisable ?...) sur le mode d'accès au document, autrement dit, le lecteur emprunte-t-il un document parce qu'il l'a trouvé (et donc cherché) dans les rayons de la bibliothèque, ou suite à son interrogation du catalogue ? Si l'on ne peut que se féliciter de l'augmentation des emprunts de documents, qu'en est-il de cet accès libre, accès à part entière au document, accès qui est à l'origine de la configuration de nos médiathèques modernes ? Les "fantômes" jouent-ils leur rôle ici ? Si la réservation à partir du catalogue d'un document sorti est aisée dans la plupart des OPAC, les lecteurs qui ne trouvent pas le document qu'ils souhaitent dans les rayons vont-ils ensuite sur le catalogue pour le réserver ? Ou n'en concluent-ils pas tout simplement que ce document n'est pas à la bibliothèque, puisqu'il n'est pas en rayon...

L'accès libre et direct au document, au même titre que l'accès par le catalogue, traduit l'état de nos collections pour le lecteur ; quelle "re-médiation" peut être mise en place pour inciter le lecteur à préférer l'interrogation du catalogue, qui lui donnera accès à l'intégralité des collections, sorties ou non, et à la réservation le cas échéant. Et qu'en est-il de l'usage sur place, sans inscription ?

Qu'on ne s'y trompe pas, l'objectif du bibliothécaire est bien à mes yeux de voir le plus de documents possibles hors des rayonnages, entre les mains des lecteurs. Mais il est aussi d'informer le lecteur, inscrit ou non, sur la totalité des collections... Cette re-médiation passe sans doute par une plus grande communication sur les réservations, des fantômes plus "parlant" (photocopie de la couverture avec un message sur la réservation par exemple ?), une incitation plus grande à l'utilisation du catalogue... Car la seule sortie illimitée des documents n'est pas un objectif en soi, c'est bien leur circulation qui garantit une diffusion auprès d'un large public de lecteurs.

Pratique à suivre dans tous les cas...

19/06/09 : Et pour aller plus loin dans le débat, on pourra lire ce billet et ses nombreux commentaires sur le blog de Bibliobsession 2.0.

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6 avril 2009

Bibliothèque, insertion, formation...

J'ai assisté le lundi 16 mars à la table ronde du BBF sur les bibliothèques et la citoyenneté, et en suis ressorti persuadé que mon avenir professionnel en bibliothèque était assuré !

Les différentes interventions sont toutes allées dans le même sens, à savoir qu'il était urgent, pour les élus notamment, de dépasser l'opposition entre la mission culturelle et la mission sociale de nos établissements. Lorsque les bibliothèques territoriales en particulier visent à toucher un public aussi large que possible, pourquoi s'étonner que l'offre proposée tienne compte des spécificités d'un pourcentage tristement important de ces citoyens.

Les intervenants de cette table ronde ont souligné l'intérêt que représentait cette nouvelle offre pour les usagers concernés ; la bibliothèque comme lieu de convivialité et de sociabilité, pouvant agir comme un frein à l'exclusion. Les actions possibles concernent bien sûr les collections, avec le développement de fonds spécifiques, la mise à disposition de postes multimédia et d'accès à Internet, la formation à la recherche d'information dans le domaine de l'insertion et de l'orientation, mais aussi à l'utilisation de logiciels pour construire ses outils de recherche d'emploi (CV, lettres...), enfin la mise à disposition de ressources d'auto-apprentissage, pour aider l'usager à développer les compétences que le marché du travail lui réclame.

Loin d'être opposées, les missions culturelles et sociales sont à mes yeux complémentaires. Sans aller jusqu'à dire que la mise en place de services spécifiques au public en insertion pourrait n'être qu'un prétexte, je suis certain que ceux-ci pourraient permettre à des usagers jusque là absents de nos bibliothèques de développer, par leur intermédiaire, un usage plus traditionnel de la bibliothèque, et profiter des autres ressources, culturelles celles-là.

A lire absolument le BBF N° 2 "Bibliothèque, formation, insertion". Et, accessoirement, mesdames et messieurs les recruteurs, mon CV...

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9 mars 2009

Salon du livre 2009


Une table ronde de l'ENSSIB et du BBF, dont s'est déjà fait l'écho le blog "Bibliothèque = Public", portera lundi 16 mars sur le thème suivant ;
"Les bibliothèques actrices de la citoyenneté : leur rôle dans l’intégration, la formation et l’insertion".

J'ai déjà abordé ce sujet, qui m'est cher, dans deux précédents billets, l'un présentant 3 exemples de fonds thématiques sur l'emploi et la formation, l'autre portant sur la création d'une sitothèque pour l'emploi. Pour les compléter, voici quelques exemples supplémentaires de réalisations dans ce domaine ;

A la Médiathèque Boris Vian de Chevilly-Larue dans le Val de Marne, un service "emploi-formation" présenté dans cette plaquette.

A Rilleux la Pape, (Rhône), une bibliographie à disposition des usagers.

A la Bibliothèque Départementale d'Ille et Vilaine BDIV, une sitothèque en ligne ainsi qu'un fonds prêté aux bibliothèques adhérentes, comme à Saint Nicolas de Redon par exemple.

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31 janvier 2009

Charte des collections


Comment définir la charte documentaire d'un établissement ? Comment concevoir et rédiger une charte documentaire ? A quoi sert elle ?

Voici quelques unes des questions que je me pose lorsque je consulte, dans les offres d'emploi actuellement diffusées, les postes de responsable de médiathèque existante ou liés à la création d'un établissement, de taille modeste, cela va de soi... Le bibliothécaire est alors seul personnel qualifié dans la structure, et il lui incombe de définir sinon les missions de la bibliothèque, en tout cas la déclinaison de ces missions dans la pratique documentaire de la structure, en particulier dans le domaine des acquisitions.

Pour m'éclairer dans cette réflexion et répondre à mes questions, j'ai consulté plusieurs chartes, disponibles sur Internet, de structures de taille moyenne et petite, et tenté de tirer quelques grandes lignes de mes lectures.

Les chartes commencent pour la plupart d'entre elles par un préambule général sur la mission de la structure, parfois une présentation de son contexte (la commune, la population, les locaux, le réseau documentaire ou culturel, etc.) et une présentation du fonds existant. Puis sont présentées les textes « fondateurs » sur lesquels s'appuie la politique d'acquisition ; manifeste de l'UNESCO, charte du CSB, code de déontologie de l'ABF, mais aussi code de la propriété intellectuelle, loi Gayssot, loi sur les publications destinées à la jeunesse... Dans certaines chartes, à défaut de citer les textes de loi, un paragraphe précise les exclusions, paragraphe dans lequel sont généralement cités les ouvrages à caractère diffamatoire, violent, pornographique, incitant à la haine ou à la discrimination, etc.

Sont ensuite détaillés les principes d'acquisition ; les responsabilités (l'équipe, le responsable...), les outils et les critères de choix (revues professionnelles, niveau des publications, qualité, pluralité, diversité), les sections (adulte, jeunesse), les types de documents (livre, CD, DVD, ...).

Le désherbage, le réassort, la gestion des dons, l'évaluation des collections sont également, selon le degré de précision des chartes, détaillés.
Enfin, on trouve quasiment systématiquement un paragraphe concernant les modalités d'acquisitions, qui fait mention en particulier des marchés publics, du choix des fournisseurs, etc.

En résumé, un plan « standard » pourrait donner ceci ;

Préambule : objet de la charte des collections
  1. Contexte
    La municipalité, l'intercommunalité (si pertinent), les partenaires locaux de la bibliothèque, la population.
  2. Les missions de la bibliothèques
    Missions générales (référence aux textes fondateurs) et « locales ».
  3. Les collections
    Le fonds existant, description des secteurs couverts, de l'accès aux collections, de la répartition par -section, - disciplines, - type de documents.
  4. Les acquisitions
    Responsabilités ; équipe, comité d'acquisition, ...
    Outils ; revues spécialisées, Internet
    Suggestions des usagers (modalités de traitement)
    Critères de sélection et d'exclusion (référence aux textes de loi et autres textes comme la politique d'acquisition en 12 points de l'ABF)
    Répartition projective par -section, - disciplines, - type de documents des acquisitions
    Modalités d'acquisitions ; rappel sur les marchés publics
  5. Vie des collections
    Désherbage (méthode IOUPI)
    Réassort
    Nombre d'exemplaires par titre
L'utilité de cette charte ? Elle me paraît indispensable, en particulier dans de petites structures où les choix, en raison des contraintes budgétaires, sont d'autant plus significatifs et importants. Cette charte doit être à la disposition des usagers (à la bibliothèque, sur le site Internet) et on peut y faire référence, lors notamment des réponses aux suggestions. Elle peut être utile aussi sans doute à l'équipe elle même, dans les débats qu'elle peut avoir en interne sur certains achats. Il me semble aussi important qu'elle soit révisée régulièrement, en tout cas remise en question ; certaines chartes consultées précisent leur durée de validité (3 ans ici, 6 ans ailleurs).

Sa validation par le Conseil Municipal ou/et le Maire est fréquente dans les exemples consultés et il est en effet intéressant d'impliquer les élus dans cette charte, ne serait-ce pour partager avec eux la conscience du travail de sélection qui s'impose au bibliothécaire. La référence aux textes de loi et aux charte/manifeste/code des bibliothèques publiques permet de valider l'impartialité impérative de la bibliothèque et de son équipe.

  • Quelques unes des chartes consultées sur Internet ;
Ploufragan (Côtes d'Armor - 11000 habitants)

Lamotte-Beuvron (Loir et Cher - 4500 habitants)

Herblay (Val d'Oise - 1800 habitants)

Fleury les Aubrais (Loiret – 21000 habitants)

Bibliothèque Départementale d'Ille et Vilaine

  • Quelques lectures sur le sujet ;
Définition et mise en œuvre d'une politique documentaire
J.–L. Gautier-Gentès

Les plans d'achats, Bibliothque Municipale de Brest
Article paru dans le Bulletin des Bibliothèques de France T. 44, n° 2, 1999.

Développement et Evaluation des collections dans les bibliothèques publiques : quelles pratiques et quels enjeux ?
Par Collanges Philippe, Kontogom Marie, Lambert Bertille
Mémoire de recherche (2005) disponible dans la bibliothèque numérique de l'ENSSIB.

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Aides en ligne (... suite ...)

En parcourant le blog et le site de la médiathèque de Chirens (Isère), je viens de découvrir des tutoriels sous forme de vidéos en ligne, accessibles juste en dessous du champ de recherche simple dans le catalogue. Une façon originale et plutôt efficace de proposer une aide en ligne à moindre coût (humain notamment).

C'est ici.

26 janvier 2009

Blogs en (petite) bibliothèque


Au fil de mes navigations sur Internet, je découvre de plus en plus de blogs de bibliothèques. Je ne parle pas ici de blogs de bibliothécaires publiant sur divers aspects de leur profession, mais de blogs à destination des usagers de bibliothèques.

Quel objectif peut-on donner à ces blogs, quel intérêt représentent-ils pour les bibliothécaires, pour les usagers ? Quels contenus peuvent ils proposer ?

Quelques exemples tout d'abord, volontairement choisis dans de petites structures, à l'exception du premier ;

Everitouthèque, le blog de la Médiathèque de Romans, dans la Drôme.
Ce blog, dynamique (une quinzaine d'articles par mois en moyenne), traite à la fois des actualités de la médiathèque (rubriques Agenda, Actualités), d'expositions virtuelles, de livres ou CD acquis par la médiathèque. Les commentaires ne sont certes pas aussi nombreux que les articles, mais font souvent l'objet de réponses de la part de l'équipe. Les billets sur les livres ou CD renvoient à d'autres ressources sur Internet ; la vidéo d'une interview sur YouTube, un album à écouter sur Deezer, ... Les actualités traitent d'actions conduites par la médiathèque, par exemple de lectures à voix haute à l'hôpital, etc.
C'est donc à la fois un outil d'information, de communication, et d'échanges (par le biais des commentaires) avec les usagers.

Le "blogalivresdecarlepont", blog animé par des bénévoles d'une association Horizons Culture" dans la commune de Carlepont dans l'Oise (1369 habitants).
Blog très productif pour une commune si petite, avec une quinzaine d'articles par mois en moyenne. Les articles portent sur les coups de coeurs des bénévoles ou de lecteurs, en écho à une émission diffusée sur une radio locale. Les commentaires sont rares, le dernier date de septembre 2009 et on peut s'interroger sur l'audience, pourtant méritée, de ce blog.

"Petites chroniques d'une bibliothèque", blog de la bibliothèque de Messigny et Vantoux en Côte d'Or.
Là encore il s'agit d'un exemple réussi de ce qu'une petite structure (la commune compte 1387 habitant, la bibliothèque 310 inscrits) peut réaliser. Avec un ou deux articles par mois en moyenne, le blog propose la présentation d'ouvrages récemment acquis par la bibliothèque. Une catégorie "Chroniques" permet également aux bénévoles qui animent cette structure d'évoquer le classement des livres, le travail des bénévoles, le rôle de la BDP, etc...

Le blog du réseau des médiathèques de la Presqu'île de Rhuys
Avec un à deux articles par mois, le blog présente les activités des médiathèques du réseau. Pas de rubrique dernières acquisitions ici, ni de coup de coeur du bibliothécaire, il s'agit plus d'un agenda que d'un blog. Il n'est d'ailleurs pas possible de déposer un commentaire... C'est donc plus d'une page d'informations que d'un blog qu'il s'agit ici.

Le blog de la Médiathèque de Plélan Le Grand en Ille et Vilaine.
Encore une petite structure, qui fait part sur son blog principalement de l'actualité de la médiathèque (très dynamique en matière d'expositions semble-t-il), sur la venue d'écrivains, sur le passage du bibliobus, sur l'actualité littéraire. Avec 2 à 3 articles par mois, pas de commentaires d'usagers, le blog n'en reste pas moins une vitrine intéressante sur l'activité de cette médiathèque d'une commune de 3300 habitants.

Blog Coup de coeurs des lecteurs de la Bibliothèque Municipale de Chirens, dans l'Isère.
C'est à mon avis l'idée qui devrait motiver la mise en ligne d'un blog ; donner la parole aux usagers. La bibliothèque de Chirens (1889 habitants) a mis en place ce blog à l'été 2007 et avait à l'origine pour objectif de publier les email d'usagers sur leurs coups de cœur. A quelques exceptions prêtes, il semble que ce soit le bibliothécaire qui assure la rédaction des billets, faute sans doute de contributions. Pourtant, la possibilité offerte par Blogger d'envoi d'emails qui sont reçus directement dans la liste de messages du blog, que l'auteur peut ensuite valider avant publication, répond bien à cet objectif très contributif (donc très Web 2.0) du blog.

Ces navigations suscitent plusieurs réflexions ; d'abord que l'information descendante ne devrait pas être l'objectif premier d'un blog. Je pense en effet qu'une page Internet, celle de la bibliothèque par exemple, est plus appropriée pour présenter ses actualités ou son agenda. Des renvois du blog vers cette page d'actualités sont toujours possibles. L'information descendante ne permet pas ou peu l'interactivité. L'intérêt du blog à mes yeux est qu'il peut devenir un lieu d'échanges entre la bibliothèque et ses usagers ; quel meilleur terreau d'échanges que le point de vue, le coup de cœur, l'opinion... L'annonce de telle conférence ou l'information sur les nouveaux horaires d'ouverture n'appelle pas le débat...

Ensuite, que l'aspect contributif du blog doit être privilégié, et soutenu par une communication de tous les instants ! L'adresse du blog qui figure sur la carte de l'emprunteur, l'invitation à donner son avis sur la fiche de retour glissée dans le livre au moment de l'emprunt, une ou plusieurs affiches dans la bibliothèque, l'implication du club de lecteurs, mais aussi des partenaires (de l'école à la maison de retraite...). Et pourquoi pas une inscription gratuite à la bibliothèque pour le blogueur le plus prolixe ?...

Enfin que le blog peut facilement devenir une source documentaire à part entière, et que les renvois vers des sites Internet, des vidéos, de la musique en ligne, des pages d'auteurs, etc... confère au blog un usage supplémentaire d'information sur le fonds de la bibliothèque. Que ces liens soient proposés par les bibliothécaires, ou, mieux encore, par les usagers.

A lire sur le sujet ;

Enquête sur les blogs en bibliothèque

Typologie et usage des blogs en bibliothèque(s)

Un article sur le blog de la Bibliothèque apprivoisée

Et le blog Tutti Frouti, "Le portail des blogs de bibliothèques publiques qui parlent à leurs usagers" (Merci à Insula Dulcamara)

13 janvier 2009

Aides en ligne (suite)

Juste un mot pour compléter le billet précédent et mentionner la mise en ligne d'un didacticiel de recherche bibliographique sur le site de la BnF, commenté sur le blog Bibliothèque = Public. Comme le fait remarquer JC Brochard, un didacticiel de 6 minutes sur la recherche simple du catalogue de la BnF révèle surtout la complexité de l'interface, et une simplification / modernisation de celle-ci serait sans doute plus directement efficace pour faciliter la recherche d'un utilisateur lambda. Pourtant, je trouve le didacticiel, compte tenu de la complexité de la recherche, plutôt bien fichu.

Une réserve, l'accès à ce didacticiel ; je reproduis ci-dessous la barre en haut à droite de l'écran qui permet d'accéder au didacticiel ; le moins qu'on puisse dire, c'est que cela ne va pas de soi (j'ai ajouté la flèche rouge) ! Je précise aussi que je n'ai pas trouvé le lien vers ce didacticiel à partir de l'aide contextuelle... Et puis, ne présenter que les recherches par titre et auteur, et faire l'impasse sur la recherche par sujet, quel dommage !

En tout cas, quand on le trouve, le didacticiel fait son office, et me paraît excellent pour les usagers peu à l'aise avec les catalogues de bibliothèques. Quand à savoir si ce sont ces usagers là qui fréquentent la BnF...

Le lien vers le didacticiel est ici.

15 décembre 2008

Aides en ligne

Ma réflexion porte aujourd'hui sur les aides en ligne disponibles sur les portails Internet de médiathèques. Je suis parti du site de l'association des Directeurs de Bibliothèques de Grandes Villes (ADBGV), qui propose une page de liens vers les OPAC de ses adhérents. Mon premier constat en parcourant une vingtaine d'OPAC, est que l'aide en ligne reste assez peu fréquente. La simplification des écrans de recherche y est sans doute pour quelque chose. Toutefois, sur les écrans de recherche experte notamment, l'aide en ligne présente à mon avis un réel intérêt (j'en avais parlé dans ma dissertation au concours...). Plus généralement, dans le développement de nos services à distances, cette aide est un réel atout pour l'"accueil virtuel" d'usagers qui, sans être des internautes avertis, vont se connecter sur le site de la bibliothèque dont on évoque la récente refonte dans le dernier numéro du bulletin municipal ou dont on donne l'adresse sur tous les supports de communication...

Sur les sites équipés d'une aide en ligne, les pratiques sont très variées. De quelques lignes de texte à l'animation en ligne, du langage volontairement simple et accessible au jargon professionnel, de l'aide fournie avec le logiciel au message adapté à chaque écran du site, la forme et le fond divergent grandement.

Dans le contenu de l'aide à la recherche, outre la présentation des formulaires de recherche à proprement parler, les notions de troncature et d'opérateurs booléens sont souvent présentées. Les termes seuls ont besoin d'être expliqués à l'usager peu habitué à la recherche informatisée. J'ai souvent fait l'expérience lors d'animations de formations à la recherche sur Internet que ces deux notions étaient loin d'être claires pour les internautes néophytes.

Voici donc sur six sites différents un aperçu de quelques pratiques ;

http://www.bm-chartres.fr/

Le mode d'emploi de la bibliothèque de Chartres présente, succinctement, les 3 types de recherche disponibles (simple, guidée et avancée), ainsi que quelques explications sur l'accès au compte lecteur. Cette page d'aide s'obtient à partir d'un menu déroulant en haut de la page, il manque peut-être un lien plus visuel à côté du pavé de recherche. L'aide s'affiche dans la fenêtre active, elle n'est pas affichée en même temps que la fenêtre de recherche, et l'usager doit retourner à son écran de recherche par le menu en haut de la page. Sur le contenu de l'aide, les captures d'écran illustre les explications, elles même très brèves. Pas d'information sur les opérateurs booléens, ni sur la troncature. Pas de présentations non plus des listes de résultats, des informations contenues dans les notices, ou encore des procédures pour réserver en ligne.



http://www.bm-limoges.fr/

Sur la BM de Limoges, l'aide s'obtient en cliquant sur un point d'interrogation graphique situé à coté du titre de la grille de recherche. Sur l'écran de recherche simple, il renvoie à une page de texte qui apparaît en pop-up, et qui explique, de façon très claire et "didactique" les informations de base sur la recherche simple : les champs interrogeables (le terme index est utilisé), la saisie du terme de recherche, la sélection de la bibliothèque détentrice, et de la section. Ce guide a besoin à l'évidence d'une mise à jour, car les deux derniers critères mentionnés ne sont pas disponibles à l'écran. En revanche, une sélection par type de documents est possible, mais elle n'est pas mentionnée dans le guide... La troncature est expliquée clairement et illustrée d'un exemple significatif. Les opérateurs booléens ne sont pas cités, mais intégrés à l'explication sur la saisie des termes. L'écran d'aide à la recherche experte est très bref, et utilise l'expression "collectivité d'origine du tapuscrit", peut-être pas le critère plébiscité par la majorité des usagers...


http://mediatheque.lorient.fr/

A Lorient, l'aide contextuelle à la recherche, accessible par un clic sur un point d'interrogation graphique à côté du formulaire de recherche, fait partie d'une aide complète sur le portail de la bibliothèque. L'aide s'ouvre dans une nouvelle fenêtre, et est abondamment illustrée de captures d'écrans. Les termes utilisés sont simples, les explications concises et claires. La troncature est expliquée par un exemple, ainsi que les opérateurs booléens. La liste des résultats et la partie exemplaire de la notice font également l'objet d'écrans d'aide sur la même logique ; illustrés par des captures d'écrans, avec des explications simples et synthétiques. Le compte lecteur et les services à distance sont aussi couverts par une aide contextuelle similaire. Un modèle du genre ?



http://sbibbh.si.bm-lyon.fr/

L'aide en ligne des BM de Lyon est uniquement textuelle. Elle s'obtient à partir du menu "aide" en haut de page ; pas d'accès par un icône sur l'écran de recherche. Une page porte sur la recherche simple, l'autre sur la recherche combinée. Elle fait partie d'une aide complète qui porte sur les différents modules de l'OPAC (compte usager, panier, historique de recherche...). Pour avoir retrouvé un texte identique sur plusieurs OPAC, j'imagine que cette aide est "livrée" avec le SIGB utilisé par la bibliothèque. La troncature fait l'objet d'une explication illustrée d'un exemple, les opérateurs booléens (appelés opérateurs de recherche) également.


http://www.mediatheques-cus.fr/

Sur le site des médiathèques de Strasbourg, la recherche simple, disponible sur toutes les pages du site sous la forme d'un petit formulaire de 5 cm sur 5, ne fait pas l'objet d'une aide spécifique. Ce n'est qu'à partir de l'écran de recherche avancée que l'on peut, en cliquant sur un point d'interrogation graphique accéder à une page d'aide à la recherche, qui s'ouvre dans une nouvelle fenêtre (ou nouvel onglet sur Firefox). Cette page présente les différents "critères" de recherche (pas d'index ou de champs ici), et explique les opérateurs booléens (appelés opérateurs de recherche) de façon très graphique et très claire.



http://bciu.univ-bpclermont.fr/

Et le meilleur pour la fin, le superbe didacticiel des BM de Clermont-Ferrand. Certes son accès n'est pas intuitif. En cliquant sur le point d'interrogation graphique sur la page de recherche, une fenêtre pop up s'affiche avec le message "Voici le mode d'emploi de cette grille de recherche.", sans que l'on puisse cliquer sur un quelconque lien et accéder ainsi à l'aide promise. C'est donc à partir de la page d'accueil du portail que l'on peut ouvrir la page "découvrir le portail", et suivre une présentation animée, sous forme de diapositives, toutes très visuelles et graphiques, expliquant pas à pas les recherches. C'est tout simplement parfait, très pédagogique, agréable à regarder. Seul bémol à mes yeux ; que ce très efficace outil ne soit pas accessible contextuellement, directement à partir des écrans concernés. Cela reste un outil didactique excellent et très complet.

Pour finir, voici un lien vers un PDF réalisé par un CDI de collège breton je crois, et disponible sur le WIKI du logiciel libre PMB, que j'ai choisi pour me familiariser à l'utilisation d'un SIGB. L'intérêt de ce document, outre sa présentation là encore très pédagogique, c'est qu'il s'adresse à un public adolescent, et que les formulations choisies et le ton général du document tiennent compte de cette spécificité.

8 octobre 2008

Bibliothèque et quartier


La proximité de l'équipement culturel et de lecture publique me paraît être un pilier dans une politique de la ville, et plus précisément une politique de re-valorisation ou de re-qualification urbaine.

Ceci étant dit, le modèle de la bibliothèque de quartier ne peut tout à fait être le même que celui d'un équipement du centre ville. De même d'ailleurs qu'une bibliothèque en milieu rural ne sera pas identique dans son organisation et ses services à celle d'un centre ville. Il ne s'agit pas ici de stigmatiser des populations, il s'agit ici de prendre en compte la réalité des spécificités et des tensions qui existent dans certains quartiers.

Je partirai d'abord de l'idée que la bibliothèque ne devrait pas être un équipement isolé, mais faire partir d'un tout ; au sein d'une mairie annexe, d'une maison de quartier, d'un centre culturel, etc... La mixité ici est synonyme de partenariats : la bibliothèque de quartier pourra plus facilement s'imposer comme équipement culturel si elle fait partie d'un ensemble de services, auxquels les citoyens du quartier reconnaissent d'emblée l'utilité. Intégrée dans un ensemble, le résidant du quartier dispose de passerelle pour accéder à un équipement dont l'accès, en raison des représentations et stigmatisations véhiculées sur son quartier, n'est pas aussi simple et naturel qu'en centre ville ; il se rend à la mairie annexe pour telle démarche et entre à la bibliothèque "par la même occasion". La bibliothèque de quartier doit à mes yeux provoquer la rencontre, la faciliter, et sa proximité avec d'autres services permet cette rencontre.

A cette proximité géographique s'ajoute bien sûr le nécessaire partenariat avec les autres services du quartier ; avec les crèches et écoles,bien sûr, les association de quartier, les éducateurs de rue, mais aussi des services tels que missions locales, antenne ANPE, centre de formation professionnelle, ...
La bibliothèque de quartier, comme le programme des ruches le préconisait en son temps, peut accueillir des services ayant des missions très éloignées a priori de celle d'une bibliothèque ; accueillir la permanence d'une mission locale par exemple me parait intéressant par le lien que cela permet d'établir entre le jeune, son interlocuteur "socio-professionnel" et un service de lecture publique. Accueillir en son sein des réunions d'association de quartier me paraît de la même façon intéressant. Cela favorise l'appropriation du lieu par les habitants du quartier.

C'est enfin dans ses services et dans ses collections que la bibliothèque de quartier peut traduire cette proximité. Il ne s'agit pas ici de proposer une offre moins exigeante bien sûr ; dans nos quartiers difficiles réside une grande diversité d'individus, de l'étudiant au jeune diplômé en recherche d'emploi, du jeune scolaire à la mère au foyer...
Il s'agit simplement de diversifier l'offre ; la même exigence de qualité s'impose ici aux fonds traditionnels des bibliothèques (littérature par exemple). D'autres fonds toutefois ont leur place, et je reprends à nouveau les préconisations du programme des ruches qui prévoyaient le développement de kiosques du citoyen, un peu à l'image, toute proportion gardée bien sûr, du rez de chaussée de la BPI qui propose une collection "information générale et vie pratique" ainsi qu'un fonds sur les métiers et la recherche d'emploi.

Dans les services, la démographie observée dans ces quartiers nécessite bien sûr que l'on s'intéresse aux plus jeunes. Et puis, en s'appuyant toujours sur des partenariats forts, le développement d'actions spécifiques, sur l'illettrisme par exemple, sur la recherche d'emploi, sur le multimédia, sur des jeux informatiques éducatifs, etc... Partir des partenariats et des relais dont on dispose grâce à eux pour définir une offre adaptée.

6 octobre 2008

Bibliothèque rurale...


Une question posée à l'oral : Vous arrivez dans une bibliothèque rurale, que faites-vous pour intéresser les gens à la culture ?

Je commence par analyser mon environnement et l'existant de la structure dans laquelle j'arrive ; informations sur la population ; âge, taux de chômage, enfants scolarisés ? Existe-t-il sur place ou dans les environs des associations à caractère culturel, avec lesquelles des partenariats seront possibles, quel fonds propose aujourd'hui la structure, y-a-t-il une spécificité ? Quelle est l'activité culturelle actuelle de la commune ? Qui sont les usagers actuels de la bibliothèque ? Y-a-t-il une maison de retraite dans la commune ? De quelle intercommunalité fait partie la commune ?...

Ensuite, selon les résultats de ces analyses, je me rapproche de ma BDP, pour connaître les expositions qu'elle propose éventuellement. Je me rapproche de l'école pour connaître le partenariat existant ou le construire. Je travaille à la mise en place d'une heure du conte, le mercredi, pour les plus jeunes, en sollicitant éventuellement des parents bénévoles pour la lecture. Je propose la création d'un club de lecture avec, pour commencer, les usagers les plus réguliers. Je propose à la commune de communiquer, au sein de la publication municipale, sur les actualités de la bibliothèque. Si le taux de chômage est important, je réfléchis à la mise en place d'actions spécifiques, voir le développement d'un fonds sur la recherche d'emploi et les métiers. Je me rapproche des autres structures de lecture publique de mon intercommunalité pour connaître leurs spécificités et réfléchir à des actions communes. J'envisage le développement de services à distance, comme élargissement de l'offre de service et comme vitrine de la bibliothèque. Je réfléchis aussi à la valorisation du patrimoine communal ; exposition de cartes postales, gravures, cartes anciennes, exposition de photographies (concours à organiser ?), mise en valeur d'un éventuel fonds local, etc...

19 septembre 2008

Marianne et les bibliothèques publiques


Sujet d'actualité s'il en est pour les bibliothèques, l'accueil des usagers dans un service public fait l'objet depuis plusieurs années de nombreuses réflexions et études ; c'est l'une d'elle qui a abouti en 2005 à la mise en place du référentiel et de la charte Marianne (http://www.modernisation.gouv.fr/piliers/ameliorer/le-label-marianne/index.html), déclinaison "pratique" de l'engagement de l'Etat pour améliorer l'accueil dans les services publics.

Cette charte, adoptée par la BPI (http://www.bpi.fr/uploadfile/chartemarianne.pdf) ou encore la Cité des Sciences et de l'Industrie, fixe cinq priorités aux établissements qui l'adoptent :
  • Un accès facilité à nos services,
  • Un accueil attentif et courtois,
  • Une réponse compréhensible à vos demandes dans un délai annoncé,
  • Une réponse systématique à vos réclamations,
  • A votre écoute pour progresser.
Ces cinq objectifs généraux sont ensuite décomposés en 19 engagements permettant leur atteinte. Prenons les l'un après l'autre pour illustrer leur application concrète dans l'environnement des bibliothèques.

Un accès facilité à nos services.
Il s'agit ici de l'adaptation des horaires d'ouvertures aux attentes du public, de l'information sur ces horaires, et de l'accueil spécifiques des publics en difficultés.
Le référentiel Marianne préconise la conduite d'enquêtes auprès des usagers sur les horaires d'ouvertures souhaitées par ceux-ci. Dans le contexte du rapport Livre 2010, de la volonté d'élargir les horaires d'ouverture au public de nos bibliothèques, notamment le dimanche, ce point est d'une actualité presque brulante... Ainsi, on peut imaginer qu'une bibliothèque, après avoir consulter ses usagers, prenne en compte les demandes les plus fréquentes observées dans les résultats de l'enquête ; s'il apparaît que l'ouverture en nocturne, ou l'ouverture le dimanche fasse partie de ses demandes, la bibliothèque envisagera cette adaptation. Cette démarche d'enquête signifie également que la fréquentation dans ces nouvelles plages sera ensuite évaluée, et si celle-ci était trop faible, ses nouvelles plages d'ouverture pourront être remises en question. Le deuxième point concerne l'information des usagers sur les horaires d'ouvertures et modalités d'accès ; par le biais du site Internet, de l'affichage à l'entrée, de la large diffusion d'une plaquette sur la bibliothèque, et d'un message téléphonique d'attente par exemple. Les publics en difficultés (pour la BPI, il s'agit des séniors, des femmes enceintes, les personnes handicapées) doivent faire l'objet d'un accueil facilité ; entrée spécifique adaptée, prise en charge dés l'entrée, signalisation, équipements adaptés (déficients visuels, rampe d'accès, ascenseurs,...). Certains services publics (Préfecture de Grenoble par exemple) disposent ainsi d'un guichet spécifique vers lequel un agent d'accueil (nommé "facilitateur") orientera systématiquement les parents avec poussette, personnes handicapées, femmes enceintes, pour traiter immédiatement la demande de ces usagers. En bibliothèque, l'objectif est simple ; il s'agit là aussi de faciliter l'accès à notre bâtiment et à nos ressources ; postes informatiques adaptés, équipements spécifiques comme les "loges" pour déficients visuels à la BPI, etc.

Un accueil attentif et courtois.
Voilà une notion beaucoup plus subjective que la précédente. Mon vécu ces derniers mois, ou j'ai du passer la porte d'une bonne vingtaine de médiathèques différentes, est très inégal. D'un franc et souriant "bonjour" au regard presque fuyant d'un agent, la palette est infinie... D'où la nécessité de réfléchir et de construire une vraie posture d'accueil, qui se doit pour être efficace d'être systématique. Le service public de l'emploi dans lequel je travaille a mener il y a plus de dix ans une réflexion à ce sujet, qui a aboutit à la création d'un poste spécifique d'information et d'animation de la zone d'accueil. L'agent dispose d'un meuble de type "borne d'accueil", avec un ordinateur, et se place autour (et non derrière) ce meuble pour accueillir le public. L'agent est debout la plupart du temps, avec la possibilité de s'assoir sur un tabouret haut pendant les périodes de faible fréquentation. La première fonction de ce poste spécifique est d'applique l'engagement suivant ; "vous êtes, dés votre entrée dans nos locaux, systématiquement accueilli". L'agent a ainsi la tâche de saluer toute personne entrante, lui notifiant ainsi qu'il l'a vue, et que, s'il est actuellement occupé, il la prendra en charge ensuite, le premier accueil servant à notifier à l'usager la prise en compte de sa présence. Lorsque cela est possible, la mobilité de l'agent dans la zone d'accueil est à favoriser. Loin d'être limité par sa borne d'accueil, l'agent est amené à circuler dans la zone, afin d'intervenir en soutien aux usagers qui attendent, qui consultent de la documentation, qui utilisent un équipement (ordinateur, photocopieur), et bien sûr les usagers qui entrent. La terminologie propre à mon établissement qualifie cet accueil d'actif ; il s'agit d'aller vers l'usager. Si j'essaie de transposer une telle démarche dans une bibliothèque, cela signifie tout d'abord la suppression du guichet. Ce guichet représentant une barrière physique mais aussi symbolique entre l'usager et l'agent, freinant la mobilité de l'agent dans l'espace d'accueil. Cela étant dit, l'usage d'une bibliothèque ne peut se comparer aussi simplement avec celui d'une administration telle qu'une préfecture ou une mairie. Le parcours de l'usager de bibliothèque est beaucoup plus libre, puisqu'il n'a plus besoin de passer systématiquement par un bibliothécaire pour accéder aux collections, ou une bonne partie d'entre elles, grâce au libre accès. Cela ne dispense par pour autant la bibliothèque d'un message systématique de "bienvenue" aux usagers qui entrent dans ses locaux. Cet accueil systématique est par ailleurs garant d'une prise en compte spécifique des usagers dont le parcours au sein de nos collections "ne va pas de soi". L'usager "en difficulté" (handicapé, primo-visiteur, ayant une demande précise, etc...) par cet accueil systématique identifie immédiatement une personne ressource, et peut plus facilement et spontanément, en répondant à l'invite de l'agent (qui a fait le premier pas en le saluant), le solliciter. L'accueil devient ici le point de "démarrage" de la médiation, celui-ci étant de la responsabilité de l'agent, et non de l'usager. C'est à mes yeux un minimum dans un service public... J'ai en outre déjà développé dans ce blog l'avantage indéniable qu'un tel accueil pouvait représenter dans la gestion des comportements inadaptés de certains usagers.

Une réponse compréhensible à vos demandes dans un délai annoncé.
Ce point concerne peut-être plus logiquement la demande "à distance" ; courrier, e-mail, mais peut aussi concerner les guichets d'information au sein de la bibliothèque ; informer un usager du temps moyen que va prendre sa demande d'un ouvrage conservé en magasin paraît aller de soi, encore faut-il que cette information soit effectivement systématique...
En ce qui concerne le traitement de courriers ou courriels, un engagement de délai de réponse à une demande de recherche bibliographique à distance par exemple peut être annoncée (sur le site Internet ou verbalement à un guichet). La BPI propose ainsi sur son service RADIS (Réponse A DIStance) un délai de deux jours pour répondre aux courriels des usagers.
Le référentiel Marianne précise également l'importance de la "lisibilité et la clarté" de la réponse. Point qui nous renvoie, en bibliothèque, aux niveaux de réponses (expert / amateur).
Cet objectif - ou le suivant - peut également servir à déterminer le traitement par la bibliothèque des suggestions d'acquisitions émanant de nos usagers. Si l'usager s'identifie sur cette suggestion, la bibliothèque peut alors l'informer, dans un délai fixé, de la prise en compte ou non de sa demande.

Une réponse systématique à vos réclamations,
Si des services publics administratifs peuvent effectivement faire l'objet de fréquentes réclamations, j'espère que ce n'est pas le cas dans nos bibliothèques... Toutefois, la BPI a pour décliner cet engagement, désigné un médiateur, qui s'engage à répondre à toute réclamation émise par un usager. Cette pratique paraît plutôt adaptée et semble facilement applicable dans tout type de bibliothèque, l'appel à un tiers (personnel de la mairie dont dépend la bibliothèque par exemple), pouvant garantir l'impartialité de la médiation.

A votre écoute pour progresser.
Ce dernier objectif est bien sûr là pour assurer une évaluation et, le cas échéant, une évolution des quatre points précédants. Il s'agit ici d'intégrer les suggestions, plus que les réclamations, des usagers dans la manière dont le service proposé est rendu. La mise en place d'une boîte à idée, à différencier clairement des suggestion d'acquisition, peut permettre à des usagers de s'exprimer et de suggérer telle ou telle organisation. Pour la BPI, ce sont les évaluations des services et les enquêtes auprès des usagers qui servent à atteindre l'objectif fixé, avec la garantie d'informer les usagers des résultats de ces enquêtes dans le Bulletin de la BPI. Dans une bibliothèque plus modeste, cette information peut être diffusée sur le site Internet, affichée dans les locaux, ou publiée dans la lettre d'actualité, voir dans le journal de la mairie s'il en existe un.

J'ai vraiment le sentiment que cette charte Marianne a toute sa place en bibliothèque, et que, à défaut, les réflexions qu'elle soulève sont véritablement d'actualité dans des bibliothèques aux missions démultipliées ces dernières années, en particulier celle de l'élargissement des publics et de l'accès du plus grand nombre à nos ressources. Plus simplement, l'augmentation de la fréquentation, et la diversification des usages rend un accueil pensé et construit indispensable.

15 septembre 2008

Espaces et usagers

Editorial du BBF 2008 N°04
Le théâtre du savoir, Yves Alix

En partant d'une définition très traditionnelle de la bibliothèque, "des collections documentaires conservées dans des espaces", Yves Alix introduit la notion de visibilité de ces collections, qui se décline à travers non seulement les différents types de bibliothèques, mais aussi les modes d'accès, de communication aux documents. Dans la mission ainsi définie de "rendre visible", l'espace joue un rôle déterminant et à l'heure de l'augmentation de la fréquentation des bibliothèques publiques, et de leur place dans la ville, il questionne cette organisation de l'espace au regard non plus de la seule fin de conservation, mais de celle de la communication et de l'accès au plus grand nombre.
Il compare ainsi l'agencement des espaces à une représentation théâtrale où les collections sont mises en scène par les bibliothécaires pour un public d'usagers. Il écarte l'hypothèse d'une dématérialisation de la bibliothèque avec le développement des bibliothèques numériques, pour affirmer qu'aujourd'hui, un travail reste à faire sur l'organisation des espaces et l'agencement des collections pour en faciliter l'accès. Il suggère que la bibliothèque s'inspire d'autres lieux culturels comme la librairie, les archives, les musées, les centres de documentation, pour utiliser certaines des méthodes appliquées dans ces lieux à la diffusion, la communication des œuvres ou documents.
Il conclut en réaffirmant le rôle du bibliothécaire dans ce travail, celui d'un "passeur".

Il est indéniable que les dernières décennies ont vu les missions des bibliothèques changer de perspective, pour, sans bien sûr abandonner le point de vue des collections, orienter ses missions autour d'un objectif majeur : l'accès au public. De guichets incontournables pour accéder à un document, on est passé aux larges espaces d'accès libre et direct dans les bibliothèques publiques. Dans les nouvelles médiathèques, l'architecture s'est mis au service de la communication, la circulation dans les collections, la consultation des documents, la valorisation des œuvres. Aux tables et chaises d'études, on a ajouté fauteuils et tables basses, espaces d'écoutes, de lecture de la presse, de visionnage de vidéos... En facilitant l'accès et la consultation, ce sont bien les collections que l'on a mises en valeur ; on a ainsi permis cette interaction dont parle Yves Alix entre les usagers et les documents ; on ne peut imaginer une collection musicale sans postes d'écoute, une salle d'usuels sans les tables d'étude à proximité immédiate. On trouve de plus en plus de postes de visionnage pour accompagner les collections grandissantes de DVD dans nos médiathèques.
Les exemples extérieurs, observés chez nos partenaires ont déjà été intégrés dans de nombreuses bibliothèques publiques ; les tables de livres des libraires se retrouvent dans nos rayons pour mettre par exemple en valeur les dernières acquisitions. Les campagnes de numérisation des documents les plus anciens, livres, mais aussi des fonds jusque là exclus d'une communication systématique du fait de leur forme tels que les photos anciennes, les estampes, les cartes postales anciennes sont accessibles sur des ordinateurs, à distance ou dans les locaux mêmes de la bibliothèques. Les expositions liées au patrimoine écrit se multiplient, s'inspirant ainsi d'un domaine jusque là réservé aux musées. Les animations, parmi lesquelles la lecture de contes pour les plus jeunes publics, ou encore l'organisation de concerts, empruntent leur démarche au théâtre et à la salle de spectaple.
Dans cette volonté affichée d'exploiter et organiser les espaces au service de la communication du savoir et de la culture, le métier de bibliothécaire s'est enrichi de multiples facettes, empruntées à d'autres métiers venus de ses partenaires culturels. Sa difficulté réside aujourd'hui dans l'espace qui lui est confié ; toutes les bibliothèques publiques ne sont pas des bâtiments flambant neufs et architecturalement "ambitieux", pensés et construits avec l'usage des collections comme point de vue essentiel.

9 mai 2008

Autonomie des usagers – conclusion

On l’a vu, la démocratisation et la modernisation de nos bibliothèques, dont usagers et personnels ne peuvent que se réjouir, se sont accompagnées d’un accès à l’information plus complexe et plus technique. La diversité des usages de la bibliothèque, le souhait d’y intégrer tous les publics, y compris, et peut-être surtout, les plus défavorisés, donnent tout son sens au rôle de pédagogue que l’on reconnaît aujourd’hui au bibliothécaire. Si l’effort consenti est indéniable, par les animations, visites, formations que les bibliothèques ont mis en place, il me semble que cet effort d’adaptation doit se poursuivre, pour que les actions menées répondent au plus près à la diversité de nos usagers.

S’il est un savoir être qui devrait figurer en bonne place dans les référentiels de nos métiers, c’est l’empathie. Cette empathie du médiateur qui sortira de son cadre de référence pour mieux comprendre la demande de son usager, cette empathie du pédagogue qui consiste à déconstruire un savoir acquis par lui, pour pouvoir le partager avec l’autre.

Cette mission primordiale si la bibliothèque veut augmenter son impact auprès de son public, acquis ou potentiel, a un double intérêt ; la satisfaction de l’usager bien sûr, mais aussi, et ce n’est pas négligeable, le renforcement de la relation entre l’usager et le personnel. C’est cette relation qui fait de la bibliothèque publique l’endroit privilégié d’échanges, un « lieu des liens ».

Autonomie des usagers – 3) la pédagogie du bibliothécaire

Garantir l’autonomie de l’usager ne se fait pas sans effort ; il est important qu’une grande partie de ses efforts soient assumés par le bibliothécaire et non par l’usager lui-même, sans quoi un frein supplémentaire est créé à la fréquentation du plus grand nombre. L’autonomie de l’usager est ainsi liée à celle du bibliothécaire dans les compétences de communication et d’accueil, qui doivent en conséquence être non seulement valorisées par l’institution, mais aussi développées. Ce constat se vérifie et s’amplifie même dés lors que l’on parle de formation des usagers. La pédagogie du bibliothécaire ne s’improvise pas, elle se construit !

J’inclurai, pour commencer, à ce thème de la formation de l’usager la visite de la bibliothèque. Il ne s’agit pas ici d’une simple visite des locaux et du bâtiment, mais d’une visite pédagogique, dont l’objectif pourrait s’énoncer comme ceci : à l’issue de cette visite, l’usager sera capable de se repérer facilement dans les locaux et les collections, et d’identifier les outils à sa disposition pour mener ses recherches documentaires. Visiter la bibliothèque dans ce cas sera l’occasion de distinguer les postes de consultation du catalogue des postes Internet, de solliciter les bibliothécaires des différentes sections pour une brève présentation du fonds, de souligner l’importance et le sens de la signalétique, d’introduire le plan de classement de la bibliothèque, de préciser les règles en vigueur dans les salles d’étude ou dans le maniement des documents. Solliciter le groupe d’usagers, les rendre acteur de cette visite en prenant l’exemple d’une thématique de recherche de l’un d’entre eux, les interroger sur leur réaction face à tel équipement ou telle collection, seront autant de techniques pédagogiques à mobiliser.

On l’a vu, l’entrée de l’informatique à la bibliothèque en fait un outil incontournable pour chercher mais aussi, dans le cas des bibliothèques numériques, consulter les documents correspondant à sa requête. Or l’utilisation efficace de cet outil nécessite certains savoir-faire que tous nos usagers ne maîtrisent pas nécessairement. Si aujourd’hui l’équipement en informatique personnel représente plus de 50% des foyers français, il en reste donc une moitié qui en est privée, et dans les 50% de foyers équipés, combien de parent utilisent-ils l’ordinateur acheté principalement pour la scolarité des enfants ? La fracture numérique est une réalité de notre société, et les initiatives sont nombreuses, dans des services publics variés, qui tendent à réduire cette fracture ; des ateliers de l’ANPE pour familiariser les demandeurs d’emploi à la recherche d’offres sur Internet, en passant par l’implantation de « cyber espaces », comme ceux financés par le Conseil Général des Côtes d’Armor par exemple, les efforts sont nombreux pour généraliser l’utilisation de l’ordinateur dans la vie courante.

Avant même d’envisager la formation des usagers à la recherche documentaire sur catalogue informatisé, la bibliothèque se doit, comme tout acteur de formation, de s’assurer que les pré-requis élémentaires à l’utilisation de l’informatique sont présents chez ses usagers. En discutant avec le bibliothécaire chargé, dans la médiathèque que je fréquente, des initiations à la recherche documentaire, celui-ci m’expliquait qu’il devait naviguer entre deux frustrations lors de ses animations ; celle que ressent le néophyte qui panique dés que son pointeur de souris disparaît de son champ de vision et celle de l’utilisateur plus aguerrit qui se lasse d’attendre les plus lents. La bibliothèque doit donc mettre en place des actions distinctes pour ces usagers, pour s’adapter à leurs différents niveaux d’autonomie.

Je pense par ailleurs que les actions d’initiation au catalogue doivent cibler certains publics plus que d’autres. L’intégration dans la majorité des cursus universitaires d’unités de valeurs sur la recherche d’information peut dispenser, sauf demande particulière ou spécificité locale, de former les étudiants qui font déjà l’objet d’un tel enseignement. Ceci permet alors de se concentrer sur les publics les plus en difficultés. Par ailleurs, des actions ciblées en fonction des publics sont à encourager ; une animation dans l’espace « ados » sera différente de celle organisée dans la section adultes ou jeunesse. Des actions collectives organisées avec des partenaires tels que les écoles primaires ou une maison de retraite peuvent permettre de répondre au mieux, de façon différenciée, aux besoins spécifiques des publics.

Le développement, enfin, de l’auto-formation, me paraît être une piste intéressante pour là encore s’adapter au plus près du besoin de l’usager, et réduire ou canaliser d’une certaine façon les moyens humains mobilisés pour la formation des usagers. L’expérience de la Bibliothèque Municipale de Lyon Part Dieu va dans ce sens ; que l’usager soit connecté de chez lui au portail de la bibliothèque ou qu’il soit face à un écran dans la bibliothèque, il peut accéder à un outil d’aide à la recherche documentaire en ligne. Un lien ouvre une nouvelle fenêtre, dans laquelle apparaît un guide, illustré de nombreux écrans du catalogue, qui lui permet ainsi de se familiariser, en toute autonomie, à la recherche documentaire dans cette bibliothèque. D’autres ressources d’auto formation, liées à la recherche sur Internet ou à la recherche de ressources sur l’emploi et l’orientation professionnelle sont également disponibles.

Autonomie des usagers – 2) le contexte favorable

Avant même de mettre en place des actions de « re-médiation » en direction de l’usager non autonome, la bibliothèque doit construire les conditions de cette autonomie, par un environnement, une pratique, une attention dans tous les actes professionnels qui placent l’usager au centre de ses préoccupations.

Il en va ainsi de la communication visuelle dans la bibliothèque. Nombreuses sont les bibliothèques qui remettent, lors d’une première inscription, un guide de l’usager. Selon les bibliothèques, ce guide regroupe principalement les règles de prêt, celle du « vivre ensemble » de la bibliothèque, un plan des locaux. Ce guide doit être élaboré en pensant au moins autonome de nos usagers, l’informer clairement sur l’aide que les bibliothécaires peuvent lui apporter dans ses recherches, inclure une présentation, même brève, de l’écran de recherche OPAC, bannir autant que possible les termes professionnels. La première inscription d’un usager devrait, dans l’idéal, faire l’objet, outre de la remise d’un guide, dont la lecture requiert déjà trop souvent une relative autonomie, d’un entretien, à tout le moins d’un échange entre le bibliothécaire et l’usager, pour déterminer son degré d’autonomie, et dés ce premier contact, privilégié puisque volontaire de la part de l’usager, les ateliers d’aide à la recherche documentaire, les visites de la bibliothèque, pourraient alors être proposés, ceci pour signifier à l’usager que sa « réussite documentaire » est bien la préoccupation de la bibliothèque à laquelle il vient, le plus souvent, de faire un chèque…

La signalétique est elle aussi un élément déterminant pour asseoir l’autonomie de l’usager. A la présentation par affichage du plan de classification, d’autres formes de repérages des collections peuvent être combinées. Les codes couleur de la signalétique de la BPI vont dans ce sens. Si l’usager associe à sa thématique de recherche une couleur en même temps qu’un indice, même basique, de classification, son repérage visuel dans les collections en sera simplifié. Des priorités et une forme de hiérarchie doivent servir à élaborer une signalétique riche de sens pour l’usager. Distinguer le signalement des collections de l’orientation « géographique » dans la bibliothèque permet de communiquer à deux niveaux avec l’usager ; l’information qui signale l’espace d’exposition temporaire, les toilettes ou la salle détente doit être différenciée de celle qui oriente vers les sciences sociales, les romans ou les DVD. Idéalement, cette signalétique sera servie par une configuration intelligente des locaux ; les projets architecturaux récents, outre leur esthétique extérieure, ont été définis le plus souvent avec des professionnels de la future bibliothèque, qui ont fait part de leurs exigences en matière de circulation, de délimitation des espaces, d’organisation des collections. Dans d’autres cas, où la bibliothèque a du s’adapter à des locaux existants, la signalétique dépasse son objectif de simple communication visuelle, et remplit celui de palier aux manques du bâtiment, de résoudre les problèmes induits par des locaux inappropriés.

Après la communication écrite, puis visuelle de la bibliothèque, comment ignorer la communication verbale qui va jouer un rôle déterminant dans l’autonomisation de l’usager. Je veux traiter ici de l’accueil de toute personne, inscrite ou non, qui passe la porte de la bibliothèque. Aujourd’hui, le plus souvent, cette fonction, très largement et précisément déclinée dans les référentiels du métier de bibliothécaire, se concentre dans le temps et l’espace à l’entrée de l’usager dans les locaux. Il s’agit le plus souvent d’un guichet, derrière lequel se trouve un bibliothécaire affairé sur un écran et vers lequel l’usager peut se déplacer puis solliciter l’attention et l’aide de l’agent. Cette configuration présuppose que l’usager repère cet espace, s’y dirige, et pose sa question, qui ne peut tout à fait être anodine, puisqu’elle va interrompre l’activité du bibliothécaire qui, qui l’en blâmerait, utilise l’écran à sa disposition pour réaliser des tâches très éloignées de la fonction d’accueil. La configuration des bureaux de renseignements est la même lorsque l’usager se déplace dans les autres espaces de la bibliothèque, c’est dans tous les cas l’usager qui va vers le bibliothécaire et non l’inverse. Pourtant, un autre accueil est possible, plus actif celui là, plus impliquant pour le bibliothécaire. On en a vu quelques illustrations à l’époque des emplois jeunes, et c’est cet accueil fondé sur « l’aller vers » l’usager qui est largement pratiqué dans les bibliothèques anglo-saxonnes par exemple. Imaginons un membre du personnel de la bibliothèque, simple agent, animateur ou bibliothécaire, qui se déplace dans les locaux, qui repère les usagers un peu perplexes devant un écran ou lisant le plan de la bibliothèque ou passant plus de cinq minutes dans un rayon sans un document à la main, qui irait vers cet usager pour lui poser une simple question ; « avez-vous besoin d’aide ? » ou « trouvez-vous ce que vous cherchez ». Dans le cas où l’usager est effectivement autonome, et répond qu’il n’a pas besoin d’aide, l’intervention est terminée, et l’agent peut continuer à circuler. Mais dans l’autre cas, la communication peut s’instaurer, l’accompagnement de l’usager, celui qui l’amènera à trouver sa réponse avec l’aide de l’agent, est initié, et l’acquisition d’autonomie peut commencer. Dans cette configuration d’accueil, c’est la bibliothèque qui assume la démarche d’aide, sans que l’usager n’ait à connaître la frustration de « l’échec » avant de demander, dans le meilleur des cas de l’aide, et dans le pire des cas, de quitter la bibliothèque en se félicitant de ne pas s’y être inscrit.

Autonomie des usagers – 1) origines d’un nouveau besoin

A l’époque, heureusement de plus en plus lointaine, où l’élitisme de l’accès aux bibliothèques et à leurs collections était la règle, la question de l’autonomie des usagers n’était pas de mise. L’usager était, par son érudition, son niveau de qualification, son statut social souvent, considéré, à tort ou à raison, comme capable de trouver l’information dont il avait besoin. Ou plus exactement, cet usager, rare et précieux, était très entouré par des bibliothécaires qui faisaient le travail de recherche à sa place, lui délivrant les ressources dont il avait besoin pour lui permettre de se consacrer pleinement à son étude, sa recherche.

La démocratisation de l’accès aux bibliothèques, la fréquentation croissante de celles-ci par un public multiple et divers, la configuration même de nos établissements ont totalement changé la donne.

L’accès libre aux collections est la première révolution à l’origine de cette recherche d’autonomie chez l’usager. Plus de formulaire à remplir pour obtenir le document souhaité, l’usager parcourt les rayons librement, se familiarise, plus ou moins facilement, avec le plan de classement de la bibliothèque, feuillète les ouvrages seul ; il cherche, et dans le meilleur des cas, il trouve seul la réponse à la question. Ce parcours libre et indépendant nécessite pourtant quelques compétences, et combien d’usagers restent perplexes devant un affichage qui leur présente la classification Dewey ou devant un écran de l’OPAC de la bibliothèque fraîchement informatisée…

Avec l’accès libre et les nouveaux services en bibliothèque, est venue l’affluence. Sans aller jusqu’au 6000 visiteurs quotidiens de la BPI à Beaubourg ou les 2000 du haut de jardin de la BnF, la fréquentation des médiathèques modernes n’a plus rien à voir avec celle des bibliothèques d’autrefois. Ce qui signifie que le ratio d’usagers par bibliothécaire disponible a considérablement augmenté, et qu’immanquablement, l’usager va devoir faire une partie du chemin seul, en autonomie.

Les nouvelles technologies, dont l’apport est indéniable dans l’amélioration de l’accès à l’information, restent malgré tout là encore demandeuses de compétences et d’une relative technicité, et tous les usagers ne sont pas au même niveau dans ce domaine. L’usager va devoir maîtriser outre les compétences de base liées à l’utilisation d’un ordinateur (souris, clavier, positionnement du curseur, …), celles qui relèvent de la recherche documentaire à proprement parler (choix des mots clés, lecture de la notice bibliographique, informations d’exemplaire). C’est là encore une grande autonomie que lui demande l’introduction de l’informatique à la bibliothèque.

Cette technicité se retrouve encore dans les autres équipements de la bibliothèque, tel que les postes d’accès à Internet, les appareils d’écoute de disques compacts ou de visionnage de vidéos ou de microfilms.

L’appropriation des documents eux-mêmes requiert des compétences spécifiques, surtout lorsque le document est un CD-ROM, une base de données, un serveur d’agrégateur de presse, un service de livres ou documents sonores à distance comme sur Numilog ou Bibliomédia. Si la diversité des supports garantie celle des accès à l’information, elle modifie en profondeur la lecture, au sens large, du document ; elle introduit l’outil, l’appareil comme intermédiaire de cette lecture, et en conséquence de nouvelles compétences pour l’usager.

C’est la modernité et le succès de nos médiathèques publiques qui sont à l’origine de cette nécessaire autonomie de l’usager dans son parcours, et le bibliothécaire aura la mission primordiale de s’assurer que cette autonomie est acquise et, dans le cas contraire, de mettre en œuvre des actions de médiation qui ne devront pas seulement répondre au besoin documentaire ponctuel, mais surtout viser à rendre l’usager autonome, et à favoriser l’appropriation par celui-ci de notre offre de service, dans toute sa complexité et sa richesse.

Autonomie des usagers - Introduction

"Quelles actions de sensibilisation et de formation les bibliothèques mettent-elles en œuvre pour favoriser l’autonomie des lecteurs, en leur faisant connaître les outils et les services de la bibliothèque et son environnement documentaire ?"

(sujet de concours BAS FPE en 2007)

Le manifeste de l’UNESCO, la charte des bibliothèques publiques du CSB ou encore le code de déontologie du bibliothécaire de l’ABF accordent tous une place importante à l’autonomie de l’usager et au développement des compétences de base nécessaires à l’accès à l’information. Les référentiels de la fonction publique territoriale et d’Etat déclinent eux aussi les activités liées à l’accompagnement et à la formation des usagers comme des éléments clés pour remplir les missions de service (au) public des bibliothèques.

Dans le paysage des bibliothèques publiques modernes, il paraît donc légitime de faire un état des lieux sur les pratiques favorisant l’autonomie de l’usager, et au-delà, rendre le premier service que tout bibliothécaire lui doit ; l’amener à trouver réponse à sa question, à satisfaire sa demande d’information, pour que celui-ci prenne pleinement conscience de l’intérêt de sa fréquentation, et pour qu’il exploite le plus efficacement possible les multiples ressources que la bibliothèque a à lui offrir.

J’analyserai dans un premier temps les raisons pour lesquelles, aujourd’hui plus que jamais, l’autonomie de l’usager est un enjeu capital de nos services, pour ensuite décrire le contexte favorable à cette autonomie, puis dans un troisième temps, je traiterai des actions de formation comme réponse à cette exigence d’autonomie de l’usager.

8 mai 2008

La médiation en bibliothèques publiques – conditions

Quelles conditions doit-on réunir pour assurer une médiation efficace ?

J’aurai ici tendance à répondre que chaque acte professionnel du bibliothécaire a une influence sur la qualité de la médiation.

Lors des acquisitions par exemple, et la politique d’acquisition en 12 points de l’ABF le souligne, il faut tenir compte de ses publics (donc bien les connaître), s’attacher à représenter les différents niveaux d’acquisition d’une information, du niveau « expert » au niveau « amateur », nouer des partenariats avec des acteurs extérieurs « spécialistes » de certains publics (exemple de médiations à destination des publics illettrés). Aider un usager à trouver l’information qu’il recherche, ne pourra pas aboutir si cette information est trop pointue ou technique pour lui.

Lors du traitement intellectuel de l’ouvrage ; difficile de voir en quoi le catalogage peut influer sur une médiation. Pourtant, les dernières révisions des normes françaises de catalogage qui abolissent certaines abréviations dans le corps de la notice pourraient bien aller dans ce sens. Là encore, il s’agit, lorsque le bibliothécaire oriente l’usager vers tel résultat de recherche sur le catalogue, que ce résultat soit compréhensible et lisible par l’usager. En ce qui concerne l’indexation, qu’il s’agisse des indices Dewey, ou des vedettes matières retenues, si le langage naturel n’est pas de mise, au moins s’en rapprochera-t-on le plus possible. Dans la recherche d’un indice, c’est la clarté pour l’usager plutôt que la précision rigoureuse qui devrait motiver l’indexeur. L’indice à 12 chiffres n’a, a priori, aucun intérêt pour l’usager. Un indice simple, commun à plusieurs documents portant sur une même thématique, permettra en libre accès, la proximité physique d’autres documents, susceptibles d’intéresser l’usager.

L’accueil des usagers est sans doute le moment privilégié pour instaurer une relation de médiation. Un accueil « actif », qui ne subisse pas les sollicitations, mais les appelle, qui n’attende pas la venue de l’usager à un guichet, mais qui devance cette venue en allant vers l’usager. Les pratiques des Pays Bas, du Canada, du Royaume Uni en la matière sont éclairantes ! Port de badge d’identification pour le personnel, voir dans les Idea store anglais d’un uniforme, mobilité du personnel, qui n’a pas de bureau, mais qui circule constamment et va vers l’usager qu’il pense être en difficulté. Cet accueil instaure la relation, il la construit à chacune des visites de l'usager, il permet ensuite une médiation plus naturelle, sans parler des effets qu'il peut avoir sur la gestion de conflits par la suite.

D’autres considérations plus générales telles que la signalétique, ou l’organisation des espaces de la bibliothèque, seront aussi des atouts majeurs pour une médiation réussie. Pour répondre à la citation de Abdelwahed Allouche (La médiation n’est pas une tâche mais une mission), il me semble en effet évident que la médiation n’est pas un acte et un temps identifiés dans la journée d’un bibliothécaire, mais se décline au quotidien, dans toutes les tâches liées tant au traitement des collections qu’à l’accueil des usagers.

La médiation en bibliothèques publiques – définition

« La médiation n’est pas une tâche mais une mission, un tout, une conception transcendantale, un postulat de départ et d’arrivée. »
Abdelwahed Allouche, BBF 2007, N°6


L’un des paradoxes du métier de bibliothécaire est que le développement de l’accès libre aux documents, qui ne requiert plus l’intervention du bibliothécaire pour la délivrance du dit document, nécessite une nouvelle forme d’intervention de la part de celui-ci, une nouvelle relation avec son usager, plus complexe que précédemment, que l’on traduit souvent par un rôle, une mission de médiation.

Il faut tout d’abord distinguer deux nuances importantes dans la définition de la médiation.

La première consisterait à dire que la médiation est l’action qui consiste à construire un lien entre un sujet et un objet, à faciliter l’accès de A vers B, ou dans notre contexte, de l’usager aux collections. Le bibliothécaire est l’intermédiaire entre l’usager et ses besoins d’une part, les collections et les outils permettant d’y accéder d’autre part.
C’est cette notion qui est principalement développée dans les référentiels métier ; celui du CNFPT associe à cette mission de « médiation documentaire » les activités suivantes ; conseiller, orienter, diffuser l’information, former l’usager.

La seconde nuance à prendre en compte dans le terme médiation concerne un autre rôle, lui aussi de plus en plus dévolu au bibliothécaire, celui de « conciliateur », qui intervient dans un conflit, un litige pour aider les deux parties à trouver une solution, un compromis, un consensus. L’exemple le plus flagrant est celui du médiateur de la République, qui tente de trouver une solution à un litige qui oppose un service public à un usager, avant que ce litige ne se retrouve, faute de solution, devant les tribunaux. On est tenté de penser immédiatement aux conflits qui agitent nos bibliothèques, avec les nouveaux usages ou mésusages de la bibliothèque et de ses services. Ce rôle de conciliateur placerait donc le bibliothécaire dans une position particulièrement inconfortable, puisqu’il interviendrait dans un conflit comme partie opposée (conflit entre l’usager et le bibliothécaire sur le mésusage) et tierce partie (intervenant dans le conflit pour le gérer alors qu’il en est partie prenante). Le bibliothécaire représente l’institution « bibliothèque », et, n’ayant pas (encore) le don d’ubiquité peut difficilement changer de casquette pendant un conflit… De cette contradiction ressort l’idée que le médiateur-conciliateur devrait, dans un monde bibliothéconomique idéal, être sinon extérieur à la bibliothèque, dans tous les cas reconnu comme non-bibliothécaire, comme non-représentant de l’institution avec laquelle le conflit à lieu, mais comme un intervenant distinct ; animateur, éducateur, … Cela veut surtout dire que dans le paysage actuel des bibliothèques, le bibliothécaire doit se passer, sauf exception, de cette conciliation, et doit gérer des conflits, et non pas mener une action de médiation sur ces conflits. La nuance n’est pas anecdotique ! La médiation telle qu’elle a été mise en place dans les bibliothèques municipales de Lyon a répondu à un besoin de résoudre une situation problème : les conflits entre agents et usagers, et a utilisé un recrutement de personnel spécifiquement dédié à la tâche de « conciliation » au sein des structures concernées.

Une forme de conciliation intervient, du moins symboliquement, dans le conflit qui oppose l’usager avec l’accès à l’information ; à ce moment là, le bibliothécaire intervient comme modérateur de conflit, pour trouver un compromis entre les aptitudes et compétences de l’usager et les outils de recherche et de localisation de l’information dans la bibliothèque. Ce qui sous-entend que cette médiation conciliation là se prépare, elle se fait avec l’usager, en « présentiel », mais aussi et surtout en amont, dans la recherche d’outils nouveaux, la mise en ligne du catalogue, la multiplication des accès, etc. L’action menée en amont déterminera la suite, et la médiation directe avec l’usager en sera facilitée.

Je retiendrais donc de cette tentative de définition de la médiation pour le bibliothécaire le rôle de celui-ci en tant qu’intermédiaire entre l’usager et les collections, en laissant, pour qu’il soit traité distinctement, le problème de la gestion de conflit de côté.

6 mai 2008

Les exemples néerlandais et britannique


Je viens de relire deux articles du BBF de janvier sur l'Europe ; les bibliothèques publiques au Pays Bas et Les Idea Store.

C'est passionnant, j'ai l'impression de toucher là un sujet primordial dans ce que doit ou peut être l'offre de bibliothèque pour ces prochaines années, mais aussi des écueils que selon moi elle devrait éviter !

Les Idea Store tout d'abord. Voilà une illustration de cette démarche marketing dont je parlais il y a quelques jours. Les bibliothécaires anglais du borough de Tower Hamlets (que je connais bien pour y avoir habiter dans les années 89-90) étaient confrontés à une fréquentation médiocre, un nombre d'inscrits très éloigné de la moyenne nationale et ont donc décidé de tout mettre à plat, de repenser intégralement leur service de bibliothèque publique. La première stratégie a consisté à reconsidérer l'emplacement des bibliothèques, leur architecture, et leur amplitude d'ouverture. Je suis séduit ! Une bibliothèque ouverte 357 jours par an ! Le bonheur pour l'usager que je suis ! Mais où sont ils aller chercher leurs moyens financiers ?! Un tel investissement en personnel en particulier est il seulement imaginable en France à l'heure des suppressions de postes dans la fonction publique ? Autre innovation, dans les services cette fois ; un partenariat étroit avec le Lifelong learning service, l'équivalent d'un CNED mixé avec l'AFPA si je comprends bien. Là l'ancien formateur que je suis frémis... d'enthousiasme ! La bibliothèque comme offre privilégiée d'auto-formation, comme les espaces de la BPI et de la médiathèque de la Villette le proposent déjà, et je me projette dans mon rôle de médiateur auprès des usagers avides d'apprentissages et de nouvelles connaissances. La suite de l'article m'a fait un peu déchanté ; l'approche commerciale avec l'uniforme pour tout le personnel (un badge n'aurait il pas suffit ?), le poste de "chef de rayon", l'organisation de speed dating (!) et l'autorisation des téléphones portables... N'y a-t-il pas là un soupçon de démagogie ? Le responsable interviewé reconnaît qu'une partie des usagers plus traditionnels, plus âgés aussi, a été un peu négligée par cette petite révolution. L'article de Wikipedia sur le sujet pose de vraies questions, sur l'approche communautaire (ou communautariste) de la bibliothèque, sur le personnel non professionnel, recruté sur des connaissances linguistiques plutôt que bibliothéconomistes, sur l'absence de services génériques, tout public, à la faveur de fonds spécialisés pour les communautés du quartier. Surprenant concept, intéressant par bien des points, mais dérangeant par d'autres pour le système français... L'équilibre reste à trouver entre le communautarisme anglo-saxon et la proximité des territoires à la française !

Les Pays Bas ont encore une autre approche, avec quelques points communs avec les idea store, mais quelques spécificités aussi. D'abord une association de bibliothécaires puissante d'après l'article, qui milite pour un personnel qualifié et professionnel. Un plus donc. Autre particularité, la centralisation du traitement du livre, des acquisitions à l'équipement du document, en passant par son catalogage et son indexation ! Je sais qu'en matière de catalogage, nos bibliothèques françaises s'y mettent petit à petit, avec Electre ou le CCfr pour la récupération de notices, et les catalogues des BDP pour les petites bibliothèques. Et je serais le dernier à m'en plaindre, le catalogage n'ayant pas été ma matière favorite à l'IUT...
Pour ce qui est de l'indexation, quand intervient donc la prise de connaissance par le bibliothécaire de son fonds ? N'est-ce pas là le moment privilégié pour toucher, feuilleter, parcourir le document qui arrive, et ainsi être à même de le conseiller ensuite ? L'avantage mis en avant par les bibliothèques néerlandaises est le temps libéré pour se consacrer aux usagers et là, je suis à 100% d'accord. Mais si je suis disponible pour conseiller les usagers, sans avoir la connaissance indispensable de mon fonds, quel genre de conseils puis je délivrer ?...
Sur les équipement, tout, d'après l'article, semble moderne, ambitieux architecturalement parlant, ouvert sur la lumière naturelle, original dans le choix du mobilier, etc. Là aussi se pose la question des moyens financiers...
Sur les collections, l'article nous explique que l'organisme centralisateur associe le public et les communautés ethniques, religieuses, sociales aux choix d'acquisitions. Je voudrais voir le résultat. Le laïc que je suis frémis à l'idée qu'un représentant religieux quel qu'il soit puisse avoir une quelconque influence sur l'achat de documents dans une bibliothèque publique... On parle aussi d'une collection pour la communauté homosexuelle... Qu'en est-il de la communauté des familles mono-parentales, de celle des célibataires, de celle des personnes à surcharge pondérales, des roux, des blonds, des bruns ; ont-elles toutes leur rayonnage spécifique dans la bibliothèque ?! L'idée de "caser" un individu dans une catégorie, et de lui proposer des ressources qui sont un dénominateur commun pour cette catégorie m'horripile ! N'est-il pas plus intelligent de promouvoir la construction individuelle avant la communautaire ? La bibliothèque n'est-elle pas le lieu de la diversité, de l'échange inter-culturel, un "lieu des liens" ?! Si je conçois et défends une offre en langues étrangères pour des minorités ethniques par exemple, je les vois comme un simple "produit d'appel", qui permet d'intégrer ces minorités et de leur faire profiter de TOUTES les ressources de la bibliothèque, mais en aucun cas comme une règle d'acquisition des collections.

Deux articles passionnants, parce qu'il me permettent d'affirmer ma position par rapport à ces démarches, très "Europe du nord", qui, si elles présentent des innovations et avantages intéressants, ne doivent pas nous faire oublier les grands principes de la vie en communauté à la française, qui n'a rien à envier à nos voisins...