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18 mai 2009

Bibliothèques en ligne sur Jimdo


Découverte aujourd'hui de Jimdo, un outil de gestion de contenu gratuit, qui propose la création d'un site web en ligne. Pas besoin d'un éditeur html, d'un espace d'hébergement distinct, de transfert ftp, l'édition des pages se fait sur le site de jimdo, après connexion de l'utilisateur. Il semble que l'outil ait séduit quelques bibliothèques, comme celle de Puyloubier, de Sérent, ou encore de Saint Jean en Royans ; de petites structures, avec des moyens en proportion sans doute, qui s'offrent avec JIMDO un portail très structuré, graphiquement cohérent, et dont l'utilisation est très accessible.

Certes, les limites existent ; éditeur de texte peu évolué, traitement laborieux des images dans le texte, choix limité de mises en page. Toutefois, pour une structure avec peu de moyen et souhaitant mettre rapidement en ligne une page structurée, Jimdo est un outil très intéressant. Le service est donc gratuit, mais pour 5 euros par mois, le site propose 5 Go d'hébergement (au lieu de 500 Mo en accès gratuit), des statistiques détaillés de fréquentation, et la suppression des publicités.

Liens vers le site et le wiki de Jimdo

A noter également le moteur de recherche par tags très graphique de Jimdo :

Autre exemple d'utilisation réussie de Jimdo avec ce lien vers la bibliothèque sonore de Cannes (Merci Amélie).

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11 mai 2009

Portails de bibliothèques

La médiathèque de Roubaix

Difficile de trouver une liste exhaustive des sites web créés pour et par les bibliothèques publiques. Je n'ai rien trouvé de véritablement exhaustif, seulement quelques tentatives très partielles ;

Dans les signets de la BnF, une sélection d'une vingtaine de sites de bibliothèques publiques, en majorité térritoriales.

Sur Biblio On Line, une liste de liens vers les portails de bibliothèques municipales et de BDP, toujours pas exhaustive mais un peu plus complète quand même.

Sur le portail Bibliopedia, une liste qui ne concerne pas directement les sites des bibliothèques mais leurs blogs.

En utilisant le répertoire du site de l'ADBGV , en consultant le répertoire des bibliothèques du CcFr et, pour finir, en ajoutant à ces listes les résultats d'un moteur de recherche sur les termes "site de la bibliothèque" ou "site de la médiathèque", on parvient j'imagine à accéder à la totalité des sites en lignes de bibliothèques publiques. Une liste unique et exhaustive reste à créer...

Les bibliothèques municipales de Grenoble

En suivant quelques liens proposés par ces listes / répertoires, la diversité et la variété des réalisations est frappante. De la page web simple contenant quelques liens vers les plaquettes en PDF de l'établissement, au portail web élaboré au graphisme impeccable, la palette est large. La taille des établissements est bien sûr déterminante, même si des exceptions existent, qu'ils s'agissent des sites de petits établissements particulièrement dynamiques et complets ou de sites de grandes médiathèques étonnamment basiques.

Certaines médiathèques externalisent la gestion de leur site en les confiant à des sociétés de services Web, d'autres utilisent des compétences en interne. Par ailleurs, de plus en plus de logiciels de bibliothèques proposent des solutions "CMS" ou "SGC" (pour Système de Gestion de Contenu), qui permettent d'habiller en quelques sortes les OPAC web et de créer un véritable portail d'accès au catalogue bien sûr, mais aussi à des services, internes ou externes, à des informations pratiques, des pages d'actualités, etc... Ces systèmes sont paramétrables et personnalisables, et constituent une solution intermédiaire parfois très satisfaisante qui évitent d'embaucher un webmestre à temps complet, ou d'externaliser la gestion du portail. Parmi les SIGB qui proposent ces solutions :

La médiathèque de Dole

Toutes ces solutions et les pratiques très variées des différents établissements posent la question des objectifs d'un tel portail. Parfois considéré comme un outil de communication (la "vitrine" de l'établissement) ou comme un outil documentaire à part entière, le portail d'une bibliothèque publique remplit des objectifs précis, mais très différents selon les cas.

Le premier objectif me semble être l'information au sens large des usagers. Sur la localisation de la bibliothèque, ses horaires d'ouvertures, ses collections, mais aussi ses missions, son organisation, son règlement, ses actualités, les services qu'elle propose.

Le plan du portail des bibliothèques d'Orléans

Ces informations sont présentes dans la majorité des cas, sous des formes et avec des accès différents. Pour les compléter, certains établissements proposent des visites virtuelles des locaux comme à Saint Germain en Laye, Troyes ou encore Limoges. D'autres proposent des chiffres ou rapports d'activité, comme à Lyon, à Sainte Tulle dans les Alpes de Haute Provence, Chalon sur Saône, etc.

Je distingue ici deux types d'informations ; celles qui portent sur les modalités pratiques d'accès aux services (agenda, horaires, plans...), présentes dans la quasi totalité des sites, et celles qui consistent à affirmer l'identité de l'établissement, en en présentant l'histoire, les missions, les activités. Cette deuxième information est encore relativement absente ou partielle sur les sites que j'ai visités.

La Bibliothèque de Toulouse

Le deuxième objectif est plus documentaire celui-là ; c'est la bibliothèque "hybride" dont parlent certains, la bibliothèque qui proposent des services documentaires en ligne. Cet objectif présuppose le développement de nouveaux usages de la bibliothèque, en l'occurrence les usages distants. L'offre est très inégale selon les établissement, tout comme les moyens à disposition pour développer de telles offres.

Le premier service que la bibliothèque se doit de proposer est bien sûr le catalogue du fonds. Je ne reviens pas ici sur les nombreuses variantes d'OPAC qui existent. La plus value de l'accès en ligne du catalogue n'est plus à démontrer ; si aucune statistique n'existe sur ce point, je ne serais pas étonné que des non usagers se soient inscrits à la bibliothèque justement après avoir consulté le catalogue en ligne et découvert les richesses inconnues d'une collection ; je suis de ceux là ! L'usager préparant sa visite, localisant les sections les plus pertinentes pour ses recherches, vérifiant la disponibilité d'un document, les avantages que présente l'interrogation du catalogue en ligne sont nombreux. De plus, la valorisation des collections, par la sélection ou les coups de cœurs des bibliothécaires, la mise en valeur des dernières acquisitions, ajoute encore à la simple interrogation, et remplit le rôle des listes papier et des tables ou présentoirs de la bibliothèque "réelle".

La bibliothèque municipale de Nantes

Je distingue ensuite les services internes des services externes. Dans la première catégorie, on trouve les produits documentaires qui peuvent être proposés en lignes ; bibliographies, dossiers documentaires par exemple, mais aussi les expositions virtuelles comme à Versailles, Troyes ou encore Toulouse. Les collections numérisées font également partie de ces ressources ; iconothèque, bibliothèques numériques, les offres sont ici souvent fonction des moyens bien sûr ; à Reims, Roubaix, Lisieux, par exemple.

Dans ces services issus des collections, j'inclus les sitothèques proposées par certains établissements, ou également les services de recherche à distance. Concernant les sitothèques, si je conçois l'intérêt que présente une liste organisée de liens, je suis plutôt partisan de traiter le site Internet comme un document à part entière et d'intégrer sa description non à une liste distincte mais plutôt aux notices du catalogue en ligne. Quitte à valoriser ce "fonds" par des listes extraites du catalogue ensuite. Cette pratique d'intégration de sites Internet dans les résultats d'une recherche OPAC est de plus en fréquente, même si elle pose le problème de la consultation de ces documents "distants" à partir des postes OPAC à l'intérieur de la bibliothèque, ceux-ci n'étant pas toujours connectés à Internet.

Parmi les services externes, les possibilités sont nombreuses, et je renvoie au site du CAREL pour feuilleter le "catalogue" de plus en plus complet des ressources électroniques en ligne. Ces ressources ne sont évidemment pas accessibles à tous les budgets... mais qu'est-ce qui empêche un établissement d'orienter ses usagers vers le site du projet Gutenberg ou encore vers Gallica et Europeana. Un inventaire des ressources en ligne gratuite reste à construire, et la bibliothèque ne me semble pas la plus mal placée pour cela...

La médiathèque de l'agglomération Troyenne

Pour finir, je déclinerai un troisième objectif, celui de l'interaction avec les usagers. Objectif incontournable à l'heure du web 2.0 ! Cette interaction peut prendre plusieurs formes ; les OPACs proposent de plus en plus des fonctionnalités permettant à l'usager de "voter" pour un document, d'ajouter son avis ou des tags / étiquettes : l'usager ici devient contributeur du catalogue. La gestion du compte lecteur est elle aussi de plus en plus largement proposée par les OPAC ; la connexion de l'usager sur le site détermine parfois son accès à certaines rubriques ou ressources, à certaines fonctionnalités de l'OPAC, ou encore à un espace personnel consultable d'un poste à la médiathèque ou de son domicile.

Les fonctionnalités du RSS se retrouvent également de plus en plus souvent sur les sites des bibliothèques et permettent une veille facilitée de l'usager sur les actualités de l'établissement. Quelques bibliothèques sont aussi présentes sur certains réseaux sociaux, Facebook (Médiathèque de Bagnolet) ou encore Babelio (ici la Médiathèque de Marennes dans la Charente Maritime). LibraryThing, plus anglophone, compte plusieurs bibliothèques publiques anglo-saxonnes parmi ses abonnés. Il s'agit ici de sortir du site de la bibliothèque, et d'aller vers l'usager là où il se trouve, pour communiquer et informer sur les services ou les collections. Le site social est un relais intéressant pour élargir la présence de la bibliothèque sur Internet, pour toucher un public plus large, notamment l'internaute qui ne cherche pas la bibliothèque, mais qui va la trouver "par hasard" sur le réseau social auquel il s'est abonné.

La médiathèque de Lorient

Les blog(ue)s sont bien sûr en théorie l'outil le plus approprié pour échanger avec les usagers, même si, dans la pratique, certains tendent à servir les objectifs d'un portail (information) et en conséquence limiter la contribution de l'usager (voir ce billet). Dans le même ordre d'idée, même si je n'ai pas trouvé d'exemples en ligne, la création d'un forum peut être intéressante pour accueillir des discussions d'un club de lecteurs par exemple, ou des réactions à telle ou telle animation ou conférence organisée par la bibliothèque. Tous ces services sont toutefois très demandeurs en temps pour les bibliothécaires ; il faut alimenter en contenu ces outils, les modérer, et mobiliser un collectif sur ces tâches, pour que tous les services et toutes les collections puissent être représentées.

Pour compléter ces réflexions, je renvoie à la lecture du dossier toujours d'actualité du BBF n°3 T51 de 2006.

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6 avril 2009

Automazic


J'ai emprunté pour illustrer un billet du mois dernier sur la musique numérisée en bibliothèque la photo d'une borne Automazic. Je reviens sur le sujet parce qu'à l'heure des débats sur le piratage des œuvres, l'initiative mérite d'être soulignée.

Cette borne permet à l'usager d'écouter en toute légalité des œuvres musicales libres de droit, de les télécharger, ou encore de contribuer au catalogue en y déposant lui même ses propres productions. Je n'ai aucune idée du succès rencontré (ou non) par ces bornes dans nos bibliothèques, mais à mon avis, elles y ont toute leur place, comme semble-t-il à Toulouse, Gradignan ou Belfort.

Le site d'Automazic

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Une réflexion sur le téléchargement (il)légal


Un mot à l'occasion du vote par 16 députés le 2 avril dernier du projet de loi Création et Internet, aussi appelée loi HADOPI.

Rappelons d'abord que lors de ce vote, un amendement réclamé par l'IABD a été voté pour rendre applicable "l’exception de reproduction en faveur des bibliothèques introduite par la loi DADVSI du 1er août 2006, assortie d’une exception de communication sur place".

Cette loi, qui s'ajoute aux sanctions pénales existantes, concerne 3 acteurs principaux ; les auteurs, victimes du téléchargement illégal de leurs œuvres sur Internet, les personnes (physiques et morales) possédant un accès un Internet, et l'acteur économique que représentent les secteurs édition / production / distribution des œuvres.

Le débat qui a lieu depuis l'annonce de la création de l'HADOPI et des sanctions progressives pouvant mener à la suspension de l'accès à Internet est vigoureux, et il n'y a aucun doute que le vote du 2 avril ne le clôt pas. La pétition organisée par le site du SVM, avec 48000 signatures à ce jour (loin tout de même des 220000 contre le fichier Edvige), mais aussi les interventions du Parlement Européen, qui a voté en avril 2008 un amendement incitant les états membres "à éviter de prendre des mesures qui entrent en contradiction avec les libertés civiques et les droits de l'homme, et avec les principes de proportionnalité, d'efficacité et de dissuasion, telle que l'interruption de l'accès à l'Internet", laissent présager des rebondissements dans les semaines et mois à venir.

Mon objectif n'est pas aujourd'hui de retranscrire ici ce débat, mais de m'interroger sur l'alternative au piratage que représente aujourd'hui l'offre de téléchargement légale offerte sur le web français. Mes recherches ont porté sur plusieurs titres de DVD, et je n'ai gardé qu'un échantillon représentatif de ces recherches. J'ai bien sûr trouvé quelques contre exemples, portant sur des titres "non commerciaux" (It's a free world de Ken Loach à 14,99 € en VOD et plus de 19 € chez Amazon) ; toutefois, la tendance est clairement à un coût au mieux équivalent et très souvent plus élevé de la VOD par rapport à l'offre d'achat traditionnel.

En parcourant une étude sur l'économie de la filière vidéo publiée en 2005 par le CNC, on ne peut que s'interroger sur cette différence de prix. Ci-dessous un tableau récapitulatif de ce coût de revient selon le CNC (page 43) :

A la lecture de ces chiffres, force est de constater que l'offre VOD est de fait dispensée des dépenses les plus élevées de ce coût de revient ; pas de frais d'authoring du DVD, pas de frais de pressage, ni de stocks ou de livraison. Avec la suppression de ces dépenses, le coût de revient passerait de 0,65 € (plancher) à 3,25 € (moyen), auquel il faudrait bien sûr ajouter les coûts propres à la mise à disposition sur Internet des fichiers de téléchargement. Comment justifier alors une telle différence de prix entre l'offre VOD et la vente au détail. Ne s'agit-il pas ici d'une incitation , au mieux, au rejet de l'offre légale de téléchargement, au pire, au piratage des œuvres ?...

Les mêmes questions se posent pour la musique (cf. cet article sur le site Pectine.com) et bien sûr pour les livres électroniques (Le Traité d'athéologie de Michel Onfray à 6.18 € en poche sur Amazon et 16,65 € sur Numilog, ou encore le Miserere de Jean Christophe Grangé à 21,76 € sur Amazon et 20,60 € sur Numilog)... A lire pour en savoir plus un billet sur le blog "De tout sur rien", un article sur le site du Syndicat National de l'Edition et la réponse au SNE par le blog Actua Litté.

Il semble aujourd'hui que, si l'Etat, avec la loi DADVSI et le projet HADOPI, s'attache, quoi que l'on pense de la méthode employée, à défendre les intérêts des auteurs, si le comportement de l'internaute "pirate", par la gravité des sanctions qu'il encourt, est clairement condamné, le seul des trois acteurs économiques concernés à ne pas se remettre en question est celui qui tire le plus de profit de la vente des œuvres (et il ne s'agit nullement des auteurs, loin s'en faut). Avec, selon les derniers chiffres clés du Ministère de la Culture, un chiffre d'affaire de 1.5 milliard d'euros en 2007 pour la vente de vidéogrammes, cet acteur protège clairement ses intérêts, et il semble que l'offre VOD soutienne et renforce cette ignorance de l'évolution des modes d'acquisitions des œuvres et cette protection d'intérêts financiers majeurs des distributeurs traditionnels, sans qu'aucune remise en question des pratiques ne soit seulement envisagée. A quand une offre VOD qui représente une vraie alternative aux circuits traditionnels de distribution mais aussi aux nombreuses possibilités de téléchargement illégal offertes à tout internaute ?

Quelques lectures complémentaires sur le projet de loi HADOPI ;

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9 mars 2009

Musique numérisée par la bibliothèque


Je découvre en consultant la documentation du logiciel OPSYS Aloès une fonctionnalité vraiment intéressante : la discothèque numérique avec le module "Polyphonie". La médiathèque numérise son fonds de CD audio, et les usagers peuvent les écouter sur place à partir des postes informatiques ou de bornes audio.

Dans le numéro 53 d'avril 2004 de sa lettre d'information, Opsys précise que cette mise à disposition des ressources musicales a fait l'objet d'un accord avec la SACEM, et il semble que cela fonctionne, comme à la médiathèque de Béziers, qui présente ce service d'écoute sur place sur son portail. Ça date de 2004, année de référence pour le débat sur la loi DADVSI... D'après le site de l'ACIM, "la loi DADVSI permet la numérisation du fonds à des fins d’archivage local et la diffusion sur postes d’écoute individuelle, en l’occurrence les bornes tactiles."

Oui mais... Qu'en est-il des DRM et des protections contre la copie dont sont équipés une majorité de CD audio ? Je crois avoir lu quelque part qu'une adaptation de l'interdiction de lever les mesures techniques de protection était prévue ; il était question qu'une autorité de régulation interviendrait pour lever cette protection... Je ne sais pas très bien ce qu'il en est aujourd'hui, mais je déduis des expériences menées à Bézier, Biarritz, Antibes, Sarreguemines, etc. que le problème est réglé (?)...

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1 février 2009

Bibliothèque et auto-formation

Je viens de parcourir une étude sur la place de l'auto-formation en bibliothèques publiques (« Construire une offre d’Autoformation en bibliothèque publique », par Joël Carré, mémoire d'étude publié en mars 2008 et consultable sur la bibliothèque numérique de l'ENSSIB), sujet qui m'intéresse tant par mon projet que par mon parcours... Dans ces nouveaux usages des bibliothèques dont on parle tant, celui de l'auto-formation semble ne démarrer que doucement en France, alors qu'au Royaume Uni par exemple, le partenariat bibliothèques / Open University (équivalent britannique de notre CNED) est depuis longtemps construit et opérationnel. La notion de bibliothèque comme lieu ressource pour qui veut apprendre n'est pas nouvelle en soi ; que des outils appropriés et de qualité déclinent concrètement cette notion est, semble-t-il, plus novateur et moins répandu que l'on ne croit.
Il existe pourtant des exemples réussis un peu partout en France - l'espace auto-formation de la BPI à Paris ou de la Bibliothèque des Sciences et de l'Industrie à La Villette - mais aussi des initiatives régionales très abouties ;
pour ne citer que quelques exemples...

Avant de se lancer dans un projet de mise à disposition de nos usagers de ressources d'auto-formation, il me semble intéressant de préciser les contours de cette notion. Les « produits » d'auto-formation, qu'ils soient disponibles dans le commerce ou sur Internet, gratuitement ou non, sont d'une efficacité et d'une qualité très variables, c'est le moins qu'on puisse dire... Existe-t-il une personne qui soit allée au terme de sa méthode de langue ASSIMIL ? Je n'en suis pas en tous cas... Les produits vendus se contentent parfois de multiplier les supports médias de formation (audio, vidéo, texte, liens sur le net, bases d'exercices interactifs, ...) - de soigner la forme donc – en attachant parfois au contenu et surtout à son organisation moins d'importance... Or dans auto-formation, il y a formation, terme dont découlent des notions très concrètes que sont l'ingénierie pédagogique, la progression de l'apprenant, les objectifs, les évaluations formatives et sommatives, ... Il ne suffit pas de proposer à l'apprenant le contenu (même sous des formes attrayantes et ludiques), le formateur, absent de fait dans ces supports d'apprentissage, doit être « remplacé » par le caractère pédagogique du document.

Quel rôle peut donc avoir le bibliothécaire dans un service (ou pôle, espace, point, carré...) d'auto-formation proposé par une bibliothèque à ses usagers ?

Pou tenter de répondre à cette question, je reprendrais l'excellente présentation de l'auto-formation par Philippe Carré de l'Université Paris X dans cette vidéo.
En passant par quelques unes des « planètes » de la « galaxie » auto-formation telles qu'explicitées par Philippe Carré, j'entre-aperçois un début de commencement de définition du rôle de la bibliothèque et de son équipe dans la mise en place de ce service.

L'auto-formation place l'apprenant en dehors de tout contexte éducatif, en dehors du centre de formation, de l'école ou de l'université. La bibliothèque ne peut pas se substituer à ce lieu, elle peut toutefois en proposer quelques caractéristiques, par exemple par la mise à disposition d'usuels aux apprenants ; la localisation de cet espace d'auto-formation doit à mon avis tenir compte de l'accès à ces ouvrages de référence, mais aussi de l'ergonomie du poste d'auto-formation ; un meuble bureautique en soit ne suffit pas ; il faut pouvoir prendre des notes ailleurs que sur ses genoux, feuilleter la revue ou l'ouvrage complémentaire, et même si la solution du tout informatique (le dictionnaire en ligne, l'agrégateur de presse, le bloc note personnel de l'usager sur le serveur de la médiathèque) existe, elle n'est pas forcément accessible aux bibliothèques les plus modestes, et ne répond pas toujours à la pratique d'apprentissage de l'usager, qui peut encore posséder un stylo et un bloc-note papier (oui, même en 2009 !)... Imaginer l'espace d'auto-formation comme une annexe de la bibliothèque, un local isolé du reste des collections réduit les chances de réussite de cet espace ; ce n'est que s'il est totalement intégré dans la bibliothèque, s'il utilise la bibliothèque comme contexte facilitant que ses objectifs pourront être atteints.

Cet isolement de facto de l'auto-apprenant doit aussi être pallié par la présence et la disponibilité du bibliothécaire, non comme formateur, mais comme médiateur de l'outil d'apprentissage ; l'utilisation d'un tutoriel en ligne d'initiation à l'informatique sous-entend un minimum de compétences informatiques, celles-là justement que l'on souhaite acquérir ; le bibliothécaire peut/doit intervenir dans l'appropriation de l'outil d'apprentissage, pour, une fois encore, rompre la « solitude » de l'apprenant. Il intervient alors dans ce que Philippe Carré appelle le développement des stratégies d'apprentissage, la dimension cognitive.

Toujours dans cet esprit, et même si l'on s'éloigne dans ce cas de l'auto-formation à proprement parler, les ressources d'auto-formation peuvent être mises à disposition des formateurs eux-mêmes ; les multiples expériences menées avec les APP (ateliers pédagogiques personnalisés), les AFB/RSB (ateliers de formation de base / ré-apprentissage des savoirs de base), ou encore les dispositifs de l'ACSE pour l'apprentissage du FLE, ont montré que la bibliothèque avait pleinement son rôle dans le développement de partenariat avec des acteurs de la formation et dans la mise à disposition de ces partenaires de ressources pédagogiques et de lieux d'apprentissage.

L'espace d'auto-formation et la bibliothèque ne sont pas des offres parallèles mais complémentaires ; l'apprenant qui vient à la bibliothèque sur le conseil de son formateur pour utiliser telle ressource dans le cadre de sa remise à niveau en français va évoluer dans la bibliothèque, traverser tous ses espaces, côtoyer les collections ; voici un usager de plus. L'usager traditionnel, qui passe tous les samedi pour rendre et emprunter un DVD et 2 livres va observer les utilisateurs de l'espace auto-formation, il va lire les affiches et brochures qui le présentent et en font la promotion ; il a alors la possibilité de s'engager dans un nouvel usage de sa bibliothèque.

Pour finir dans cette tentative de définition du rôle du bibliothécaire dans la mise à disposition de ressources d'auto-formation, je parlerai d'une mission ô combien familière... le choix, la sélection des documents. J'aurais même pu commencer par là ! C'est bien là l'un des axes centraux du métier, celui de constituer un fonds, une collection, qu'il s'agisse de livres, de DVD, de revues, ou ici de produits d'auto-formation. Or si cette tâche n'est pas simple pour les collections traditionnelles de la bibliothèque, elle ne l'est certainement pas plus pour ces documents. Je cherche aujourd'hui à construire une offre d'auto-formation gratuite sur Internet ; les ressources sont innombrables, de professeurs en activité ou à la retraite qui y vont de leur page personnelle ou de leur blog pour mettre en ligne leurs cours, aux institutions comme Médiadix bien sûr, mais également le portail Télé-formation et savoirs (TFS) de l'AFPA, le Canal U, vidéothèque numérique de l'enseignement supérieur... L'offre est morcelée, diffuse, mal définie, et le travail de sélection est d'autant plus ardu.

Les critères de choix ici devront porter à la fois sur le contenu, la forme et la pédagogie des outils. Sur le contenu, comme on le lit souvent dés que l'on parle d'Internet, celui-ci varie considérablement en qualité ; s'attacher à l'origine de ce contenu, la connaissance des auteurs de la ressource, leur compétence pédagogique peut être un premier filtre. Sur la forme, l'ergonomie du site Internet et la qualité de la navigation seront des éléments à prendre en compte également, pour que l'usager ne soit pas tenu de suivre une formation à l'outil lui servant à se former... Sur la pédagogie, la hiérarchisation des apprentissages, leurs décompositions en objectifs précis, mesurables par des évaluations de qualité seront bien sûr des caractéristiques à privilégier. Le suivi individuel de l'apprentissage est impératif pour que l'apprenant puisse se situer dans sa progression ; un site où l'on créé son compte, où l'on accède à l'historique des cours suivis, où l'on se positionne au préalable (évaluation diagnostique) puis au fur et à mesure des apprentissages (évaluation formative) puis au terme de l'apprentissage (évaluation sommative) a toutes les chances d'être un site « sérieux » ; Télé-formation et Savoirs de l'AFPA en est l'exemple (ou peut-être même le modèle !).

Je conseille la lecture régulière du blog « Websitothèque : ressources numériques d'auto-formation » et de ces prédécesseurs ici et qui assurent une veille exemplaire et très complète de ce qui se fait de mieux (ou pas...) en matière d'auto-formation (gratuite) en ligne.

Je renvoie également au site des P@T, Points d'accès à la téléformation, implantés un peu partout en France, nés de partenariats entre AFPA, Greta, CNAM, APP... et que des bibliothèques peuvent accueillir (exemple de Locminé dans le Morbihan qui accueille 4 postes P@T).

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31 janvier 2009

Aides en ligne (... suite ...)

En parcourant le blog et le site de la médiathèque de Chirens (Isère), je viens de découvrir des tutoriels sous forme de vidéos en ligne, accessibles juste en dessous du champ de recherche simple dans le catalogue. Une façon originale et plutôt efficace de proposer une aide en ligne à moindre coût (humain notamment).

C'est ici.

26 janvier 2009

Blogs en (petite) bibliothèque


Au fil de mes navigations sur Internet, je découvre de plus en plus de blogs de bibliothèques. Je ne parle pas ici de blogs de bibliothécaires publiant sur divers aspects de leur profession, mais de blogs à destination des usagers de bibliothèques.

Quel objectif peut-on donner à ces blogs, quel intérêt représentent-ils pour les bibliothécaires, pour les usagers ? Quels contenus peuvent ils proposer ?

Quelques exemples tout d'abord, volontairement choisis dans de petites structures, à l'exception du premier ;

Everitouthèque, le blog de la Médiathèque de Romans, dans la Drôme.
Ce blog, dynamique (une quinzaine d'articles par mois en moyenne), traite à la fois des actualités de la médiathèque (rubriques Agenda, Actualités), d'expositions virtuelles, de livres ou CD acquis par la médiathèque. Les commentaires ne sont certes pas aussi nombreux que les articles, mais font souvent l'objet de réponses de la part de l'équipe. Les billets sur les livres ou CD renvoient à d'autres ressources sur Internet ; la vidéo d'une interview sur YouTube, un album à écouter sur Deezer, ... Les actualités traitent d'actions conduites par la médiathèque, par exemple de lectures à voix haute à l'hôpital, etc.
C'est donc à la fois un outil d'information, de communication, et d'échanges (par le biais des commentaires) avec les usagers.

Le "blogalivresdecarlepont", blog animé par des bénévoles d'une association Horizons Culture" dans la commune de Carlepont dans l'Oise (1369 habitants).
Blog très productif pour une commune si petite, avec une quinzaine d'articles par mois en moyenne. Les articles portent sur les coups de coeurs des bénévoles ou de lecteurs, en écho à une émission diffusée sur une radio locale. Les commentaires sont rares, le dernier date de septembre 2009 et on peut s'interroger sur l'audience, pourtant méritée, de ce blog.

"Petites chroniques d'une bibliothèque", blog de la bibliothèque de Messigny et Vantoux en Côte d'Or.
Là encore il s'agit d'un exemple réussi de ce qu'une petite structure (la commune compte 1387 habitant, la bibliothèque 310 inscrits) peut réaliser. Avec un ou deux articles par mois en moyenne, le blog propose la présentation d'ouvrages récemment acquis par la bibliothèque. Une catégorie "Chroniques" permet également aux bénévoles qui animent cette structure d'évoquer le classement des livres, le travail des bénévoles, le rôle de la BDP, etc...

Le blog du réseau des médiathèques de la Presqu'île de Rhuys
Avec un à deux articles par mois, le blog présente les activités des médiathèques du réseau. Pas de rubrique dernières acquisitions ici, ni de coup de coeur du bibliothécaire, il s'agit plus d'un agenda que d'un blog. Il n'est d'ailleurs pas possible de déposer un commentaire... C'est donc plus d'une page d'informations que d'un blog qu'il s'agit ici.

Le blog de la Médiathèque de Plélan Le Grand en Ille et Vilaine.
Encore une petite structure, qui fait part sur son blog principalement de l'actualité de la médiathèque (très dynamique en matière d'expositions semble-t-il), sur la venue d'écrivains, sur le passage du bibliobus, sur l'actualité littéraire. Avec 2 à 3 articles par mois, pas de commentaires d'usagers, le blog n'en reste pas moins une vitrine intéressante sur l'activité de cette médiathèque d'une commune de 3300 habitants.

Blog Coup de coeurs des lecteurs de la Bibliothèque Municipale de Chirens, dans l'Isère.
C'est à mon avis l'idée qui devrait motiver la mise en ligne d'un blog ; donner la parole aux usagers. La bibliothèque de Chirens (1889 habitants) a mis en place ce blog à l'été 2007 et avait à l'origine pour objectif de publier les email d'usagers sur leurs coups de cœur. A quelques exceptions prêtes, il semble que ce soit le bibliothécaire qui assure la rédaction des billets, faute sans doute de contributions. Pourtant, la possibilité offerte par Blogger d'envoi d'emails qui sont reçus directement dans la liste de messages du blog, que l'auteur peut ensuite valider avant publication, répond bien à cet objectif très contributif (donc très Web 2.0) du blog.

Ces navigations suscitent plusieurs réflexions ; d'abord que l'information descendante ne devrait pas être l'objectif premier d'un blog. Je pense en effet qu'une page Internet, celle de la bibliothèque par exemple, est plus appropriée pour présenter ses actualités ou son agenda. Des renvois du blog vers cette page d'actualités sont toujours possibles. L'information descendante ne permet pas ou peu l'interactivité. L'intérêt du blog à mes yeux est qu'il peut devenir un lieu d'échanges entre la bibliothèque et ses usagers ; quel meilleur terreau d'échanges que le point de vue, le coup de cœur, l'opinion... L'annonce de telle conférence ou l'information sur les nouveaux horaires d'ouverture n'appelle pas le débat...

Ensuite, que l'aspect contributif du blog doit être privilégié, et soutenu par une communication de tous les instants ! L'adresse du blog qui figure sur la carte de l'emprunteur, l'invitation à donner son avis sur la fiche de retour glissée dans le livre au moment de l'emprunt, une ou plusieurs affiches dans la bibliothèque, l'implication du club de lecteurs, mais aussi des partenaires (de l'école à la maison de retraite...). Et pourquoi pas une inscription gratuite à la bibliothèque pour le blogueur le plus prolixe ?...

Enfin que le blog peut facilement devenir une source documentaire à part entière, et que les renvois vers des sites Internet, des vidéos, de la musique en ligne, des pages d'auteurs, etc... confère au blog un usage supplémentaire d'information sur le fonds de la bibliothèque. Que ces liens soient proposés par les bibliothécaires, ou, mieux encore, par les usagers.

A lire sur le sujet ;

Enquête sur les blogs en bibliothèque

Typologie et usage des blogs en bibliothèque(s)

Un article sur le blog de la Bibliothèque apprivoisée

Et le blog Tutti Frouti, "Le portail des blogs de bibliothèques publiques qui parlent à leurs usagers" (Merci à Insula Dulcamara)

15 décembre 2008

Aides en ligne

Ma réflexion porte aujourd'hui sur les aides en ligne disponibles sur les portails Internet de médiathèques. Je suis parti du site de l'association des Directeurs de Bibliothèques de Grandes Villes (ADBGV), qui propose une page de liens vers les OPAC de ses adhérents. Mon premier constat en parcourant une vingtaine d'OPAC, est que l'aide en ligne reste assez peu fréquente. La simplification des écrans de recherche y est sans doute pour quelque chose. Toutefois, sur les écrans de recherche experte notamment, l'aide en ligne présente à mon avis un réel intérêt (j'en avais parlé dans ma dissertation au concours...). Plus généralement, dans le développement de nos services à distances, cette aide est un réel atout pour l'"accueil virtuel" d'usagers qui, sans être des internautes avertis, vont se connecter sur le site de la bibliothèque dont on évoque la récente refonte dans le dernier numéro du bulletin municipal ou dont on donne l'adresse sur tous les supports de communication...

Sur les sites équipés d'une aide en ligne, les pratiques sont très variées. De quelques lignes de texte à l'animation en ligne, du langage volontairement simple et accessible au jargon professionnel, de l'aide fournie avec le logiciel au message adapté à chaque écran du site, la forme et le fond divergent grandement.

Dans le contenu de l'aide à la recherche, outre la présentation des formulaires de recherche à proprement parler, les notions de troncature et d'opérateurs booléens sont souvent présentées. Les termes seuls ont besoin d'être expliqués à l'usager peu habitué à la recherche informatisée. J'ai souvent fait l'expérience lors d'animations de formations à la recherche sur Internet que ces deux notions étaient loin d'être claires pour les internautes néophytes.

Voici donc sur six sites différents un aperçu de quelques pratiques ;

http://www.bm-chartres.fr/

Le mode d'emploi de la bibliothèque de Chartres présente, succinctement, les 3 types de recherche disponibles (simple, guidée et avancée), ainsi que quelques explications sur l'accès au compte lecteur. Cette page d'aide s'obtient à partir d'un menu déroulant en haut de la page, il manque peut-être un lien plus visuel à côté du pavé de recherche. L'aide s'affiche dans la fenêtre active, elle n'est pas affichée en même temps que la fenêtre de recherche, et l'usager doit retourner à son écran de recherche par le menu en haut de la page. Sur le contenu de l'aide, les captures d'écran illustre les explications, elles même très brèves. Pas d'information sur les opérateurs booléens, ni sur la troncature. Pas de présentations non plus des listes de résultats, des informations contenues dans les notices, ou encore des procédures pour réserver en ligne.



http://www.bm-limoges.fr/

Sur la BM de Limoges, l'aide s'obtient en cliquant sur un point d'interrogation graphique situé à coté du titre de la grille de recherche. Sur l'écran de recherche simple, il renvoie à une page de texte qui apparaît en pop-up, et qui explique, de façon très claire et "didactique" les informations de base sur la recherche simple : les champs interrogeables (le terme index est utilisé), la saisie du terme de recherche, la sélection de la bibliothèque détentrice, et de la section. Ce guide a besoin à l'évidence d'une mise à jour, car les deux derniers critères mentionnés ne sont pas disponibles à l'écran. En revanche, une sélection par type de documents est possible, mais elle n'est pas mentionnée dans le guide... La troncature est expliquée clairement et illustrée d'un exemple significatif. Les opérateurs booléens ne sont pas cités, mais intégrés à l'explication sur la saisie des termes. L'écran d'aide à la recherche experte est très bref, et utilise l'expression "collectivité d'origine du tapuscrit", peut-être pas le critère plébiscité par la majorité des usagers...


http://mediatheque.lorient.fr/

A Lorient, l'aide contextuelle à la recherche, accessible par un clic sur un point d'interrogation graphique à côté du formulaire de recherche, fait partie d'une aide complète sur le portail de la bibliothèque. L'aide s'ouvre dans une nouvelle fenêtre, et est abondamment illustrée de captures d'écrans. Les termes utilisés sont simples, les explications concises et claires. La troncature est expliquée par un exemple, ainsi que les opérateurs booléens. La liste des résultats et la partie exemplaire de la notice font également l'objet d'écrans d'aide sur la même logique ; illustrés par des captures d'écrans, avec des explications simples et synthétiques. Le compte lecteur et les services à distance sont aussi couverts par une aide contextuelle similaire. Un modèle du genre ?



http://sbibbh.si.bm-lyon.fr/

L'aide en ligne des BM de Lyon est uniquement textuelle. Elle s'obtient à partir du menu "aide" en haut de page ; pas d'accès par un icône sur l'écran de recherche. Une page porte sur la recherche simple, l'autre sur la recherche combinée. Elle fait partie d'une aide complète qui porte sur les différents modules de l'OPAC (compte usager, panier, historique de recherche...). Pour avoir retrouvé un texte identique sur plusieurs OPAC, j'imagine que cette aide est "livrée" avec le SIGB utilisé par la bibliothèque. La troncature fait l'objet d'une explication illustrée d'un exemple, les opérateurs booléens (appelés opérateurs de recherche) également.


http://www.mediatheques-cus.fr/

Sur le site des médiathèques de Strasbourg, la recherche simple, disponible sur toutes les pages du site sous la forme d'un petit formulaire de 5 cm sur 5, ne fait pas l'objet d'une aide spécifique. Ce n'est qu'à partir de l'écran de recherche avancée que l'on peut, en cliquant sur un point d'interrogation graphique accéder à une page d'aide à la recherche, qui s'ouvre dans une nouvelle fenêtre (ou nouvel onglet sur Firefox). Cette page présente les différents "critères" de recherche (pas d'index ou de champs ici), et explique les opérateurs booléens (appelés opérateurs de recherche) de façon très graphique et très claire.



http://bciu.univ-bpclermont.fr/

Et le meilleur pour la fin, le superbe didacticiel des BM de Clermont-Ferrand. Certes son accès n'est pas intuitif. En cliquant sur le point d'interrogation graphique sur la page de recherche, une fenêtre pop up s'affiche avec le message "Voici le mode d'emploi de cette grille de recherche.", sans que l'on puisse cliquer sur un quelconque lien et accéder ainsi à l'aide promise. C'est donc à partir de la page d'accueil du portail que l'on peut ouvrir la page "découvrir le portail", et suivre une présentation animée, sous forme de diapositives, toutes très visuelles et graphiques, expliquant pas à pas les recherches. C'est tout simplement parfait, très pédagogique, agréable à regarder. Seul bémol à mes yeux ; que ce très efficace outil ne soit pas accessible contextuellement, directement à partir des écrans concernés. Cela reste un outil didactique excellent et très complet.

Pour finir, voici un lien vers un PDF réalisé par un CDI de collège breton je crois, et disponible sur le WIKI du logiciel libre PMB, que j'ai choisi pour me familiariser à l'utilisation d'un SIGB. L'intérêt de ce document, outre sa présentation là encore très pédagogique, c'est qu'il s'adresse à un public adolescent, et que les formulations choisies et le ton général du document tiennent compte de cette spécificité.

7 décembre 2008

Collections numérisées et catalogue

Je poursuis mes expérimentations avec le logiciel PMB et les joies du catalogage. Cette semaine, je me suis intéressé à l'intégration au catalogue d'images numérisées, des cartes postales anciennes en l'occurrence. Les bibliothèques publiques qui proposent ce genre de services en ligne sont nombreuses, d'autant plus que ces services, très liés au patrimoine local, rencontrent un certain succès auprès du grand public. Les pratiques sont toutefois assez différentes selon les bibliothèques. Parmi celles que j'ai observées, citons celles des Champs Libres de Rennes, d'Orléans et de Troyes, ainsi que le site Cartolis du Cartopole de Baud dans le Morbihan.

Une première remarque tout d'abord, il est difficile de repérer, à travers les notices au format "public" auxquelles j'ai accès, des règles de catalogage précises. Le support est d'abord lui même très peu normalisé ; pas de date systématique, pas toujours le nom de l'auteur de la prise de vue, une précision très variable des descriptions, etc. Ainsi, en comparant les notices des trois bibliothèques, force est de noter les nombreuses différences d'une notice à l'autre.

La première notice est renseignée, me semble-t-il, par un musée (attenant à la médiathèque dans le cas présent) et non par la médiathèque ; cette notice est très structurée et précise, et elle semble répondre à une norme de description d'objets conservés par un musée plutôt que par une bibliothèque ; les notions d'exécution notamment sont propres à la description d'une œuvre d'art. Aucune indexation visible.

La deuxième notice est là encore un affichage "public" sur l'OPAC de la bibliothèque, et ne révèle pas nécessairement toute la précision du catalogage dont la carte a fait l'objet. Pas d'indexation sur cette notice non plus.

Le troisième affichage lui se libère carrément de la notion de notice, et se contente d'afficher une liste de documents avec 2 lignes de descriptions : la légende et l'éditeur, si connu. Les cartes sont organisées par grands thèmes (bâtiments civils, édifices religieux, cathédrale, etc.) mais une recherche par mot clé est possible sur les deux lignes de description.

La quatrième notice, plus complète et beaucoup plus adaptée au support, provient du site Cartolis et de la Bibliothèque Municipale de Baud ou du Conservatoire Régional de la Carte Postale que celle-ci abrite. Les collections présentées sur le site proviennent du fonds de ce conservatoire, mais à terme doivent également inclure des fonds de bibliothèques partenaires (Saint Brieuc et Brest prochainement). La notice est ici très complète, et l'indexation structurée. Un lieu, un sujet principal et secondaire, des notes, permettent une description du "contenu" du document assez précise. La recherche sur Cartolis est par ailleurs très aisée, par mots clés donc, mais aussi par un accès cartographique.

Il est à noter enfin que sur les OPAC des 3 médiathèques, ces documents ne sont pas intégrés au catalogue général mais font l'objet d'un accès et d'un écran de recherche distincts.

Fort de ces observations, j'ai d'abord cherché une solution d'hébergement pour les documents numérisés. Les choix des bibliothèques observées sont internes ; les documents numérisés sont stockés sur le serveur de la bibliothèque. Dans une configuration plus modeste que pour des médiathèques de grandes villes, plusieurs solutions sont possibles : l'hébergeur Internet de la municipalité ou de la bibliothèque s'ils sont différents peuvent être utilsés ; avec un simple utilitaire FTP, les images sont envoyées sur le Web, et accessibles à partir d'une URL propre à chaque document (ex http://bmvillex.free.fr/cpa0015.jpg). Une autre solution (celle que j'ai retenu) consiste à utiliser un site de partage d'images tels que Flickr. L'intérêt : visibilité de la bibliothèque sur le Net, accès avec URL propre possible, mais aussi à la collection complète mise en ligne. L'exemple le plus éloquent d'une telle pratique est la mise en ligne sur Flickr du fonds de photographies anciennes par la BM de Toulouse...

Une fois la solution d'hébergement décidée, le choix suivant porte sur l'intégration ou non de ces documents au catalogue général de la bibliothèque. Je trouve très intéressant qu'un usager qui s'intéresse à un sujet X puisse, en une recherche, obtenir directement les ouvrages, articles, documentaires, et images numérisées répondant à ses critères de recherche. Je retiens donc la saisie des notices dans la base de données générale de la bibliothèque, avec un traitement d'exemplaire comparable à celui que j'avais retenu pour les sites Internet ; un exemplaire physique, qui permet de rattacher le document à une section et à une cote, et un exemplaire numérique qui dans PMB permet sous la notice l'affichage d'un icône et d'un lien vers l'URL.

Dans la saisie de la notice, je dois me reporter à la norme FD Z 44-077 de catalogage des images fixes. Dans cette norme, que je n'ai pas lue mais dont j'ai trouvé une courte synthèse sur le site du Ministère de la Culture, c'est principalement la zone 5, celle de la collation, qui comporte des éléments propres aux images fixes. J'ai donc retenu pour mon catalogue la correspondance entre les informations liées à la description des cartes postales anciennes et la notice standard sous PMB.

La légende de la carte se retrouve dans le titre, le photographe ou le dessinateur dans les mentions de responsabilité, les séries dans les collections, etc... La description technique pour les CPA est assez simple, le principal procédé technique étant l'impression photomécanique. J'avoue tout de même que pour une partie des cartes cataloguées (cartes en papier très épais représentant des dessins), je ne suis pas très sûr du procédé d'impression... En terme d'indexation, il s'agit de décrire le contenu de la carte en utilisant le langage documentaire du reste des collections (ici Rameau). Le niveau d'indexation dépend comme pour tout autre document de la bibliothèque et de ses collections ; il ne s'agit pas de décrire précisément chaque sujet et chaque plan de la prise de vue, mais d'en dégager les grands thèmes. Pour une collection d'images locales, je retiens également une indexation des noms de lieux précis représentés sur la carte, la légende n'étant pas toujours explicite. Pour la cote, j'ai pris le parti de créer un classement propre aux images numérisées ; CPA pour les cartes postales anciennes, GRV pour les gravures, PHO pour les photographies, etc.

Cela donne dans mon OPAC test ceci :

La recherche s'effectue par mots clés :

ou par "section" puis "étagère" :

Exemple d'une notice :

Vue de l'image sur Flickr, après avoir cliqué sur le lien du document numérique :

Le lien vers mon Opac test est ici.

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1 décembre 2008

Une sitothèque sur l'emploi

Je poursuis mon travail sur le fonds documentaire spécialisé dans l'emploi et l'orientation professionnelle, après mes visites parisiennes du mois dernier.

Je me suis en particulier attelé à développer une sitothèque dans ce domaine. En naviguant sur Internet, j'ai réalisé qu'un certain nombre des usuels incontournables pour un tel fonds que sont l'annuaire du Kompass, les classeurs du CIDJ ou le ROME, sont consultables intégralement ou en grande partie sur les sites des éditeurs. Cela ne signifie pas que les éditions papiers sont à bannir (même si leur coût plaide en faveur de cette option...) mais cela permet de repenser le service documentaire sur l'emploi et d'utiliser Internet comme support supplémentaire de l'information.

Ainsi ai-je imaginer un OPAC, comme cela se fait à la BPI, à partir duquel l'usager pourrait trouver des documents web en résultats à sa recherche, et accéder aux sites Internet directement du poste de consultation de la bibliothèque ou de son domicile.

J'ai donc commencé à chercher quelques informations sur le catalogage des sites Internet ; à part la traduction française de l'ISBD pour les ressources électroniques accessible sur le site de la BnF, je n'ai rien trouvé de bien construit dans ce domaine.

Je suis passé à la saisie sur PMB ; ce logiciel permet un traitement spécifique au niveau des exemplaires des ressources électroniques, le lien apparaissant au bas de la notice bibliographique dans l'OPAC. Seul problème avec cet exemplaire virtuel, il ne lui est attribué aucune cote, et il n'est attaché à aucune section ou rayon, ces notions étant dépendantes de celles d'exemplaires dans PMB. J'ai décidé de contourner ce problème en créant une nouvelle section que j'ai appelée INTERNET et qui s'ajoute à la section MUSIQUE, ADULTE, JEUNESSE, etc. Ensuite, j'ai utilisé un plan de classement inspiré de celui de la médiathèque de la Goutte d'Or. De cette façon, la recherche par rubrique est possible dans PMB ;


Les documents font en outre partie du catalogue de la bibliothèque et peuvent être retrouvés par le moteur de recherche de l'OPAC.

La plus grande difficulté à laquelle je fais face dans la construction de cette sitothèque, c'est la description "bibliographique" à proprement parler des ressources Internet. Les mentions d'auteur et d'éditeur sont souvent confuses, les titres sont multiples (sur la page d'accueil, dans la barre de titre, dans les mentions légales, etc.), quant aux dates de création ou de copyright du site, elles sont absentes dans de nombreux cas... Difficile de faire des choix motivés pour la rédaction de la notice. Par ailleurs, certains sites très généralistes comprennent des rubriques qui représentent à elles seules un contenu indépendant. C'est le cas par exemple du Répertoire Opérationnel des Métiers et des Emplois, qui est consultable dans une rubrique du site ANPE.FR. J'ai fait le choix ici de traiter cette ressource distinctement du site général, qui fait lui aussi partie de la sitothèque.

Ci-dessous un exemple de notice ;


Le lien vers mon OPAC test est ici.

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7 octobre 2008

Google et la BM de Lyon : la (goo)gueule du lion ?

Après la lecture de quelques articles sur la blogosphère, difficile pour moi d'avoir une opinion bien tranchée sur ce débat houleux ; La BM de Lyon vend-elle son âme au diable en confiant la numérisation de 500 000 ouvrages de son fonds ancien à Google, ou bien est elle précurseur de l'utilisation d'un service privé à des fins publiques (donc louables...) ?

Quel est l'objectif de la BM de Lyon ? Rendre accessible en ligne 500 000 livres, aujourd'hui soigneusement rangés dans ses magasins, et accessibles à un petit groupe "élu" de chercheurs, historiens, scientifiques...

A l'énoncé de ce seul objectif, j'applaudis la démarche, et je me réjouis de bientôt pouvoir consulter en ligne ces livres auxquels je n'aurais sans doute jamais eu l'occasion d'accéder sans ce contrat passé avec Google.
Bertrand Callenge le rappelle dans son blog, "l’essentiel de notre métier tient dans l’accès, non dans la possession". Effectivement, si plus d'usagers, ici d'internautes, peuvent accéder à plus de ressources grâce à ce "partenariat", n'a-t-on pas toutes les raisons de se féliciter ? Qui s'est ému, autrement que pour féliciter l'initiative, de la diffusion par la BM de Toulouse de photographies de son fonds ancien sur Flickr ? Voici un site privé, qui vit par ses annonceurs, certes discrets, et qui propose désormais des images tirées du fonds ancien d'une bibliothèque publique.
La valeur ajoutée de telles initiatives est évidente, pour Toulouse un outil de navigation simple dans une partie de son fonds ancien de photographie, allié à une visibilité qu'une mise en ligne exclusive sur le site de la BM ne lui aurait jamais permise. Pour la BM de Lyon, il en est de même ; un accès démultiplié, qui ne nécessite plus de partir de la BM de Lyon, à des ressources aujourd'hui tout simplement "interdites" d'accès au plus grand nombre.

L'objectif de diffusion est bel et bien atteint.
Ceci étant dit, je m'étonne tout de même des "clauses" du contrat passé avec Google ; les copies numériques resteront la propriété de Google (que se passe-t-il si Google rend son accès payant ?), la bibliothèque peut diffuser à son public (quelles restrictions s'appliquent ici ? le public qui fréquente la bibliothèque ? le public inscrit ? le public d'internautes qui se connecte au site de la BM ?) les copies numériques en mode image et non en mode texte, cette seconde diffusion étant réservée exclusivement à Google.

J'ai lu dans un article que l'investissement de Google pour la numérisation des 500 000 documents de la BM de Lyon était estimé à 60 millions d'Euros. Quel ministère ou collectivité territoriale aurait pu financer un tel projet ? La CE, avec le projet de la BnuE, n'apporte aucun soutien financier aux entreprises de numérisation des bibliothèques publiques.

Je m'étonne qu'une démarche plus globale (nationale ? Européenne ?) ne soit pas engagée avec Google, pour qu'une négociation sérieuse, préservant réellement les intérêts publics qui sont en jeu ici, ait lieu. A multiplier les initiatives isolées, comme celle de Lyon, on réduit à l'évidence les marges de manœuvre des bénéficiaires de la numérisation Google. Qu'un groupement de bibliothèques publiques approche Google et construise avec cet opérateur incontournable aujourd'hui un contrat type respectueux des intérêts de chacun, et nous pourrions peut-être ainsi garantir le service public d'accès à nos ressources par le biais d'un opérateur privé qui y retrouvera évidemment ses petits... Le postulat de Jean Noël Jeanneray sur Google books et ses préconisations sont louables, j'y ai pleinement adhéré à la lecture de son livre, mais quel pays en Europe a aujourd'hui décidé de se donner les moyens financiers pour le "sursaut" contre le monopole Google et pour une politique volontariste d'accès numérique aux ressources de nos bibliothèques ?

Lire ici l'article sur le site de la Municipalité de Lyon

3 octobre 2008

Blogosphère et obligation de réserve


Grâce aux témoignages de candidats qui ont passé l'oral ces derniers jour, j'ai quelques "clés" supplémentaires pour mes révisions... Et en particulier cet article tiré du journal La Croix qui a été tiré au sort par une candidate... Je viens d'enregistrer ma prestation, 5mn montre en main ;

Je commence par reprendre le contenu de l'article ; les professeurs utilisent ces blogs pour se défouler, et commenter, avec "humour" et "auto-dérision" leurs journées parfois difficiles dans leurs établissements respectifs. Le blog est ici un défouloir, mais aussi une manière de faire circuler une autre image du professeur. L'article fait aussi référence à l'affaire Garfieldd, qui a vu un proviseur révoqué, puis finalement suspendu, en raison de la publication d'un blog personnel sur Internet ou vie privée et professionnelle était abordée. La sanction a été motivée par l'Education Nationale par le manquement à l'obligation de réserve à laquelle est tenue tout agent public. Une polémique a vu le jour après cette décision, qui opposait liberté d'expression et devoir de réserve.

L'article illustre à mes yeux la diversité de questions que pose l'impact grandissant d'Internet dans notre société, ici la relation entre l'expression libre véhiculée par ce média et le "règlement", la loi qui limite l'expression de certains individus en raison de leur fonction et/ou de leur statut.
Je poursuis en parlant de la biblioblogosphère, très dense (il suffit de voir la page de liens de Bibliopedia) où institutions diverses (BPI, ENSSIB, ABF) et individus (Bibliobsession, XG BlogNotes, Bibliothèque = public, ...) débattent des thèmes d'actualité liés à la profession. Que dire d'un bibliothécaire qui commente, critique telle ou telle nouveauté de son établissement ?
Je parle aussi de mon blog, créé pour la préparation de ce concours, et qui prendra fin le jour des résultats, quels qu'ils soient...
Je termine sur l'intérêt que peut représenter un blog pour une bibliothèque publique, pour ses usagers, sur l'aspect contributif et d'échange que cela peut apporter à nos services distants.

Deezer, MusicMe et nos discothèques

Je réagis ici à la publication de deux articles de blog, celui de Xavier Galaup sur le positionnement d'une discothèque face à l'arrivée de plateformes d'écoute gratuite telles que Deezer ou Musicme, et celui de JC Brochard dans l'article "Que seront nos discothèques de prêt ?".

Je recherche, en ligne, des disques de musique du Sénégal.
Sur MusicMe, j'obtiens 16 albums de compilations ou d'artistes Sénégalais, sur Deezer, 126 résultats (les résultats contiennent des titres de chansons, et non seulement d'album) ; le point commun de ces deux résultats de recherche : le mot Sénégal, que j'ai saisi pour ma recherche, se retrouve dans le titre de l'album ou du morceau. C'est pour cette raison qu'alors que Youssou N'dour est un des portes drapeau de la musique du Sénégal, son nom ne revient qu'une seule fois sur les deux sites, et que l'album "Womat - The Guide" ne s'y trouve pas par exemple. A la décharge de ces deux sites, lorsque je clique sur cet unique résultat, j'ai alors accès à tous les albums de Youssou N'Dour. Idem pour Ismael Lô, autre artiste Sénégalais emblématique.

Quid de la recherche sur un OPAC de médiathèque ?
Avant de rédiger ce billet, son plan me paraissait clair... Je démontre la pauvreté des résultats de recherche sur les plateformes Deezer et MusicMe, et je prouve qu'avec nos OPAC, la médiation du discothécaire fait toute la différence...

Bon, il va falloir que je revoie ce plan...
Voici le résultat de mes recherches pour les expressions "Sénégal", "Youssou N'Dour' et "Ismael Lô". Sur les catalogues de médiathèques, j'ai limité la recherche au support CD audio ou "enregistrement sonore" (!) selon les interfaces.

Résultats pour "Sénégal"
BPI : 11 dont 0 Y. N'dour et 1 I. Lô
Médiathèque de Rennes : 24, dont 1 Y. N'Dour et 1 I. Lô
Médiathèque de l'agglomération Troyenne : 28, dont 0 Y. N'Dour et 2 I. Lô
Deezer : 126 morceaux, dont 1 Y. N'dour et 15 I. Lô
MusicMe : 16 albums, dont 1 Y. N'dour et 3 I. Lô

Résultats pour "Youssou N'dour"
BPI : 11
Médiathèque de Rennes : 30
Médiathèque de l'agglomération Troyenne : 34
Deezer : 9 (albums)
MusicMe : 36

Résultats pour "Ismael Lô"
BPI : 5
Médiathèque de Rennes : 12
Médiathèque de l'agglomération Troyenne : 20
Deezer : 4 (albums)
MusicMe : 14

J'espérais au terme de cette recherche pouvoir dire que là ou Deezer et MusicMe ne mentionnent qu'un seul titre de Youssou N'dour, nos OPAC permettaient de rechercher dans nos collections musicales autrement que sur les seuls champs titre ou auteur, et que l'indexation musicale présentait une vraie plus value... Bon, ce qui est vrai en "présentiel", c'est à dire lorsque je me rends dans ma discothèque et que je parcoure les bacs en accès libre, ne l'est donc pas en interrogation du catalogue... Soyons positifs, cela signifie que nous avons encore une marge d'action...

Je suis de ceux qui pensent que passer une heure dans la discothèque de mon quartier présente un réel intérêt ; je ne sais jamais avec quel CD je vais repartir lorsque je passe les portes de la section Musique de ma médiathèque. Je découvre la sélection du discothécaire, je suis attiré par tel pochette ou titre d'album d'un artiste totalement inconnu, je repars avec ce que je ne suis pas venu chercher... Ce qu'à ce jour, je n'arrive pas à faire de façon satisfaisante avec les plateformes Deezer et MusicMe.

Je pense que les discothèques ont leur place face à une telle concurrence, dans cette médiation. Dans les 3 médiathèques que j'ai choisies pour cette démonstration, j'imagine que la médiation sur place est de qualité, au détriment toutefois d'une médiation "à distance", qui est pourtant essentielle pour vivre "à côté" de telles plateformes. Et outre l'indexation, le mode d'accès aux collections est lui aussi peut-être à repenser ; comment obtenir le droit de prêter un album en ligne à nos usagers ? Faut il nécessairement, comme ma médiathèque le propose, passer par une plateforme externe (Bibliomédias en l'occurrence) ?

C'est ici un problème plus vaste, celui de la dématérialisation du document, qui est en question. Car cette question se pose, dans une moindre mesure en raison des coûts de consultation, pour la presse en ligne, pour la vidéo à la demande, pour, un jour, demain ?, les livres en téléchargement...

Je n'ai pas de téléphone ni d'ordinateur portable, pas de I-Pod, pas de Sony Reader, mais le "nomadisme individuel" de l'accès aux documents est bien d'actualité, chez les plus jeunes en particulier. La réponse de nos médiathèques publiques est encore à trouver (avec le CAREL ? en retenant le choix, payant, de Gallica2 pour les ouvrages sous droit ?...).

J'ai comme l'impression que ce n'est pas un ATQCPB qui va régler seul la question...

17 mai 2008

Google vs Gallica 2

Sur le thème des bibliothèques numériques, il me paraît intéressant à ce stade de comparer les offres de deux grandes (par leur notoriété en tous cas) bibliothèques numériques opérationnelles et accessibles actuellement. A défaut de pouvoir utiliser la BnuE ou la WDL de l'UNESCO, j'ai choisi d'observer le service Recherche de livres de Google et la nouvelle et récente version de Gallica, la bibliothèque numérique de la BnF.

Pour illustrer les différences entre les deux plate-formes, je vais m'interroger sur la provenance des collections, sur les fonctionnalités de recherche, sur l'affichage des résultats et du document.

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Google recherche de livres :
Initié en 2005, Google Print, rebaptisé ensuite Google Book Search, propose de mettre en ligne d'ici 2010, 15 millions de livres, le seul critère pour faire partie de cette bibliothèque numérique mondiale étant l'attribution d'un numéro ISBN. Google propose des livres du domaine public et d'autres soumis au droit d'auteur.

Les collections :
Les acquisitions des ouvrages se font par deux programmes.
Le programme "Bibliothèques" permet à de nombreuses bibliothèques américaines, canadiennes, mais aussi allemandes ou espagnoles, mettre à disposition de Google des ouvrages de leurs collections, qui, s'ils ne le sont pas déjà, sont numérisés par les soins de Google, et mis en ligne sur le service de recherche de livres.
Le programme "Partenaires" permet cette fois à des éditeurs de proposer leurs titres pour que ceux-ci soient numérisés (par Google) et disponibles, en intégralité ou non, sur le service.
Le principal atout de Google est cette proposition de numérisation des ouvrages proposés. En effet, quand on connaît les coûts que représente une numérisation massive de documents, quelle bibliothèque, quel éditeur peut encore hésiter devant cette opportunité unique de numérisation gratuite ?!
A aucun moment Google n'indique une quelconque politique d'acquisition ; pas de comité de sélection, de choix éditorial, de priorité thématique ; tout ce qui porte un ISBN et qui est proposé est présent sur Google Recherche de livres.
Par ailleurs, Google ne se charge pas de rechercher l'accord des auteurs pour les ouvrages non tombés dans le domaine public. C'est à l'auteur de vérifier la présence de ses oeuvres, et de contacter Google pour retirer son ouvrage de la collection. Cette pratique a suscité un véritable tollé, mais Google ne semble pas s'en émouvoir, et à créé une procédure spécifique pour le retrait par les auteurs de leurs oeuvres.

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La recherche :
Google propose un premier écran de recherche équivalent à son moteur de recherche Web, c'est à dire un seul champ de recherche qui porte sur la description du livre et son contenu ; c'est ainsi que les résultats proposent ensuite des livres et des pages de livres dans lesquelles les mots clés saisis ont été trouvés. On peut également accéder à un écran de recherche dite avancée, qui propose la gestion transparente des opérateurs booléens et une interrogation sur la disponibilité du document (intégrale ou non), la langue, l'auteur, le titre, ladate de publication, l'édition ou l'ISBN.

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La consultation :
L'affichage des résultats ressemble assez aux résultats d'une recherche sur le WEB par le moteur de recherche. Google affiche ici les livres répondant à la recherche, et affiche alors le titre, l'auteur, l'année de publication, le nombre de pages, et la disponibilité du document (affichage intégral, extraits, aperçu, notice). On trouve également dans ces résultats les pages de livres où les mots clés ont été trouvés ; aucune mention d'auteur ici, ou d'année de publication, mais un lien direct vers la page.

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Pour ce qui est de la consultation des ouvrages, l'affichage se fait en mode image (je n'ai pas trouvé dans mes recherches d'ouvrage en mode texte), avec des fonctionnalités d'affichage assez poussées telles que le zoom, la navigation page par page, l'affichage de la table des matières, la recherche dans le texte intégral, et la possibilité de sélectionner une partie de la page affichée et de la copier, au choix, en mode image ou en mode texte.
Des liens permettent également de rechercher le livre dans des librairies en ligne, ou dans les catalogues de bibliothèques (américaines).
Des messages de publicités sont affichés en bas de la fenêtre de consultation, en lien ou non avec l'ouvrage consulté.

Gallica 2

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La création de Gallica, bibliothèque numérique de la BnF, remonte à 1997 ; à l'origine, la BnF y propose la consultation de documents anciens pour la plupart, qui y ont été ajoutés dans un premier temps sous forme de dossiers thématiques (voyages en France, histoire du livre, etc.).

Les collections :
Aujourd'hui, le dernier développement consiste à proposer également des document soumis au droit d'auteur, par l'intermédiaire de librairies électroniques payantes (à la charge de l'usager) telles que Numilog ou Cyberlibris. Les acquisitions font l'objet d'une charte documentaire ; "[Gallica] évolue sans cesse suivant les principes d'une charte documentaire fixant les grandes orientations de cette bibliothèque à vocation encyclopédique." C'est une première différence avec Google, et elle est de taille ; la bibliothèque numérique Gallica définit une politique et des priorités d'acquisition, elle n'a pas pour but de proposer une masse de documents, mais elle remplit sa mission de bibliothèque publique en déterminant des choix documentaire, en privilégiant la qualité sur la quantité.
La numérisation est assurée par la BnF pour ses collections, et par les partenaires privés pour les ouvrages sous droits tirés des plate-formes externes.

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La recherche :
Comme pour Google, l'usager a la possibilité d'effectuer une recherche simple, sur un seul champ que l'on devine multi-index, à partir de la page d'accueil de Gallica. Mais dés cette page d'accueil, d'autres possibilités lui sont offertes : un accès par thèmes, qui reprend, sans les nommer, les 10 classes de la classification Dewey, ainsi qu'un accès différencié par personnalité, lieu, sujet, évènement, ... Une recherche avancé est également disponible, et les filtres, très nombreux, reprennent les champs classiques d'une notice (Auteur, titre, éditeur, ISBN) mais aussi le type de document, sa provenance, sa langue, son thème...
Là encore, c'est une grande différence avec la recherche avancée de Google ; c'est un véritable outil de recherche documentaire qui est proposé sur Gallica 2, proche de ceux que l'on trouve sur les écrans OPAC des bibliothèques publiques.

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La consultation :
Les résultats affichés correspondent aux notices des documents répondant aux mots clés saisis (de courts extraits avec les mots clés surlignés sont affichés) ; pas de simple page, chaque document fait l'objet de la même description bibliographique. Un accès à la notice complète est proposée, de même que l'accès au document. Pour ce dernier, il est précisé s'il s'agit d'un document intégral de la bibliothèque Gallica, ou s'il s'agit d'un document proposé par un partenaire extérieur, auquel cas il est précisé que la consultation s'effectue "sous conditions via" le partenaire.
Lors de ce premier affichage, il est possible d'affiner la recherche ; sur la gauche de l'écran, l'usager peut filtrer les résultats sur les ouvrages provenant de Gallica uniquement, ou publiés à telle période, ou en langue française, etc.


La consultation du document lui même est assez proche de celle de Google, sans toutefois (pour les documents consultés lors de ma recherche en tous cas) la possibilité de zoomer ou d'effectuer une copie en mode image ou texte d'une partie du document. En revanche, le téléchargement du document en format PDF par exemple permet alors, dans le programme Acrobat Reader, ces actions. Dans les exemples utilisés, je n'ai pas trouvé de liens externes, vers une bibliothèque détentrice du document ou une librairie en ligne. Pas de publicité non plus...

En comparant les résultats obtenus à ma recherche "chemins compostelle", j'obtiens sur Google 811 résultats, dont une grande majorité (603 sur les 811 résultats) ne me donne pas accès à un texte intégral. D'autre part, 84 livres sur les 208 consultables sont des guides touristiques du Petit Futé, qui ne font qu'évoquer le sujet de ma recherche, 5 ont été publiés après 1999, 70 entre 1800 et 1999, 133 ne seraient pas datés ?... 204 sur 208 sont en français, et aucun ne parle "principalement" des chemins de Compostelle.

Sur Gallica, j'obtiens 174 résultats, tous consultables en ligne, moyennant paiement pour 57 d'entre eux. 37 ont une date de publications postérieure à l'an 2000, 134 entre 1800 et 1999, le plus ancien datant du XVIe siècle, 133 sont en français moderne. Trois ouvrages sur la totalité sont des monographies traitant directement de mon sujet.

Il est difficile bien sûr de juger sur les résultats d'une seule recherche, et une étude sérieuse porterait sur un ensemble de requêtes et une analyse fine de leur résultats. Ma première réaction porte sur la recherche sur texte intégral et sur le bruit qu'elle produit. Ce fameux bruit ennemi du bibliothécaire et recherché par l'internaute, dit-on... Dans ce domaine, il semblerait que les deux bibliothèques se valent... Sur Gallica, lorsque j'effectue la recherche "Compostelle" sur le chant titre, je trouve alors 3 ouvrages, différents des 3 trouvés avec la recherche simple, dont deux qui sont de véritables références (le Liber Sancti et le journal du paysan picard) ; cela signifie-t-il que la recherche simple ne recherche par sur l'index "titre" ? Pour quelle raison ? Sur Google, même recherche sur le champ titre, et je n'obtiens aucun résultat en consultation intégrale, et 311 en aperçu ou notices. Si je ne suis pas surpris de ce résultat sur Google, où est l'indexation matière de Gallica ? Pourquoi ne puis-je pas interroger un champ "mot-clé" ou "sujet" ?!... Je retrouve l'indexation RAMEAU dans la notice, mais pas dans la grille de recherche avancée !

La différence à mes yeux entre ces deux bibliothèques en ligne réside principalement dans l'origine de la démarche.
D'un côté une proposition commerciale aux annonceurs, qui figurent sur les pages de consultation des ouvrages, et aux éditeurs, qui peuvent afficher des aperçus ou des extraits de leurs articles pour les promouvoir ; sans qu'à aucun moment une décision ou une priorité d'acquisition ne soit définie.
De l'autre une proposition de service public, privilégiant la qualité des collections proposées, à partir de réels choix documentaires, et la finesse et diversité des outils de recherche avec à l'esprit la satisfaction de l'usager sans aucune autres considérations (pas d'annonceurs ni d'éditeurs à mettre en avant ici). Mais aussi, peut-être dans le but louable de sortir du catalogue traditionnel de bibliothèque, quelques lacunes grossières, comme cette indexation sujet absente de la recherche avancée...

C'est pourtant cette plus-value documentaire qui fait justement toute la différence !

Les liens :
Google Recherche de livres
Gallica2

PS :

Un autre exemple de recherche, menée en recherche simple sur les mots "réchauffement climatique" ;
113 livres sur Gallica, dont 108 avec accès payant !
280 livres sur Google (dont 54 guides du Petit Futé ; accord publicitaire ?).

Bref, l'avenir est devant nous, comme dirait l'autre !