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31 janvier 2009

Charte des collections


Comment définir la charte documentaire d'un établissement ? Comment concevoir et rédiger une charte documentaire ? A quoi sert elle ?

Voici quelques unes des questions que je me pose lorsque je consulte, dans les offres d'emploi actuellement diffusées, les postes de responsable de médiathèque existante ou liés à la création d'un établissement, de taille modeste, cela va de soi... Le bibliothécaire est alors seul personnel qualifié dans la structure, et il lui incombe de définir sinon les missions de la bibliothèque, en tout cas la déclinaison de ces missions dans la pratique documentaire de la structure, en particulier dans le domaine des acquisitions.

Pour m'éclairer dans cette réflexion et répondre à mes questions, j'ai consulté plusieurs chartes, disponibles sur Internet, de structures de taille moyenne et petite, et tenté de tirer quelques grandes lignes de mes lectures.

Les chartes commencent pour la plupart d'entre elles par un préambule général sur la mission de la structure, parfois une présentation de son contexte (la commune, la population, les locaux, le réseau documentaire ou culturel, etc.) et une présentation du fonds existant. Puis sont présentées les textes « fondateurs » sur lesquels s'appuie la politique d'acquisition ; manifeste de l'UNESCO, charte du CSB, code de déontologie de l'ABF, mais aussi code de la propriété intellectuelle, loi Gayssot, loi sur les publications destinées à la jeunesse... Dans certaines chartes, à défaut de citer les textes de loi, un paragraphe précise les exclusions, paragraphe dans lequel sont généralement cités les ouvrages à caractère diffamatoire, violent, pornographique, incitant à la haine ou à la discrimination, etc.

Sont ensuite détaillés les principes d'acquisition ; les responsabilités (l'équipe, le responsable...), les outils et les critères de choix (revues professionnelles, niveau des publications, qualité, pluralité, diversité), les sections (adulte, jeunesse), les types de documents (livre, CD, DVD, ...).

Le désherbage, le réassort, la gestion des dons, l'évaluation des collections sont également, selon le degré de précision des chartes, détaillés.
Enfin, on trouve quasiment systématiquement un paragraphe concernant les modalités d'acquisitions, qui fait mention en particulier des marchés publics, du choix des fournisseurs, etc.

En résumé, un plan « standard » pourrait donner ceci ;

Préambule : objet de la charte des collections
  1. Contexte
    La municipalité, l'intercommunalité (si pertinent), les partenaires locaux de la bibliothèque, la population.
  2. Les missions de la bibliothèques
    Missions générales (référence aux textes fondateurs) et « locales ».
  3. Les collections
    Le fonds existant, description des secteurs couverts, de l'accès aux collections, de la répartition par -section, - disciplines, - type de documents.
  4. Les acquisitions
    Responsabilités ; équipe, comité d'acquisition, ...
    Outils ; revues spécialisées, Internet
    Suggestions des usagers (modalités de traitement)
    Critères de sélection et d'exclusion (référence aux textes de loi et autres textes comme la politique d'acquisition en 12 points de l'ABF)
    Répartition projective par -section, - disciplines, - type de documents des acquisitions
    Modalités d'acquisitions ; rappel sur les marchés publics
  5. Vie des collections
    Désherbage (méthode IOUPI)
    Réassort
    Nombre d'exemplaires par titre
L'utilité de cette charte ? Elle me paraît indispensable, en particulier dans de petites structures où les choix, en raison des contraintes budgétaires, sont d'autant plus significatifs et importants. Cette charte doit être à la disposition des usagers (à la bibliothèque, sur le site Internet) et on peut y faire référence, lors notamment des réponses aux suggestions. Elle peut être utile aussi sans doute à l'équipe elle même, dans les débats qu'elle peut avoir en interne sur certains achats. Il me semble aussi important qu'elle soit révisée régulièrement, en tout cas remise en question ; certaines chartes consultées précisent leur durée de validité (3 ans ici, 6 ans ailleurs).

Sa validation par le Conseil Municipal ou/et le Maire est fréquente dans les exemples consultés et il est en effet intéressant d'impliquer les élus dans cette charte, ne serait-ce pour partager avec eux la conscience du travail de sélection qui s'impose au bibliothécaire. La référence aux textes de loi et aux charte/manifeste/code des bibliothèques publiques permet de valider l'impartialité impérative de la bibliothèque et de son équipe.

  • Quelques unes des chartes consultées sur Internet ;
Ploufragan (Côtes d'Armor - 11000 habitants)

Lamotte-Beuvron (Loir et Cher - 4500 habitants)

Herblay (Val d'Oise - 1800 habitants)

Fleury les Aubrais (Loiret – 21000 habitants)

Bibliothèque Départementale d'Ille et Vilaine

  • Quelques lectures sur le sujet ;
Définition et mise en œuvre d'une politique documentaire
J.–L. Gautier-Gentès

Les plans d'achats, Bibliothque Municipale de Brest
Article paru dans le Bulletin des Bibliothèques de France T. 44, n° 2, 1999.

Développement et Evaluation des collections dans les bibliothèques publiques : quelles pratiques et quels enjeux ?
Par Collanges Philippe, Kontogom Marie, Lambert Bertille
Mémoire de recherche (2005) disponible dans la bibliothèque numérique de l'ENSSIB.

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7 décembre 2008

Collections numérisées et catalogue

Je poursuis mes expérimentations avec le logiciel PMB et les joies du catalogage. Cette semaine, je me suis intéressé à l'intégration au catalogue d'images numérisées, des cartes postales anciennes en l'occurrence. Les bibliothèques publiques qui proposent ce genre de services en ligne sont nombreuses, d'autant plus que ces services, très liés au patrimoine local, rencontrent un certain succès auprès du grand public. Les pratiques sont toutefois assez différentes selon les bibliothèques. Parmi celles que j'ai observées, citons celles des Champs Libres de Rennes, d'Orléans et de Troyes, ainsi que le site Cartolis du Cartopole de Baud dans le Morbihan.

Une première remarque tout d'abord, il est difficile de repérer, à travers les notices au format "public" auxquelles j'ai accès, des règles de catalogage précises. Le support est d'abord lui même très peu normalisé ; pas de date systématique, pas toujours le nom de l'auteur de la prise de vue, une précision très variable des descriptions, etc. Ainsi, en comparant les notices des trois bibliothèques, force est de noter les nombreuses différences d'une notice à l'autre.

La première notice est renseignée, me semble-t-il, par un musée (attenant à la médiathèque dans le cas présent) et non par la médiathèque ; cette notice est très structurée et précise, et elle semble répondre à une norme de description d'objets conservés par un musée plutôt que par une bibliothèque ; les notions d'exécution notamment sont propres à la description d'une œuvre d'art. Aucune indexation visible.

La deuxième notice est là encore un affichage "public" sur l'OPAC de la bibliothèque, et ne révèle pas nécessairement toute la précision du catalogage dont la carte a fait l'objet. Pas d'indexation sur cette notice non plus.

Le troisième affichage lui se libère carrément de la notion de notice, et se contente d'afficher une liste de documents avec 2 lignes de descriptions : la légende et l'éditeur, si connu. Les cartes sont organisées par grands thèmes (bâtiments civils, édifices religieux, cathédrale, etc.) mais une recherche par mot clé est possible sur les deux lignes de description.

La quatrième notice, plus complète et beaucoup plus adaptée au support, provient du site Cartolis et de la Bibliothèque Municipale de Baud ou du Conservatoire Régional de la Carte Postale que celle-ci abrite. Les collections présentées sur le site proviennent du fonds de ce conservatoire, mais à terme doivent également inclure des fonds de bibliothèques partenaires (Saint Brieuc et Brest prochainement). La notice est ici très complète, et l'indexation structurée. Un lieu, un sujet principal et secondaire, des notes, permettent une description du "contenu" du document assez précise. La recherche sur Cartolis est par ailleurs très aisée, par mots clés donc, mais aussi par un accès cartographique.

Il est à noter enfin que sur les OPAC des 3 médiathèques, ces documents ne sont pas intégrés au catalogue général mais font l'objet d'un accès et d'un écran de recherche distincts.

Fort de ces observations, j'ai d'abord cherché une solution d'hébergement pour les documents numérisés. Les choix des bibliothèques observées sont internes ; les documents numérisés sont stockés sur le serveur de la bibliothèque. Dans une configuration plus modeste que pour des médiathèques de grandes villes, plusieurs solutions sont possibles : l'hébergeur Internet de la municipalité ou de la bibliothèque s'ils sont différents peuvent être utilsés ; avec un simple utilitaire FTP, les images sont envoyées sur le Web, et accessibles à partir d'une URL propre à chaque document (ex http://bmvillex.free.fr/cpa0015.jpg). Une autre solution (celle que j'ai retenu) consiste à utiliser un site de partage d'images tels que Flickr. L'intérêt : visibilité de la bibliothèque sur le Net, accès avec URL propre possible, mais aussi à la collection complète mise en ligne. L'exemple le plus éloquent d'une telle pratique est la mise en ligne sur Flickr du fonds de photographies anciennes par la BM de Toulouse...

Une fois la solution d'hébergement décidée, le choix suivant porte sur l'intégration ou non de ces documents au catalogue général de la bibliothèque. Je trouve très intéressant qu'un usager qui s'intéresse à un sujet X puisse, en une recherche, obtenir directement les ouvrages, articles, documentaires, et images numérisées répondant à ses critères de recherche. Je retiens donc la saisie des notices dans la base de données générale de la bibliothèque, avec un traitement d'exemplaire comparable à celui que j'avais retenu pour les sites Internet ; un exemplaire physique, qui permet de rattacher le document à une section et à une cote, et un exemplaire numérique qui dans PMB permet sous la notice l'affichage d'un icône et d'un lien vers l'URL.

Dans la saisie de la notice, je dois me reporter à la norme FD Z 44-077 de catalogage des images fixes. Dans cette norme, que je n'ai pas lue mais dont j'ai trouvé une courte synthèse sur le site du Ministère de la Culture, c'est principalement la zone 5, celle de la collation, qui comporte des éléments propres aux images fixes. J'ai donc retenu pour mon catalogue la correspondance entre les informations liées à la description des cartes postales anciennes et la notice standard sous PMB.

La légende de la carte se retrouve dans le titre, le photographe ou le dessinateur dans les mentions de responsabilité, les séries dans les collections, etc... La description technique pour les CPA est assez simple, le principal procédé technique étant l'impression photomécanique. J'avoue tout de même que pour une partie des cartes cataloguées (cartes en papier très épais représentant des dessins), je ne suis pas très sûr du procédé d'impression... En terme d'indexation, il s'agit de décrire le contenu de la carte en utilisant le langage documentaire du reste des collections (ici Rameau). Le niveau d'indexation dépend comme pour tout autre document de la bibliothèque et de ses collections ; il ne s'agit pas de décrire précisément chaque sujet et chaque plan de la prise de vue, mais d'en dégager les grands thèmes. Pour une collection d'images locales, je retiens également une indexation des noms de lieux précis représentés sur la carte, la légende n'étant pas toujours explicite. Pour la cote, j'ai pris le parti de créer un classement propre aux images numérisées ; CPA pour les cartes postales anciennes, GRV pour les gravures, PHO pour les photographies, etc.

Cela donne dans mon OPAC test ceci :

La recherche s'effectue par mots clés :

ou par "section" puis "étagère" :

Exemple d'une notice :

Vue de l'image sur Flickr, après avoir cliqué sur le lien du document numérique :

Le lien vers mon Opac test est ici.

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8 novembre 2008

Catalogage de documents musicaux

Avant d'aborder ce chapitre de mes révisions sur le cours Mediadix, j' ai comparé 3 notices pour un même document dans les catalogues en ligne de 3 bibliothèques différentes.

Force est de constater que les résultats diffèrent considérablement... Et moi qui pensait que tout était normalisé à la virgule près !

Mon interrogation a porté sur un petit chef d'œuvre tiré de ma collection personnelle ; El canto de la Sibila II par Jordi Savall et Montserrat Figueras chez Audivis Distribution.
Première remarque générale : aucune indexation matière ; pas de mention de la musique médiévale dans la notice, de la flûte, de la harpe ou de la viole de gambe... Pas de mention non plus de la Galice, de la Castille, ou de l'Espagne. Autrement dit, si je tape "musique médiévale Castille" dans mon écran de recherche, je n'ai aucune chance de tomber sur cette œuvre pourtant majeure...

Voyons maintenant les différences significatives entre les trois notices.

1ère notice :
L'auteur principal retenu est ici l'ensemble La Capella reial de Catalunya, seuls deux autres auteurs apparaissent, Montserrat Figueras et Jordi Savall. Pas de mention du livret d'accompagnement ici, pas de traduction du titre non plus. La cote vient je crois de la classification Dewey ; 78 pour musique, (46) pour l'Espagne. Classification que je ne maîtrise pas, mais un peu de précision n'est-elle pas possible ici ? L'indice 782.29 ou 782.3 ne serait-il pas plus significatif ? En terme de classement, est-ce que cela signifie que le dernier album de la chanteuse espagnole Luz Casal va côtoyer une compilation de Flamenco et le chant de la Sibylle ?... J'en doute fort.

2ème notice :
Ici c'est la Soprano qui est indiquée comme auteur principal, Jordi Savall et l'ensemble La Capella reial de Catalunya apparaissent en auteurs secondaires et en complément du titre. Le titre est traduit, et il est fait mention de la collection "Musica Iberica". Le classement s'appuie je pense sur le Plan de Classement des Documents Musicaux (PDCM) 3.02 qui correspond à la classe 3 Musique classique, 3.0 pour les anthologies générales, 3.02 pour les institutions musicales diverses (?). Peut-être ne s'agit-il pas du PCDM, mais d'un autre plan de classement qui m'est inconnu... Pourtant c'est le même indice qui est retenu dans la 3ème notice.

3ème notice :
Pas d'auteur principal ici, est-ce pour cela que l'ensemble La Capella reial de Catalunya disparaît ? En revanche, beaucoup plus de précision dans les co-auteurs, où la soprano, le harpiste et joueur de psaltérion, le directeur de l'ensemble, le flûtiste, et les noms de trois compositeurs, que je trouve effectivement à l'intérieur du livret.

Bref, trois descriptions avec des différences importantes, qui permettent à l'usager qui connaît l'enregistrement ou le titre de retrouver le document, mais qui, faute d'indexation, ne permettent pas de découvrir cet enregistrement en recherchant dans le catalogue de la médiathèque.

Finalement, c'est en consultant le catalogue BN Opale Plus que je trouve une notice un peu plus conforme à ce que j'ai aperçu dans les cours de Mediadix, mais surtout, avec des éléments qui me permettent sans doute de retrouver plus facilement le document sans le connaître au préalable.

Voilà de quoi militer pour le téléchargement gratuit de notices proposé à partir du catalogue de la BnF ?... Peut-être, bien qu'en terme de lisibilité, les trois premières notices n'ont rien à envier à la dernière, qui si elle est complète en terme d'informations sur cet enregistrement, en est de fait très chargée... Que préfèrera l'usager final ?

C'est ici surtout l'indexation qui retient mon attention et qui me pose question ; les différentes recherches qu'un usager pourrait effectuer pour retrouver ce titre dans le catalogue informatisé ne sont pas toutes couvertes, même dans la notice plus complète de la BnF ; la période n'apparaît pas, pas plus que les régions de Castille ou de Galice. Une recherche dans la liste d'autorités matière RAMEAU permettrait par exemple de construire une vedette de type :
chants sacrés -- 12e siècle -- Galice (Espagne)
chants sacrés -- 16e siècle -- Castille (Espagne)

Autre possibilité, si je reprends ma propre pratique d'usager dans la section musicale de ma médiathèque, une recherche par catégories, en reprenant le PCDM par exemple :
Selon le classement retenu pour la médiathèque, cela pourrait donner ;
* 3 - Musique Classique
* * 3.4 - Musique vocale sacrée
* * * 3.42 - Cantate sacrée (43 résultats - voir les notices ou affiner la recherche)
ou bien encore
* 3 - Musique Classique
* * 3.92 - Moyen âge
* * * 3.9234 - Musique vocale sacrée (52 résultats - voir les notices ou affiner la recherche)

Un tel mode de navigation dans le catalogue peut être efficace dans le cas de petites ou moyennes collections j'imagine, pas vraiment dans le cas ou plus de 50 titres sont couverts par le 3ème niveau de catégorie... A moins que l'on ne mette en place un autre niveau d'indexation (géographique par exemple) ?...

Je viens de trouver une mention sur Internet d'un thesaurus pour l'indexation des documents musicaux : CORAIL ; il ne me reste plus qu'à le trouver et voir à quoi il ressemble... Dans tous les cas, si je devais être amené à travailler dans une section musicale, l'une des mes premières préoccupations serait sans toute cette indexation analytique, qui permet, ce n'est tout de même pas rien, à l'usager de retrouver le document plus facilement.

11 septembre 2008

Acquisitions & sélection


Je veux parler ici de la diversité de la création littéraire, et de la nécessité pour la médiathèque de la représenter dans ces rayons...

N'étant pas particulièrement versé dans les confessions intimes de Catherine M., les romans d'Amélie N. ou de Guillaume M., je me demande bien comment je vais pouvoir exercer l'une de mes fonctions pourtant ô combien essentielle ; le choix des romans à commander, et ceux à laisser de côté. Et ce choix ne doit pas être facile, avec plus d'un demi million de titres disponibles en France en 2007 !!!

Au risque de paraître un peu démagogue, je veux croire que la prise en compte des suggestions des usagers fait bel et bien partie de mon travail de sélection. N'ayant jamais été confronté à la lecture d'un cahier de suggestions, mais étant réaliste quant aux limites d'une telle démarche, j'ai envie de croire qu'un titre revenant plusieurs fois, qu'un auteur peu connu feront partie des éléments qui éclaireront mes choix.
Je me remémore les lois divines concernant les acquisitions (cf la politique d'acquisitions en 12 points de l'ABF) ; ne pas céder à la pression commerciale, mettre en commun les réflexions, tenir compte de son public, penser réseau...
Effectivement, la bibliothèque ne doit pas être une pâle copie d'une grande surface culturelle (tout ce qui se vend s'y trouve) ou d'une librairie trop intimiste (mon choix est-il celui de mon public ?) mais bien un service public de la culture (répondant aux demandes de ce public - sans servitude extrême - et à des ambitions culturelles).
L'équilibre à trouver me paraît vraiment fragile...

Je me rassure en me disant que normalement, je ne devrais pas être vraiment seul à faire ce choix... Que je pourrais m'appuyer sur une politique documentaire bien construite (?). Qu'autour de ma bibliothèque s'en trouveront d'autres, qui compenseront mes manques...
Je viens aussi de recenser quelques sites Internet dignes d'intérêt pour couvrir l'actualité littéraire, qu'elle soit commerciale ou plus confidentielle ;

Plusieurs éditeurs se regroupent ici pour mettre en avant les premières œuvres de leurs catalogues ; critique, informations biographiques complémentaires, résumés... tout est là pour découvrir de nouveaux talents.
http://www.premiersromans.com/

Quelques sites commerciaux aussi bien sûr, qui ont le mérite de recenser les grands succès, les livres dont on parle, dans un certain sens les incontournables...
http://www.fnac.com/
http://www.lefigaro.fr/livres/

La presse littéraire bien sûr, avec en édition papier ou en ligne :
http://www.magazine-litteraire.com/
http://www.lire.fr/
Et l'incontournable et très professionnel :
http://www.livreshebdo.fr/

Quelques blogs parmi une liste inépuisable...
http://www.bpi.fr/blog/?cat=5
http://passouline.blog.lemonde.fr/

Le portail de la culture Evene, avec, entre deux bandeaux publicitaires (!), une mine d'infos et d'actus :
http://www.evene.fr/

Les librairies en ligne, celle où je me fournis ou d'autres, qui font part de leurs choix et coups de coeur, ici l'exemple des librairies Decitre :
http://www.decitre.fr/

Pour finir, ce lien vers un débat enregistré au Salon du Livre 2008 sur la production exponentielle de l'édition en France, débat que l'on peut écouter sur la Web radio du livre de Radio France : http://www.radiofrance.fr/thematiques/livre/dossier/dossier.php?rid=350000106&aid=360000468&formtype=dossier

10 septembre 2008

Acquisitions & politique


Voici quelques jours que le résultat de recherches aléatoires sur l'OPAC de ma médiathèque sème le trouble dans mon esprit (qui n'a vraiment pas besoin de ça en ce moment !...).
Je trouve dans le catalogue 17 livres de et sur Sarkozy, 9 de et sur Ségo, 7 de et sur Bayrou, 4 sur Le Pen (tous critiques), 1 enregistrement audio (?) de Dominique Voynet, rien sur Besancenot...
Que des livres sur la politique fasse partie des rayons, oui, très bien, je m'en félicite, nous sommes aussi là pour servir la citoyenneté et informer sur les courants politiques du pays. Rien à redire la-dessus.
Mais comment justifier de choisir le livre de Raphaëlle Bacquet sur la rupture Royal-Hollande, ou le "Cécilia la face cachée..." qui reprend tous les ragots sur le couple Nicolas-Cecilia, de ne trouver que des livres d'analyse et de critique du phénomène Le Pen (alors que certains des livres qu'il a signé sont en vente, donc légaux j'imagine...). Je répond quoi, moi, à l'élu FN de ma collectivité quand il me demande pourquoi je ne propose pas un seul livre de son mentor ?...
Je pensais, naïvement sans doute, que je ne devais pas céder au phénomène de mode de l'édition "peopolitique", je pensais que plutôt que d'acheter le programme de tel ou tel candidat, je devais proposer à mes usagers des ouvrages d'analyse, de critique des différents partis et de leurs responsables. Que ma médiathèque achète le livre de la Ministre Ségolène Royale sur le droit des enfants est logique et évident, qu'elle achète la confession intime et politique de l'ex candidate ("ma plus belle histoire, c'est vous") m'étonne...

Là encore, je suis partagé entre d'une part, la nécessité de servir mon public, qui sera sans doute, pour partie, très heureux de trouver ces ouvrages et d'autre part, mon "devoir" d'objectivité et de respect de la diversité des opinions (même, JMLP, de celles que je ne partage pas, mais alors pas du tout...).

Que dire à l'oral si l'on m'interroge là dessus ?... Je crois que je resterai sur ma ligne ; préférer l'analyse du discours au discours lui même, éviter le people (à quand Voici et Gala dans la très digne salle d'actualité ?), et garantir la représentation de tous les courants d'opinion...
Pas simple tout ça quand on n'est pas "dedans" !

16 mai 2008

Le langage documentaire RAMEAU


Le Répertoire d’Autorité - Matière Encyclopédique Alphabétique Unifié a été créé en 1980 par la Bibliothèque Nationale à partir du langage documentaire utilisé par les bibliothèques de l’Université de Laval au Québec, lui même construit à partir du langage de la Library of Congress des Etats Unis.

Utilisé dans de très nombreuses bibliothèques universitaires et publiques, il est le fruit d’une coopération entre le Ministère de la Culture et le Ministère de l’Education Nationale, et plus particulièrement entre l’ABES Agence Bibliographique de l’Enseignement Supérieur (responsable du catalogue du SUDOC) et la BnF.

Il fait aussi l’objet de coopérations internationales, avec sa traduction en roumain et en polonais, mais aussi dans le cadre d’un projet international pour la définition d’un langage documentaire multilingue (MACS).

C’est un langage contrôlé, par opposition à un langage naturel, pour lequel des listes d’autorité sont construites et une syntaxe est définie. Des mises à jours régulières et fréquentes permettent d’ajouter de nouveaux termes suite aux propositions faites par les indexeurs.
C’est un langage encyclopédique, qui couvre tous les domaines de la connaissance.
C’est un langage unifié, c’est à dire qu’il peut s’appliquer à tous types de documents et dans tous types de bibliothèques.

Son objectif final est de permettre à l’usager d’accéder au document.

Les listes d’autorités sont interrogeables sur le site Internet de la BnF consacré à Rameau. Un guide d’indexation est disponible en ligne ou en version imprimée. Les mises à jour (hebdomadaires) font l’objet d’une publication dans le Journal Rameau (trimestriel). Des outils pédagogiques sont également disponibles en ligne sur le site Rameau.

C’est un langage structuré :
Au niveau terminologique ; traitement de la polysémie et de la synonymie.
Au niveau sémantique ; des relations hiérarchiques (Terme générique / terme spécifique) et d’association (proximité des concepts) sont établies.
Au niveau syntaxique ; des règles précises de syntaxe sont définies pour construire la vedette matière à partir d’une tête de vedette et d’une ou plusieurs subdivisions. Il existe des subdivisions de sujet (précise le concept abordé dans la tête de vedette), géographiques, chronologiques, et de forme (bibliographie, chronologie, etc.).
Le langage Rameau fait l’objet d’un catalogue de notices pour chaque terme, qui permet de préciser les termes associés, génériques ou spécifiques, les relations de synonymie et de polysémie, et de définir la place que peut occuper le terme ou expression dans la vedette finale ; tête de vedette uniquement, tête de vedette et subdivision, subdivision uniquement.