22 mai 2009
Prêt illimité et accès libre
A la Médiathèque Pierre Amalric (et ses annexes), l'emprunt des livres, revues, livres audio, jeux et partitions est gratuit, celui de CD audio et DVD coûte 15 € par an. Le nombre de livres, revues et partitions empruntables par un lecteur inscrit est ... illimité. La durée initiale du prêt est fixée à 4 semaines, mais, à la condition de ne pas faire l'objet d'une réservation par un autre lecteur, ce prêt peut être renouvelé pour une durée ... illimitée. Cette politique novatrice en matière de prêt s'accompagne toutefois, pour le lecteur distrait, d'une pratique de pénalités financières allant jusqu'à 10 € au delà d'un mois de retard dans le retour du document et au remboursement du document avec pénalité au delà de 3 mois.
L'article du BBF ne précise pas si le nombre de retard est resté stable ou a évolué, à la hausse ou à la baisse ? Autrement dit, les lecteurs ont ils joué le jeu de ces nouvelles règles ? Les constatations sur la sortie des documents sont encourageantes, avec 22% des collections en accès libre sorties contre 15% précédemment. Les réservations de documents ont quand à elle augmenté de 77%, ce qui tendrait à montrer que les lecteurs ont bien assimilé cette nouvelle pratique.
Cette expérimentation me fait me poser une question sur l'accès au document. Une étude existe-t-elle (est-ce seulement réalisable ?...) sur le mode d'accès au document, autrement dit, le lecteur emprunte-t-il un document parce qu'il l'a trouvé (et donc cherché) dans les rayons de la bibliothèque, ou suite à son interrogation du catalogue ? Si l'on ne peut que se féliciter de l'augmentation des emprunts de documents, qu'en est-il de cet accès libre, accès à part entière au document, accès qui est à l'origine de la configuration de nos médiathèques modernes ? Les "fantômes" jouent-ils leur rôle ici ? Si la réservation à partir du catalogue d'un document sorti est aisée dans la plupart des OPAC, les lecteurs qui ne trouvent pas le document qu'ils souhaitent dans les rayons vont-ils ensuite sur le catalogue pour le réserver ? Ou n'en concluent-ils pas tout simplement que ce document n'est pas à la bibliothèque, puisqu'il n'est pas en rayon...
L'accès libre et direct au document, au même titre que l'accès par le catalogue, traduit l'état de nos collections pour le lecteur ; quelle "re-médiation" peut être mise en place pour inciter le lecteur à préférer l'interrogation du catalogue, qui lui donnera accès à l'intégralité des collections, sorties ou non, et à la réservation le cas échéant. Et qu'en est-il de l'usage sur place, sans inscription ?
Qu'on ne s'y trompe pas, l'objectif du bibliothécaire est bien à mes yeux de voir le plus de documents possibles hors des rayonnages, entre les mains des lecteurs. Mais il est aussi d'informer le lecteur, inscrit ou non, sur la totalité des collections... Cette re-médiation passe sans doute par une plus grande communication sur les réservations, des fantômes plus "parlant" (photocopie de la couverture avec un message sur la réservation par exemple ?), une incitation plus grande à l'utilisation du catalogue... Car la seule sortie illimitée des documents n'est pas un objectif en soi, c'est bien leur circulation qui garantit une diffusion auprès d'un large public de lecteurs.
Pratique à suivre dans tous les cas...
19/06/09 : Et pour aller plus loin dans le débat, on pourra lire ce billet et ses nombreux commentaires sur le blog de Bibliobsession 2.0.
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6 avril 2009
Automazic

J'ai emprunté pour illustrer un billet du mois dernier sur la musique numérisée en bibliothèque la photo d'une borne Automazic. Je reviens sur le sujet parce qu'à l'heure des débats sur le piratage des œuvres, l'initiative mérite d'être soulignée.
Cette borne permet à l'usager d'écouter en toute légalité des œuvres musicales libres de droit, de les télécharger, ou encore de contribuer au catalogue en y déposant lui même ses propres productions. Je n'ai aucune idée du succès rencontré (ou non) par ces bornes dans nos bibliothèques, mais à mon avis, elles y ont toute leur place, comme semble-t-il à Toulouse, Gradignan ou Belfort.
Le site d'Automazic
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Bibliothèque, insertion, formation...
Les différentes interventions sont toutes allées dans le même sens, à savoir qu'il était urgent, pour les élus notamment, de dépasser l'opposition entre la mission culturelle et la mission sociale de nos établissements. Lorsque les bibliothèques territoriales en particulier visent à toucher un public aussi large que possible, pourquoi s'étonner que l'offre proposée tienne compte des spécificités d'un pourcentage tristement important de ces citoyens.
Les intervenants de cette table ronde ont souligné l'intérêt que représentait cette nouvelle offre pour les usagers concernés ; la bibliothèque comme lieu de convivialité et de sociabilité, pouvant agir comme un frein à l'exclusion. Les actions possibles concernent bien sûr les collections, avec le développement de fonds spécifiques, la mise à disposition de postes multimédia et d'accès à Internet, la formation à la recherche d'information dans le domaine de l'insertion et de l'orientation, mais aussi à l'utilisation de logiciels pour construire ses outils de recherche d'emploi (CV, lettres...), enfin la mise à disposition de ressources d'auto-apprentissage, pour aider l'usager à développer les compétences que le marché du travail lui réclame.
Loin d'être opposées, les missions culturelles et sociales sont à mes yeux complémentaires. Sans aller jusqu'à dire que la mise en place de services spécifiques au public en insertion pourrait n'être qu'un prétexte, je suis certain que ceux-ci pourraient permettre à des usagers jusque là absents de nos bibliothèques de développer, par leur intermédiaire, un usage plus traditionnel de la bibliothèque, et profiter des autres ressources, culturelles celles-là.
A lire absolument le BBF N° 2 "Bibliothèque, formation, insertion". Et, accessoirement, mesdames et messieurs les recruteurs, mon CV...
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9 mars 2009
Salon du livre 2009

Une table ronde de l'ENSSIB et du BBF, dont s'est déjà fait l'écho le blog "Bibliothèque = Public", portera lundi 16 mars sur le thème suivant ;
"Les bibliothèques actrices de la citoyenneté : leur rôle dans l’intégration, la formation et l’insertion".
J'ai déjà abordé ce sujet, qui m'est cher, dans deux précédents billets, l'un présentant 3 exemples de fonds thématiques sur l'emploi et la formation, l'autre portant sur la création d'une sitothèque pour l'emploi. Pour les compléter, voici quelques exemples supplémentaires de réalisations dans ce domaine ;
A la Médiathèque Boris Vian de Chevilly-Larue dans le Val de Marne, un service "emploi-formation" présenté dans cette plaquette.
A Rilleux la Pape, (Rhône), une bibliographie à disposition des usagers.
A la Bibliothèque Départementale d'Ille et Vilaine BDIV, une sitothèque en ligne ainsi qu'un fonds prêté aux bibliothèques adhérentes, comme à Saint Nicolas de Redon par exemple.
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Musique numérisée par la bibliothèque

Je découvre en consultant la documentation du logiciel OPSYS Aloès une fonctionnalité vraiment intéressante : la discothèque numérique avec le module "Polyphonie". La médiathèque numérise son fonds de CD audio, et les usagers peuvent les écouter sur place à partir des postes informatiques ou de bornes audio.
Dans le numéro 53 d'avril 2004 de sa lettre d'information, Opsys précise que cette mise à disposition des ressources musicales a fait l'objet d'un accord avec la SACEM, et il semble que cela fonctionne, comme à la médiathèque de Béziers, qui présente ce service d'écoute sur place sur son portail. Ça date de 2004, année de référence pour le débat sur la loi DADVSI... D'après le site de l'ACIM, "la loi DADVSI permet la numérisation du fonds à des fins d’archivage local et la diffusion sur postes d’écoute individuelle, en l’occurrence les bornes tactiles."
Oui mais... Qu'en est-il des DRM et des protections contre la copie dont sont équipés une majorité de CD audio ? Je crois avoir lu quelque part qu'une adaptation de l'interdiction de lever les mesures techniques de protection était prévue ; il était question qu'une autorité de régulation interviendrait pour lever cette protection... Je ne sais pas très bien ce qu'il en est aujourd'hui, mais je déduis des expériences menées à Bézier, Biarritz, Antibes, Sarreguemines, etc. que le problème est réglé (?)...
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1 février 2009
Bibliothèque et auto-formation
Il existe pourtant des exemples réussis un peu partout en France - l'espace auto-formation de la BPI à Paris ou de la Bibliothèque des Sciences et de l'Industrie à La Villette - mais aussi des initiatives régionales très abouties ;
- le pôle multimédia et auto-formation de la médiathèque de Saint Jacques de la Lande,
- l'espace d'auto-formation multimédia des bibliothèques de Toulouse,
- le pôle ressources formation et auto-formation de la bibliothèque Espinassous de Charenton Le Pont,
- le portail « S@voirs » des bibliothèques de Brest
Avant de se lancer dans un projet de mise à disposition de nos usagers de ressources d'auto-formation, il me semble intéressant de préciser les contours de cette notion. Les « produits » d'auto-formation, qu'ils soient disponibles dans le commerce ou sur Internet, gratuitement ou non, sont d'une efficacité et d'une qualité très variables, c'est le moins qu'on puisse dire... Existe-t-il une personne qui soit allée au terme de sa méthode de langue ASSIMIL ? Je n'en suis pas en tous cas... Les produits vendus se contentent parfois de multiplier les supports médias de formation (audio, vidéo, texte, liens sur le net, bases d'exercices interactifs, ...) - de soigner la forme donc – en attachant parfois au contenu et surtout à son organisation moins d'importance... Or dans auto-formation, il y a formation, terme dont découlent des notions très concrètes que sont l'ingénierie pédagogique, la progression de l'apprenant, les objectifs, les évaluations formatives et sommatives, ... Il ne suffit pas de proposer à l'apprenant le contenu (même sous des formes attrayantes et ludiques), le formateur, absent de fait dans ces supports d'apprentissage, doit être « remplacé » par le caractère pédagogique du document.
Quel rôle peut donc avoir le bibliothécaire dans un service (ou pôle, espace, point, carré...) d'auto-formation proposé par une bibliothèque à ses usagers ?
Pou tenter de répondre à cette question, je reprendrais l'excellente présentation de l'auto-formation par Philippe Carré de l'Université Paris X dans cette vidéo.
En passant par quelques unes des « planètes » de la « galaxie » auto-formation telles qu'explicitées par Philippe Carré, j'entre-aperçois un début de commencement de définition du rôle de la bibliothèque et de son équipe dans la mise en place de ce service.
L'auto-formation place l'apprenant en dehors de tout contexte éducatif, en dehors du centre de formation, de l'école ou de l'université. La bibliothèque ne peut pas se substituer à ce lieu, elle peut toutefois en proposer quelques caractéristiques, par exemple par la mise à disposition d'usuels aux apprenants ; la localisation de cet espace d'auto-formation doit à mon avis tenir compte de l'accès à ces ouvrages de référence, mais aussi de l'ergonomie du poste d'auto-formation ; un meuble bureautique en soit ne suffit pas ; il faut pouvoir prendre des notes ailleurs que sur ses genoux, feuilleter la revue ou l'ouvrage complémentaire, et même si la solution du tout informatique (le dictionnaire en ligne, l'agrégateur de presse, le bloc note personnel de l'usager sur le serveur de la médiathèque) existe, elle n'est pas forcément accessible aux bibliothèques les plus modestes, et ne répond pas toujours à la pratique d'apprentissage de l'usager, qui peut encore posséder un stylo et un bloc-note papier (oui, même en 2009 !)... Imaginer l'espace d'auto-formation comme une annexe de la bibliothèque, un local isolé du reste des collections réduit les chances de réussite de cet espace ; ce n'est que s'il est totalement intégré dans la bibliothèque, s'il utilise la bibliothèque comme contexte facilitant que ses objectifs pourront être atteints.
Cet isolement de facto de l'auto-apprenant doit aussi être pallié par la présence et la disponibilité du bibliothécaire, non comme formateur, mais comme médiateur de l'outil d'apprentissage ; l'utilisation d'un tutoriel en ligne d'initiation à l'informatique sous-entend un minimum de compétences informatiques, celles-là justement que l'on souhaite acquérir ; le bibliothécaire peut/doit intervenir dans l'appropriation de l'outil d'apprentissage, pour, une fois encore, rompre la « solitude » de l'apprenant. Il intervient alors dans ce que Philippe Carré appelle le développement des stratégies d'apprentissage, la dimension cognitive.
Toujours dans cet esprit, et même si l'on s'éloigne dans ce cas de l'auto-formation à proprement parler, les ressources d'auto-formation peuvent être mises à disposition des formateurs eux-mêmes ; les multiples expériences menées avec les APP (ateliers pédagogiques personnalisés), les AFB/RSB (ateliers de formation de base / ré-apprentissage des savoirs de base), ou encore les dispositifs de l'ACSE pour l'apprentissage du FLE, ont montré que la bibliothèque avait pleinement son rôle dans le développement de partenariat avec des acteurs de la formation et dans la mise à disposition de ces partenaires de ressources pédagogiques et de lieux d'apprentissage.
L'espace d'auto-formation et la bibliothèque ne sont pas des offres parallèles mais complémentaires ; l'apprenant qui vient à la bibliothèque sur le conseil de son formateur pour utiliser telle ressource dans le cadre de sa remise à niveau en français va évoluer dans la bibliothèque, traverser tous ses espaces, côtoyer les collections ; voici un usager de plus. L'usager traditionnel, qui passe tous les samedi pour rendre et emprunter un DVD et 2 livres va observer les utilisateurs de l'espace auto-formation, il va lire les affiches et brochures qui le présentent et en font la promotion ; il a alors la possibilité de s'engager dans un nouvel usage de sa bibliothèque.
Pour finir dans cette tentative de définition du rôle du bibliothécaire dans la mise à disposition de ressources d'auto-formation, je parlerai d'une mission ô combien familière... le choix, la sélection des documents. J'aurais même pu commencer par là ! C'est bien là l'un des axes centraux du métier, celui de constituer un fonds, une collection, qu'il s'agisse de livres, de DVD, de revues, ou ici de produits d'auto-formation. Or si cette tâche n'est pas simple pour les collections traditionnelles de la bibliothèque, elle ne l'est certainement pas plus pour ces documents. Je cherche aujourd'hui à construire une offre d'auto-formation gratuite sur Internet ; les ressources sont innombrables, de professeurs en activité ou à la retraite qui y vont de leur page personnelle ou de leur blog pour mettre en ligne leurs cours, aux institutions comme Médiadix bien sûr, mais également le portail Télé-formation et savoirs (TFS) de l'AFPA, le Canal U, vidéothèque numérique de l'enseignement supérieur... L'offre est morcelée, diffuse, mal définie, et le travail de sélection est d'autant plus ardu.
Les critères de choix ici devront porter à la fois sur le contenu, la forme et la pédagogie des outils. Sur le contenu, comme on le lit souvent dés que l'on parle d'Internet, celui-ci varie considérablement en qualité ; s'attacher à l'origine de ce contenu, la connaissance des auteurs de la ressource, leur compétence pédagogique peut être un premier filtre. Sur la forme, l'ergonomie du site Internet et la qualité de la navigation seront des éléments à prendre en compte également, pour que l'usager ne soit pas tenu de suivre une formation à l'outil lui servant à se former... Sur la pédagogie, la hiérarchisation des apprentissages, leurs décompositions en objectifs précis, mesurables par des évaluations de qualité seront bien sûr des caractéristiques à privilégier. Le suivi individuel de l'apprentissage est impératif pour que l'apprenant puisse se situer dans sa progression ; un site où l'on créé son compte, où l'on accède à l'historique des cours suivis, où l'on se positionne au préalable (évaluation diagnostique) puis au fur et à mesure des apprentissages (évaluation formative) puis au terme de l'apprentissage (évaluation sommative) a toutes les chances d'être un site « sérieux » ; Télé-formation et Savoirs de l'AFPA en est l'exemple (ou peut-être même le modèle !).
Je conseille la lecture régulière du blog « Websitothèque : ressources numériques d'auto-formation » et de ces prédécesseurs ici et là qui assurent une veille exemplaire et très complète de ce qui se fait de mieux (ou pas...) en matière d'auto-formation (gratuite) en ligne.
Je renvoie également au site des P@T, Points d'accès à la téléformation, implantés un peu partout en France, nés de partenariats entre AFPA, Greta, CNAM, APP... et que des bibliothèques peuvent accueillir (exemple de Locminé dans le Morbihan qui accueille 4 postes P@T).
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26 janvier 2009
Blogs en (petite) bibliothèque

Au fil de mes navigations sur Internet, je découvre de plus en plus de blogs de bibliothèques. Je ne parle pas ici de blogs de bibliothécaires publiant sur divers aspects de leur profession, mais de blogs à destination des usagers de bibliothèques.
Quel objectif peut-on donner à ces blogs, quel intérêt représentent-ils pour les bibliothécaires, pour les usagers ? Quels contenus peuvent ils proposer ?
Quelques exemples tout d'abord, volontairement choisis dans de petites structures, à l'exception du premier ;
Everitouthèque, le blog de la Médiathèque de Romans, dans la Drôme.
Ce blog, dynamique (une quinzaine d'articles par mois en moyenne), traite à la fois des actualités de la médiathèque (rubriques Agenda, Actualités), d'expositions virtuelles, de livres ou CD acquis par la médiathèque. Les commentaires ne sont certes pas aussi nombreux que les articles, mais font souvent l'objet de réponses de la part de l'équipe. Les billets sur les livres ou CD renvoient à d'autres ressources sur Internet ; la vidéo d'une interview sur YouTube, un album à écouter sur Deezer, ... Les actualités traitent d'actions conduites par la médiathèque, par exemple de lectures à voix haute à l'hôpital, etc.
C'est donc à la fois un outil d'information, de communication, et d'échanges (par le biais des commentaires) avec les usagers.
Le "blogalivresdecarlepont", blog animé par des bénévoles d'une association Horizons Culture" dans la commune de Carlepont dans l'Oise (1369 habitants).
Blog très productif pour une commune si petite, avec une quinzaine d'articles par mois en moyenne. Les articles portent sur les coups de coeurs des bénévoles ou de lecteurs, en écho à une émission diffusée sur une radio locale. Les commentaires sont rares, le dernier date de septembre 2009 et on peut s'interroger sur l'audience, pourtant méritée, de ce blog.
"Petites chroniques d'une bibliothèque", blog de la bibliothèque de Messigny et Vantoux en Côte d'Or.
Là encore il s'agit d'un exemple réussi de ce qu'une petite structure (la commune compte 1387 habitant, la bibliothèque 310 inscrits) peut réaliser. Avec un ou deux articles par mois en moyenne, le blog propose la présentation d'ouvrages récemment acquis par la bibliothèque. Une catégorie "Chroniques" permet également aux bénévoles qui animent cette structure d'évoquer le classement des livres, le travail des bénévoles, le rôle de la BDP, etc...
Le blog du réseau des médiathèques de la Presqu'île de Rhuys
Avec un à deux articles par mois, le blog présente les activités des médiathèques du réseau. Pas de rubrique dernières acquisitions ici, ni de coup de coeur du bibliothécaire, il s'agit plus d'un agenda que d'un blog. Il n'est d'ailleurs pas possible de déposer un commentaire... C'est donc plus d'une page d'informations que d'un blog qu'il s'agit ici.
Le blog de la Médiathèque de Plélan Le Grand en Ille et Vilaine.
Encore une petite structure, qui fait part sur son blog principalement de l'actualité de la médiathèque (très dynamique en matière d'expositions semble-t-il), sur la venue d'écrivains, sur le passage du bibliobus, sur l'actualité littéraire. Avec 2 à 3 articles par mois, pas de commentaires d'usagers, le blog n'en reste pas moins une vitrine intéressante sur l'activité de cette médiathèque d'une commune de 3300 habitants.
Blog Coup de coeurs des lecteurs de la Bibliothèque Municipale de Chirens, dans l'Isère.
C'est à mon avis l'idée qui devrait motiver la mise en ligne d'un blog ; donner la parole aux usagers. La bibliothèque de Chirens (1889 habitants) a mis en place ce blog à l'été 2007 et avait à l'origine pour objectif de publier les email d'usagers sur leurs coups de cœur. A quelques exceptions prêtes, il semble que ce soit le bibliothécaire qui assure la rédaction des billets, faute sans doute de contributions. Pourtant, la possibilité offerte par Blogger d'envoi d'emails qui sont reçus directement dans la liste de messages du blog, que l'auteur peut ensuite valider avant publication, répond bien à cet objectif très contributif (donc très Web 2.0) du blog.
Ces navigations suscitent plusieurs réflexions ; d'abord que l'information descendante ne devrait pas être l'objectif premier d'un blog. Je pense en effet qu'une page Internet, celle de la bibliothèque par exemple, est plus appropriée pour présenter ses actualités ou son agenda. Des renvois du blog vers cette page d'actualités sont toujours possibles. L'information descendante ne permet pas ou peu l'interactivité. L'intérêt du blog à mes yeux est qu'il peut devenir un lieu d'échanges entre la bibliothèque et ses usagers ; quel meilleur terreau d'échanges que le point de vue, le coup de cœur, l'opinion... L'annonce de telle conférence ou l'information sur les nouveaux horaires d'ouverture n'appelle pas le débat...
Ensuite, que l'aspect contributif du blog doit être privilégié, et soutenu par une communication de tous les instants ! L'adresse du blog qui figure sur la carte de l'emprunteur, l'invitation à donner son avis sur la fiche de retour glissée dans le livre au moment de l'emprunt, une ou plusieurs affiches dans la bibliothèque, l'implication du club de lecteurs, mais aussi des partenaires (de l'école à la maison de retraite...). Et pourquoi pas une inscription gratuite à la bibliothèque pour le blogueur le plus prolixe ?...
Enfin que le blog peut facilement devenir une source documentaire à part entière, et que les renvois vers des sites Internet, des vidéos, de la musique en ligne, des pages d'auteurs, etc... confère au blog un usage supplémentaire d'information sur le fonds de la bibliothèque. Que ces liens soient proposés par les bibliothécaires, ou, mieux encore, par les usagers.
A lire sur le sujet ;
Enquête sur les blogs en bibliothèque
Typologie et usage des blogs en bibliothèque(s)
Un article sur le blog de la Bibliothèque apprivoisée
Et le blog Tutti Frouti, "Le portail des blogs de bibliothèques publiques qui parlent à leurs usagers" (Merci à Insula Dulcamara)
7 décembre 2008
Collections numérisées et catalogue
Une première remarque tout d'abord, il est difficile de repérer, à travers les notices au format "public" auxquelles j'ai accès, des règles de catalogage précises. Le support est d'abord lui même très peu normalisé ; pas de date systématique, pas toujours le nom de l'auteur de la prise de vue, une précision très variable des descriptions, etc. Ainsi, en comparant les notices des trois bibliothèques, force est de noter les nombreuses différences d'une notice à l'autre.
Il est à noter enfin que sur les OPAC des 3 médiathèques, ces documents ne sont pas intégrés au catalogue général mais font l'objet d'un accès et d'un écran de recherche distincts.
Fort de ces observations, j'ai d'abord cherché une solution d'hébergement pour les documents numérisés. Les choix des bibliothèques observées sont internes ; les documents numérisés sont stockés sur le serveur de la bibliothèque. Dans une configuration plus modeste que pour des médiathèques de grandes villes, plusieurs solutions sont possibles : l'hébergeur Internet de la municipalité ou de la bibliothèque s'ils sont différents peuvent être utilsés ; avec un simple utilitaire FTP, les images sont envoyées sur le Web, et accessibles à partir d'une URL propre à chaque document (ex http://bmvillex.free.fr/cpa0015.jpg). Une autre solution (celle que j'ai retenu) consiste à utiliser un site de partage d'images tels que Flickr. L'intérêt : visibilité de la bibliothèque sur le Net, accès avec URL propre possible, mais aussi à la collection complète mise en ligne. L'exemple le plus éloquent d'une telle pratique est la mise en ligne sur Flickr du fonds de photographies anciennes par la BM de Toulouse...
Une fois la solution d'hébergement décidée, le choix suivant porte sur l'intégration ou non de ces documents au catalogue général de la bibliothèque. Je trouve très intéressant qu'un usager qui s'intéresse à un sujet X puisse, en une recherche, obtenir directement les ouvrages, articles, documentaires, et images numérisées répondant à ses critères de recherche. Je retiens donc la saisie des notices dans la base de données générale de la bibliothèque, avec un traitement d'exemplaire comparable à celui que j'avais retenu pour les sites Internet ; un exemplaire physique, qui permet de rattacher le document à une section et à une cote, et un exemplaire numérique qui dans PMB permet sous la notice l'affichage d'un icône et d'un lien vers l'URL.
Dans la saisie de la notice, je dois me reporter à la norme FD Z 44-077 de catalogage des images fixes. Dans cette norme, que je n'ai pas lue mais dont j'ai trouvé une courte synthèse sur le site du Ministère de la Culture, c'est principalement la zone 5, celle de la collation, qui comporte des éléments propres aux images fixes. J'ai donc retenu pour mon catalogue la correspondance entre les informations liées à la description des cartes postales anciennes et la notice standard sous PMB.
La légende de la carte se retrouve dans le titre, le photographe ou le dessinateur dans les mentions de responsabilité, les séries dans les collections, etc... La description technique pour les CPA est assez simple, le principal procédé technique étant l'impression photomécanique. J'avoue tout de même que pour une partie des cartes cataloguées (cartes en papier très épais représentant des dessins), je ne suis pas très sûr du procédé d'impression... En terme d'indexation, il s'agit de décrire le contenu de la carte en utilisant le langage documentaire du reste des collections (ici Rameau). Le niveau d'indexation dépend comme pour tout autre document de la bibliothèque et de ses collections ; il ne s'agit pas de décrire précisément chaque sujet et chaque plan de la prise de vue, mais d'en dégager les grands thèmes. Pour une collection d'images locales, je retiens également une indexation des noms de lieux précis représentés sur la carte, la légende n'étant pas toujours explicite. Pour la cote, j'ai pris le parti de créer un classement propre aux images numérisées ; CPA pour les cartes postales anciennes, GRV pour les gravures, PHO pour les photographies, etc.
Cela donne dans mon OPAC test ceci :
La recherche s'effectue par mots clés :
ou par "section" puis "étagère" :
Vue de l'image sur Flickr, après avoir cliqué sur le lien du document numérique :
Le lien vers mon Opac test est ici.
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5 décembre 2008
Extension des horaires d'ouverture
Débat houleux, parfois même violent, sur le Dlog de Dominique Lahary au sujet de l'extension des horaires d'ouverture des bibliothèques des grandes villes, et notamment de l'ouverture le dimanche.J'ai déjà exprimé dans ces pages mon avis, plutôt favorable, sur cette question. Je me félicite de la confidentialité de ce blog et de l'anonymat complet de ma modeste personne qui m'ont évité à ce jour des commentaires tels que ceux que je viens de lire en réponse au billet de Dominique Lahary...
Je cherche un emploi en bibliothèque depuis un mois maintenant, et si la compétence "accueil et information du public" figure systématiquement dans les offres que je consulte, je réalise que le "back office" ou les tâches "hors-public" sont très nombreuses...
Le traitement intellectuel des documents, le catalogage sont presque toujours des activités constitutives des postes, et je m'étonne de ne pas avoir vu une seule fois (sur une trentaine d'annonces lues à ce jour) une mention du téléchargement de notice. Mon travail actuel sur le catalogage me conduit pourtant à penser, au vu des différences nombreuses et systématiques entre les descriptions bibliographiques d'un même document selon les bibliothèques, que ce téléchargement de notices (gratuit à partir de BN Opale Plus si je ne me trompe) signifierait outre un gain considérable de temps, une avancée évidente dans la cohérence de nos catalogues... Le gain de temps libérant le bibliothècaire pour l'accueil du public, bien sûr, mais aussi pour les innombrables tâches, elles aussi en "back office", favorisant cet accueil (organisation d'événements, animation de partenariats, valorisation des collections, développement des services à distance...).
Sur le constat qualifié par un commentateur de "technocratique et culpabilisateur" du rapport Perrin sur la faible amplitude horaire d'ouverture des BU en France, le procédé qui consiste à mettre au même niveau la bibliothèque de Birmingham (2 300 000 habitants quand même !) avec une bibliothèque universitaire d'une ville comme Reims (184 000 habitants) par exemple est effectivement assez surprenant. Proportionnellement aux moyens et personnels mobilisés, les 61 heures d'ouverture de la section Droit-Lettres des bibliothèques universitaires de Reims constituent un exploit et une prouesse qui méritent d'être salués ! Par ailleurs, se souvenir qu'au Royaume Uni, les universités sont financées en grande partie par des fonds privés, qu'une année d'inscription coûte environ 4800 euros par année et par étudiant, ne me paraît pas anecdotique lorsque l'on fait des propositions aussi coûteuses que celles préconisées dans ce rapport. Ainsi, en comparant cette fois Reims et York (181 000 habitant - 78 heures d'ouverture pour la BU) peut on expliquer, au moins en partie, la différence de 17 heures d'ouverture hebdomadaires entre les deux bibliothèques universitaires de taille comparable cette fois, mais avec des financements bien différents ! Pour finir, il n'est peut être pas inutile de préciser qu'aucune loi anglaise n'oblige un employeur à payer plus un salarié travaillant le dimanche, et que, dans la pratique, les salaires proposés sont d'une fois et demi à deux fois le salaire d'un autre jour ou compensés par du repos supplémentaire. J'ai travaillé (il y a 20 ans...) en nocture (20h-22h) dans une bibliothèque universitaire Londonienne, et mon salaire était le même qu'en horaire de journée...
Pour les bibliothèques publiques, une extension des horaires ne peut concerner que les villes moyennes ou grandes, c'est une évidence. Il est dommage, comme le mentionnaient plusieurs commentateurs du billet de Dominique Lahary, que dans les horaires d'ouverture de nos bibliothèques ne soient pas comptabilisées les heures où, en dehors des ouvertures au "grand public", sont accueillis les scolaires ou les groupes en général. Ne pas comptabiliser ces activités comme de l'accueil de public, cela revient presque à remettre en cause les partenariats bibliothèques-écoles par exemple... Je ne suis pas personnellement favorable à l'ouverture le dimanche des magasins ; pour des raisons sans doute idéologiques ou politiques, c'est vrai. La consommation permanente n'est pas à mes yeux la valeur la plus essentielle à partager dans une société ; la curiosité, la connaissance, l'échange, la culture, en revanche...
Et c'est pour cela que je suis pour l'ouverture des bibliothèques le dimanche, quand les conditions sont réunies pour le permettre. De même que personne ne remet en cause dans le débat actuel l'ouverture de musées, de monuments historiques, de restaurants et cafés le dimanche, je pense que l'ouverture des bibliothèques viendrait compléter l'offre de "culture", de "loisirs" ou de "divertissement" que notre société peut (doit ?) proposer aux citoyens.
Les conditions pour ouvrir ? Difficile de les définir... Je reviens d'abord sur la notion de volontariat, toute relative j'en conviens dans un rapport entre employé et employeur. Je ne pense pas qu'ouvrir contre la volonté des agents ait un quelconque avenir... Recruter du personnel supplémentaire ? Oui, mais le former comment et à quoi ? Et puis, que mettre dans cette ouverture du dimanche ? Un commentateur parlait d'une obsession du contenant au détriment du contenu. Et si l'ouverture ponctuelle, évènementielle était un compromis à explorer. Cela se fait déjà dans de nombreuses villes. Et si c'était l'animation, l'exposition, le concert, la conférence qui déterminait l'ouverture le dimanche. Et si on partait du contenu pour définir le contenant le plus approprié ?... Enfin, quels sont les retours sur expérience ? Des bibliothèques françaises sont déjà ouvertes le dimanche ; quels sont les publics ce jour là, quel est le taux de fréquentation, le nombre de transactions, le type d'usages que l'on observe ? Ces informations sont essentielles pour nourrir la réflexion, me semble-t-il.
1 décembre 2008
Une sitothèque sur l'emploi
Je me suis en particulier attelé à développer une sitothèque dans ce domaine. En naviguant sur Internet, j'ai réalisé qu'un certain nombre des usuels incontournables pour un tel fonds que sont l'annuaire du Kompass, les classeurs du CIDJ ou le ROME, sont consultables intégralement ou en grande partie sur les sites des éditeurs. Cela ne signifie pas que les éditions papiers sont à bannir (même si leur coût plaide en faveur de cette option...) mais cela permet de repenser le service documentaire sur l'emploi et d'utiliser Internet comme support supplémentaire de l'information.
Ainsi ai-je imaginer un OPAC, comme cela se fait à la BPI, à partir duquel l'usager pourrait trouver des documents web en résultats à sa recherche, et accéder aux sites Internet directement du poste de consultation de la bibliothèque ou de son domicile.
J'ai donc commencé à chercher quelques informations sur le catalogage des sites Internet ; à part la traduction française de l'ISBD pour les ressources électroniques accessible sur le site de la BnF, je n'ai rien trouvé de bien construit dans ce domaine.
Je suis passé à la saisie sur PMB ; ce logiciel permet un traitement spécifique au niveau des exemplaires des ressources électroniques, le lien apparaissant au bas de la notice bibliographique dans l'OPAC. Seul problème avec cet exemplaire virtuel, il ne lui est attribué aucune cote, et il n'est attaché à aucune section ou rayon, ces notions étant dépendantes de celles d'exemplaires dans PMB. J'ai décidé de contourner ce problème en créant une nouvelle section que j'ai appelée INTERNET et qui s'ajoute à la section MUSIQUE, ADULTE, JEUNESSE, etc. Ensuite, j'ai utilisé un plan de classement inspiré de celui de la médiathèque de la Goutte d'Or. De cette façon, la recherche par rubrique est possible dans PMB ;
La plus grande difficulté à laquelle je fais face dans la construction de cette sitothèque, c'est la description "bibliographique" à proprement parler des ressources Internet. Les mentions d'auteur et d'éditeur sont souvent confuses, les titres sont multiples (sur la page d'accueil, dans la barre de titre, dans les mentions légales, etc.), quant aux dates de création ou de copyright du site, elles sont absentes dans de nombreux cas... Difficile de faire des choix motivés pour la rédaction de la notice. Par ailleurs, certains sites très généralistes comprennent des rubriques qui représentent à elles seules un contenu indépendant. C'est le cas par exemple du Répertoire Opérationnel des Métiers et des Emplois, qui est consultable dans une rubrique du site ANPE.FR. J'ai fait le choix ici de traiter cette ressource distinctement du site général, qui fait lui aussi partie de la sitothèque.
Ci-dessous un exemple de notice ;
Le lien vers mon OPAC test est ici.
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21 novembre 2008
Orientation et emploi en bibliothèque publique
Ma première réflexion portait sur l'importance de ne pas exclure ces publics une nouvelle fois ; ne pas proposer des services « réservés » aux demandeurs d'emploi, ou pas uniquement en tous cas, pour ne pas reproduire le schéma d'une société qui met facilement à la marge ceux et celles qui ne sont pas intégrés de façon active au marché du travail... Accès facilité et communication ciblée m'ont d'abord semblé être deux leviers d'action intéressants : inscription gratuite, quelque soit le revenu du demandeur d'emploi, et communication systématique sur l'agenda de la bibliothèque, pas seulement sur des actions spécifiques à ce public, une sorte de discrimination positive de la communication, dans le but d'intégrer ce public « exclu » à la vie de la bibliothèque.
La piste que j'ai donc voulu explorer cette fois consiste en une offre documentaire alternative sur l'orientation professionnelle et la recherche d'emploi. Il s'agit ici de compléter, en évitant toute redondance, l'offre documentaire d'institutions telles que l'ANPE ou les CIO par exemple, et de permettre le double usage de la bibliothèque ; le demandeur d'emploi qui vient à la bibliothèque pour y emprunter des romans ou des cd audio trouvera dans cette offre une raison et une utilité supplémentaire à son inscription. Le demandeur d'emploi qui ne fréquente pas la bibliothèque pourra, en s'y rendant pour utiliser cette offre, avoir accès à toutes les collections, et ainsi développer un usage complet de nos services.
Il s'agit aussi de proposer un service de proximité dans le domaine : Si j'en juge par la situation des ANPE et du CIO dans mon département, leurs implantations sont concentrées sur le centre ville, privant les quartiers, pourtant particulièrement concernés, de services publics dans ce domaine. Sans avoir l'ambition, vaine, de combler entièrement ce manque, l'annexe de quartier ou la bibliothèque d'une communauté de communes rurales peut à mon avis jouer un rôle documentaire essentiel pour les populations mal desservies par les services publics de l'emploi et de l'orientation.
Avant d'entrer dans le détail de l'offre documentaire à mettre en place, il s'agira pour la bibliothèque de s'appuyer sur un partenariat fort ; connaître les institutionnels de l'emploi et de l'orientation, ainsi que l'offre documentaire qu'ils proposent, mais aussi pour, une fois le service mis en place, communiquer grâce à ces partenaires auprès des publics concernés.
J'ai visité trois sites de la capitale : la Cité des Métiers à La Villette, l'espace vie pratique et emploi de la BPI, et la médiathèque de la Goutte d'Or, dans le 18è arrondissement.
La Cité des Métiers n'est pas seulement un lieu documentaire, c'est avant tout un service de conseil dans le domaine de l'orientation professionnelle et de la recherche d'emploi, service qui s'appuie sur un fonds documentaire effectivement très fourni mais aussi sur la présence de professionnels dans ces domaines. Ce fonds est en lui même intéressant, car il opère des choix dans une offre éditoriale parfois confuse, par toujours pertinente (en ce qui concerne les aides à la rédaction de CV ou de lettres par exemple). Les éditions Studyrama, L'étudiant, Eyrolles, Hachette, Larousse y sont très présentes et ces choix de documentalistes spécialisés et « experts » du domaine sont à garder à l'esprit lors de la constitution d'un fonds pour une bibliothèque publique. Le plan de classement reprend 4 grands domaines, que j'ai retrouvé plus ou moins ensuite, à savoir ; la création d'entreprise (MFC), l'orientation professionnelle (MFO), la formation (MFF) et la recherche d'emploi (MFP).Avec 20 postes multimédias thématiques, 5 bornes de consultation du catalogue, 2 postes informatique pour la rédaction de CV, l'outil informatique est clairement privilégié, et les ressources proposées sont de vrais outils professionnels, la sélection des documentalistes est la encore très visible. Un bémol sur le choix des postes thématiques ; chaque poste est donc dédié à un thème ; fiches métiers du CIDJ, jeux d'orientation, concours, VAE, etc. Ainsi, en consultant les fiches métiers du CIDJ, les liens externes disponibles sur chaque fiche ne sont pas consultables... Le renvoi d'une fiche CIDJ vers une vidéo métier CIDJ n'est pas accessible, il faut pour la visionner changer de poste...
Le personnel présent intervient peu (durant ma visite en tout cas) dans l'aide à la recherche documentaire ; le personnel d'accueil, à l'entrée de l'espace, oriente vers des conseillers plutôt que vers les ressources documentaires à proprement parler. J'imagine que ce sont les conseillers qui font ensuite le lien avec le fonds documentaire. Une salle multimédia équipée d'une dizaine de postes informatiques sert à des animations spécifiques, auxquelles peuvent s'inscrire les usagers.
L'espace vie pratique de la BPI est situé à l'entrée de la bibliothèque. Elle comprend un espace sur la vie pratique (démarches administratives, santé, famille, logement, loisirs, etc.) et un espace sur l'orientation professionnelle et la recherche d'emploi. Un guide sur cet espace – « Une information sur... La recherche d'emploi » - est disponible sur le site de la BPI et sur les présentoirs des bureaux d'information. Le fonds, plus réduit qu'à la Cité des Métiers, reste conséquent, et l'on y retrouve les éditons spécialisées mentionnées plus haut. Le plan de classement est simple, et reprend les thématiques orientation (EMP A), recherche d'emploi (EMP B), la formation continue (EMP C). La création d'entreprise est une sous section de la classe recherche d'emploi (EMP B5).Les usuels sont ceux déjà rencontrés à la Cité des Métiers ; le Répertoire Officiels des Métiers et des Emplois (ROME), les fiches du CIDJ (les classeurs sont remplacés ici par une version reliée par les services de la BPI, ce qui doit être assez problématique pour y intégrer les mises à jour régulières de ce document, mais qui évite les fiches déclassées ou (en)volées... Autre usuel présent, l'annuaire des entreprises KOMPASS. Le CIDJ et le KOMPASS sont également accessibles dans leur version Internet, sur réservation, sur les postes multimédia de la BPI. Les CD-Rom sont eux consultables sur réservation également, à l'espace auto-formation au 2ème niveau.
Un meuble spécifique propose l'intégralité (?) de la collection de référence de l'ONISEP. Des périodiques sont également consultables, parmi lesquels ; l'Etudiant, l'Express réussir, le Parisien économie, le Figaro réussir, Recrut.com, Rebondir, le Marché du travail...
La bibliothèque de la Goutte d'Or dans le 18ème, située au cœur d'un quartier populaire de la capitale, m'est apparue comme un équipement particulièrement intéressant. La médiathèque est situé dans une voie passagère, à deux pas du marché, face à un centre culturel musical, dans un bâtiment récent aux larges baies vitrées, qui permettent de la rue, d'apercevoir les 3 ou 4 niveaux de rayonnage de la bibliothèque. Elle est au cœur de la vie du quartier. Le fonds « INFODOR » est situé au deuxième niveau ; INFODOR pour : information documentaire sur l'orientation, la formation professionnelle et la recherche d'emploi. Le fonds est distingué du reste des collections sur des étagères qui lui sont propres ; on ne peut pourtant pas véritablement parler d'un espace spécifique, faute de place j'imagine. Deux postes informatiques avec accès à Internet jouxtent les étagères, bien que n'étant pas a priori dédiés à cet espace.Le fonds est ici riche de 1300 documents, consultables sur place ou empruntables, sauf quelques usuels (CIDJ, ROME, guide Fabert de l'orientaion et de la formation). Il n'est fait mention nulle part de ressources électroniques, mais quelques ouvrages contiennent des CD-ROM. Le site des bibliothèques de la ville de Paris ne permet pas un accès spécifique au catalogue d'une bibliothèque, encore moins au fonds INFODOR. C'est dommage, et je pense qu'une page dédiée, outre les services « externes » qu'elle pourrait proposer, permettrait aussi de faire connaître ce fonds, unique je crois dans les bibliothèques parisiennes.
Le plan de classement retenu est particulièrement pertinent ; on y retrouvent les grands thèmes formation, métiers, concours, emploi, création d'entreprise. Les thèmes métiers et concours sont découpés en 9 grands secteurs d'activités ; nature, arts, commerce et services, enseignement et animation, droit et économie, communication, santé et social, sciences et technologies, sécurité.
Les revues sont au nombre de 3 ; Rebondir, l'Etudiant, Phosphore.
INFODOR, malgré une relative confidentialité (la brochure de la BPI y fait tout de même référence), me paraît être un excellent exemple de ce qu'une bibliothèque publique peut proposer dans le domaine. Avec une table de consultation en plus, un portail Internet spécifique, on approcherait la perfection... (6/04/09 : lire ici l'article du BBF de mars 2009 sur Infodor)
Ces trois visites me confortent dans l'idée qu'un tel fonds, agrémenté d'une offre de service à distance (qu'il s'agisse de sortir de la bibliothèque, ou d'y accéder de l'extérieur), a sa place dans une bibliothèque territoriale, pour peu que son objectif soit précisément défini. Proposer aux usagers une documentation actualisée sur l'orientation et l'emploi, en complément des offres existantes. S'appuyer sur un partenariat étroit avec les institutionnels (ANPE, CIO, mission locale ou PAIO), mais aussi tous les intervenants locaux dans l'insertion professionnelle ; centres de formation, associations, dispositifs départementaux d'accompagnement des bénéficiaires du RMI, services emploi de la ville s'il en existe. Intégrer, par l'intermédiaire de ce service, des publics exclus du monde du travail à la vie de la bibliothèque, dans sa globalité.
C'est la plus évidente illustration pour moi du rôle social de la bibliothèque publique, c'est un moyen efficace et concret de rencontrer des publics éloignés « socialement » de nos services.
Et ce serait pour moi un projet passionnant à développer avec mon futur employeur...
15 septembre 2008
Espaces et usagers
Editorial du BBF 2008 N°04Le théâtre du savoir, Yves Alix
En partant d'une définition très traditionnelle de la bibliothèque, "des collections documentaires conservées dans des espaces", Yves Alix introduit la notion de visibilité de ces collections, qui se décline à travers non seulement les différents types de bibliothèques, mais aussi les modes d'accès, de communication aux documents. Dans la mission ainsi définie de "rendre visible", l'espace joue un rôle déterminant et à l'heure de l'augmentation de la fréquentation des bibliothèques publiques, et de leur place dans la ville, il questionne cette organisation de l'espace au regard non plus de la seule fin de conservation, mais de celle de la communication et de l'accès au plus grand nombre.
Il compare ainsi l'agencement des espaces à une représentation théâtrale où les collections sont mises en scène par les bibliothécaires pour un public d'usagers. Il écarte l'hypothèse d'une dématérialisation de la bibliothèque avec le développement des bibliothèques numériques, pour affirmer qu'aujourd'hui, un travail reste à faire sur l'organisation des espaces et l'agencement des collections pour en faciliter l'accès. Il suggère que la bibliothèque s'inspire d'autres lieux culturels comme la librairie, les archives, les musées, les centres de documentation, pour utiliser certaines des méthodes appliquées dans ces lieux à la diffusion, la communication des œuvres ou documents.
Il conclut en réaffirmant le rôle du bibliothécaire dans ce travail, celui d'un "passeur".
Il est indéniable que les dernières décennies ont vu les missions des bibliothèques changer de perspective, pour, sans bien sûr abandonner le point de vue des collections, orienter ses missions autour d'un objectif majeur : l'accès au public. De guichets incontournables pour accéder à un document, on est passé aux larges espaces d'accès libre et direct dans les bibliothèques publiques. Dans les nouvelles médiathèques, l'architecture s'est mis au service de la communication, la circulation dans les collections, la consultation des documents, la valorisation des œuvres. Aux tables et chaises d'études, on a ajouté fauteuils et tables basses, espaces d'écoutes, de lecture de la presse, de visionnage de vidéos... En facilitant l'accès et la consultation, ce sont bien les collections que l'on a mises en valeur ; on a ainsi permis cette interaction dont parle Yves Alix entre les usagers et les documents ; on ne peut imaginer une collection musicale sans postes d'écoute, une salle d'usuels sans les tables d'étude à proximité immédiate. On trouve de plus en plus de postes de visionnage pour accompagner les collections grandissantes de DVD dans nos médiathèques.
Les exemples extérieurs, observés chez nos partenaires ont déjà été intégrés dans de nombreuses bibliothèques publiques ; les tables de livres des libraires se retrouvent dans nos rayons pour mettre par exemple en valeur les dernières acquisitions. Les campagnes de numérisation des documents les plus anciens, livres, mais aussi des fonds jusque là exclus d'une communication systématique du fait de leur forme tels que les photos anciennes, les estampes, les cartes postales anciennes sont accessibles sur des ordinateurs, à distance ou dans les locaux mêmes de la bibliothèques. Les expositions liées au patrimoine écrit se multiplient, s'inspirant ainsi d'un domaine jusque là réservé aux musées. Les animations, parmi lesquelles la lecture de contes pour les plus jeunes publics, ou encore l'organisation de concerts, empruntent leur démarche au théâtre et à la salle de spectaple.
Dans cette volonté affichée d'exploiter et organiser les espaces au service de la communication du savoir et de la culture, le métier de bibliothécaire s'est enrichi de multiples facettes, empruntées à d'autres métiers venus de ses partenaires culturels. Sa difficulté réside aujourd'hui dans l'espace qui lui est confié ; toutes les bibliothèques publiques ne sont pas des bâtiments flambant neufs et architecturalement "ambitieux", pensés et construits avec l'usage des collections comme point de vue essentiel.
3 mai 2008
Marketing et bibliothèques (suite)
Commencer par définir le marketing ; ne pas limiter le terme à la simple stratégie de communication. Marketing = un processus complet qui consiste à analyser les besoins du marché et à définir une offre susceptible de répondre à ces besoins, ou d'en susciter de nouveaux dans un contexte de concurrence.
Quelle concurrence pour les bibliothèques ?
• autres lieux d'information : non gratuits = librairies, club, VPC, grande distribution, loueur de DVD, ... Faut-il rappeler ici le partenariat qui existe avec les libraires notamment (Droit de prêt) ou avec des centrales d'achat tel que l'Atelier de Diffusion de l'audiovisuel ADAV qui pondère peut-être la virulence de cette concurrence. Exclure de fait les autres bibliothèques, qui sont des partenaires dans le cadre des réseaux qui existent sur un territoire donné.
• la télévision = divertissement mais aussi information, culture (?...). France 5 pour les documentaires, et une offre en progression exponentielle dés que l'on parle du câble et du satellite.
• Internet = 50% des foyers équipés, couverture nationale en ADSL très importante en France (grâce à l'effort des collectivités territoriales) - mentionner l'enquête du CREDOC, qui place la bibliothèque derrière Internet pour, par exemple, la recherche d'information dans le cadre de la scolarité des enfants, mais qui précise aussi que parmi les internautes interrogés, 45% fréquentent une bibliothèque ; les usages se côtoient donc...
• évoquer les Bibliothèques numériques de type NUMILOG, qui sont plus des partenaires que de véritables concurrents, de même que les sites du type Google livres, BnuE, Gallica...
Quelle analyse des besoins / du marché ?
• les statistiques "maison" : analyser les usages des inscrits grâce au SIGB. Attention cependant à ne pas définir une politique documentaire à partir des taux de rotation des documents !...
• L'enquête du CREDOC déjà citée, qui apporte un éclairage sur les publics usagers ou non de la bibliothèque. "Contextualiser" cette enquête auprès de ses propres usagers, en particulier auprès des non inscrits qui fréquentent la bibliothèque.
• L'enquête de la SOFRES sur les pratiques culturelles des Français, qui éclaire cette fois sur la sociologie de la lecture et de la culture en général.
• L'étude de la BPI intitulée Bibliothèques municipales et leurs publics (2001) s'est interessée aux usagers et aux non usagers.
• Peut on définir une "segmentation" du public :
- les inscrits (sorte de clients en or) qu'il faut fidéliser, en analysant leurs pratiques et leurs demandes et en en tenant compte dans la définition de l'offre.
- les usagers non inscrits ; 40% selon le CREDOC, c'est un public méconnu mais qui correspond à un "client potentiel"
- les non usagers ; ils ne viennent pas à la bibliothèque, on ne les connaît que si l'on connaît son territoire, la population de sa commune avec ses spécificités.
• s'intéresser au "négatif" de la population inscrite ; + de 40% ont un diplôme d'études supérieures, quid des publics non qualifiés, + de 50% appartiennent aux classes moyennes, quid des couches les moins favorisées de la population.
Quelle influence sur la politique de la bibliothèque ?
• Sur les collections ; dans le respect de l'exigence de qualité, de l'ambition culturelle, et en se préservant de tout élitisme ou de toute démagogie, une adaptation est possible ; exemple dans un bassin d'emploi très touché par le chômage, développement d'un fonds thématique sur l'emploi et les métiers "locaux". Citez ici l'exemple des kiosques du citoyen dans les ruches.
• Sur les animations ; celles qui permettent aux usagers inscrits ou non de faire de la fréquentation de la bibliothèque un comportement récurent et naturel ;
- clubs de lecture / musique / cinéma
- débats / rencontres d'écrivains ou artistes locaux
- Animations adaptées à la population ; dans un territoire à forte diversité culturelle, la bibliothèque interviendra pour favoriser les échanges inter culturels en mettant à l'honneur la production littéraire, musicale ou cinématographique de tel ou tel pays par exemple.
• Une proximité nécessaire ; importance d'aller vers le public non usager. Outre les actions pour les publics empêchés, la bibliothèque peut (doit) se déplacer sur son territoire, en s'aidant pour cela de partenariats nouveaux avec les éducateurs de rue ou les régies de quartier par exemple.
Conclure en disant que la bibliothèque dans une tour d'ivoire n'existe pas, et que l'approche marketing peut être une opportunité plutôt qu'une menace, pour peu que cette approche soit raisonnée, et respecte les missions premières des bibliothèques et l'exigence de qualité du service à rendre. Rappeler que l'offre créé la demande, et que la connaissance précise de la population à desservir vient appuyer la conception de l'offre, sans pour autant la contraindre.
Marketing et bibliothèques

"Le marketing est l'effort d'adaptation des organisations à des marchés concurrentiels, pour influencer en leur faveur le comportement de leurs publics, par une offre dont la valeur perçue est durablement supérieure à celle des concurrents" (Mercator, 8e édition, 2006).
Ici la notion de concurrence est très forte. En quoi la bibliothèque publique se trouvent-elle sur un marché concurrentiel ? Les études sur la lecture publiques peuvent nous éclairer sur ce sujet.
L’étude SOFRES de 2006 sur les pratiques culturelles des français classe ces pratiques par ordre d’importance ; ainsi, s’il on regarde plus précisément la lecture publique et par extension la pratique de la lecture en bibliothèque, l’étude la compare aux activité Télévision, musique, cinéma, Internet, Théâtre, comme autant de concurrents à la lecture publique : quand je regarde un film, je ne lis pas.
L’étude du CREDOC qui porte cette fois directement sur les bibliothèques publiques, compare comme sources d’information possibles la fréquentation d’une bibliothèque avec la navigation Internet, la fréquentation d’une librairie, d’un hypermarché, et la sollicitation du réseau relationnel. Là encore, voici une liste de concurrents possibles à la fréquentation de la bibliothèque.
La problématique de la bibliothèque serait alors la suivante : en quoi l’offre de mon établissement est elle plus intéressante, efficace, valorisante pour l’usager que celle de mes concurrents ? Les tendances du marché actuellement, toujours d’après l’enquête du CREDOC, indiquent qu’Internet est presque toujours le moyen d’accès à l’information préféré, devant, parfois loin devant, les bibliothèques.
Ou, s’il l’on réfléchit à la lecture plus généralement, en quoi est il plus intéressant de lire que d’écouter de la musique ou de visionner un film ?
On ne pourra pas véritablement parler de concurrence entre bibliothèques, puisque la politique dans ce domaine, tant nationale que locale, fixe comme règle de fonctionnement la complémentarité et la coopération et non la concurrence.
Cette approche concurrentielle ouvre quelques pistes ; une bibliothèque peut augmenter son offre de service à distance pour être plus présente sur Internet, et « gagner des parts de marchés » sur le WEB dans la recherche d’information, elle peut par des actions auprès des plus jeunes notamment, ou toute autre action telle que « lire en fête », promouvoir et dans une certaine mesure augmenter le réflexe lecture.
Les écarts de pratique très importants qui existent et l’inégalité de la concurrence (la télévision et l’accès Internet sont dans mon salon, la bibliothèque est au mieux dans ma ville) rendent toutefois les effets de ces actions de lutte « de front » contre ses concurrents directs relativement limités, et ne bouleversent pas, si l’on en croit les résultats de ces enquêtes, les grandes tendances du marché.
La définition de Kotler : « Le marketing est l'ensemble des techniques et études d'applications qui ont pour but de prévoir, constater, susciter, renouveler ou stimuler les besoins des consommateurs et adapter de manière continue l'appareil productif et commercial aux besoins ainsi déterminés. »
Ici, on part du besoin des usagers pour définir la production.
Une analyse, de plus en plus fine, des comportements des utilisateurs (fréquentation, documents empruntés, buts des visites, audience des services à distance, …) est déjà en place au sein des bibliothèques publiques, et fait partie intégrante des fonctionnalités des logiciels de gestion de bibliothèques. Cette analyse permet déjà de « prévoir et constater » la pratique de l’usager existant ; elle est plus limitée voire inexistante quand il s’agit d’analyser le non-usager, cible pourtant prioritaire. De cette analyse découle ensuite la mise en place d’actions spécifiques adaptées aux besoins qu’elle a fait ressortir et qui servent à « susciter, renouveler ou stimuler les besoins des consommateurs-usagers ». Les conférences, journées portes ouvertes, lecture publiques, expositions temporaires peuvent avoir, parmi d’autres objectifs, celui d’attirer de nouveaux publics, ou de fidéliser l’usager existant.
Un bémol essentiel doit être apporté ici. Une expérience menée en Allemagne dans une bibliothèque publique a fondé la politique d’acquisition sur une analyse fine des documents les plus souvent empruntés ; la collection de cette bibliothèque est populaire, elle répond véritablement aux demandes des usagers, mais elle s’appauvrit dans une offre qui, bien que plus confidentielle, est représentative de la création, et non de la consommation littéraire et culturelle.
Que dire si aujourd’hui, la bibliothèque devait systématiquement proposer dans ses périodiques les titres les plus populaires comme Voici, Télé7 jours, Femme actuelle ou France Dimanche, sous prétexte que leur tirage et donc leur audience, sont plus importants que le quotidien local ou le magazine à faible tirage que sont les Cahiers du Cinéma, La Tribune ou Arts Magazine.
La notion de demande et de besoin est à mettre en relation avec celle de mission de la bibliothèque publique. La conquête de nouveaux marchés ne peut se faire au détriment des missions de la bibliothèque publique ; le patrimoine, la diffusion du savoir et des connaissances, l’accès à la culture et à l’information, le respect de la diversité de la production culturelle d’une part, et de la diversité des courants de pensées et d’opinions d’autre part.
La démarche marketing doit ici être un compromis intelligent entre la satisfaction des besoins de l’usager d’une part, et la conduite et le succès des missions confiées à l’établissement d’autre part.
L’approche marketing d’une bibliothèque pourrait se fixer en outre un objectif supplémentaire : celui d’une offre qui créerait, susciterait la demande, par une connaissance pointue de son environnement, et en particulier la typologie de ses publics.
Les stratégies de l’offre obéissent à un certain nombre d’impératifs qui ne peuvent se résumer à une simple adaptation à des besoins identifiés, ce qui ne signifie pas qu’elles n’ont pas à les connaître.
Le marketing sociétal : technique permettant « l’analyse, la planification, la mise en oeuvre et le contrôle de programmes conçu pour créer, développer et maintenir un courant d’échange mutuellement satisfaisant avec les marchés visés, dans le but d’atteindre les objectifs d’une organisation. » (Kotler, 1969)