6 octobre 2008

Evaluation

Question posée : A quoi evalue-t-on l'activité d'une bibliothèque ?

L'évaluation quantitative :
Il va s'agir ici d'utiliser des indicateurs chiffrés pour rendre compte d'une part de l'activité, d'autre part de l'impact de celle-ci, en particulier sur les publics destinataires ;
  • le nombre d'inscrits, (en distinguant les nouveaux inscrits, voir en catégorisant ces inscrit par type d'abonnement, par âge, par CSP...),
  • le nombre de transactions de prêt et de retour,
  • nombre d'heures d'ouverture,
  • le nombre de documents acquis dans l'année, par secteur,
  • le nombre de visiteurs (il faut pour cela un système automatique à l'entrée de comptage),
  • le nombre de visiteurs à telle ou telle exposition, ou de participants à telle ou telle conférence,
  • le nombre de connexion au site Internet de la bibliothèque (et plus finement la visite de telle ou telle page du site),
  • les activités hors les murs,
  • ...

L'évaluation qualitative :
Il s'agit ici de mesurer la qualité des activités de la bibliothèque ;
  • enquêtes de satisfaction menée auprès des usagers et plus généralement des personnes fréquentant la bibliothèque,
  • articles de presse parus sur l'activité de la bibliothèque, qui témoignent de son rayonnement local,
  • partenariats menés, nouveaux et anciens, et actions sur lesquelles ils ont débouché,
  • bilan des actions (animations, expositions, présences sur des salons, etc) auxquelles la bibliothèque a participé,
  • ...

L'évaluation qualitative sera enrichie par une contextualisation de l'évaluation quantitative : dans le temps (évolution des indicateurs par année), mais aussi dans l'espace (comparaison avec les autres bibliothèques de même taille, ou des données moyennes dans le département, dans la région, en France...).

Bibliothèque rurale...


Une question posée à l'oral : Vous arrivez dans une bibliothèque rurale, que faites-vous pour intéresser les gens à la culture ?

Je commence par analyser mon environnement et l'existant de la structure dans laquelle j'arrive ; informations sur la population ; âge, taux de chômage, enfants scolarisés ? Existe-t-il sur place ou dans les environs des associations à caractère culturel, avec lesquelles des partenariats seront possibles, quel fonds propose aujourd'hui la structure, y-a-t-il une spécificité ? Quelle est l'activité culturelle actuelle de la commune ? Qui sont les usagers actuels de la bibliothèque ? Y-a-t-il une maison de retraite dans la commune ? De quelle intercommunalité fait partie la commune ?...

Ensuite, selon les résultats de ces analyses, je me rapproche de ma BDP, pour connaître les expositions qu'elle propose éventuellement. Je me rapproche de l'école pour connaître le partenariat existant ou le construire. Je travaille à la mise en place d'une heure du conte, le mercredi, pour les plus jeunes, en sollicitant éventuellement des parents bénévoles pour la lecture. Je propose la création d'un club de lecture avec, pour commencer, les usagers les plus réguliers. Je propose à la commune de communiquer, au sein de la publication municipale, sur les actualités de la bibliothèque. Si le taux de chômage est important, je réfléchis à la mise en place d'actions spécifiques, voir le développement d'un fonds sur la recherche d'emploi et les métiers. Je me rapproche des autres structures de lecture publique de mon intercommunalité pour connaître leurs spécificités et réfléchir à des actions communes. J'envisage le développement de services à distance, comme élargissement de l'offre de service et comme vitrine de la bibliothèque. Je réfléchis aussi à la valorisation du patrimoine communal ; exposition de cartes postales, gravures, cartes anciennes, exposition de photographies (concours à organiser ?), mise en valeur d'un éventuel fonds local, etc...

Communes

Elles sont 36783 en 2008, dont 36000 de moins de 10000 habitants.
Les communes telles que nous les connaissons aujourd'hui ont été créées à la Révolution, à partir des paroisses qui existaient alors. Chacune d'elle a été dotée à l'époque d'une assemblée de représentants du peuple et d'un maire chargé de géré la commune.

C'est une loi de 1884 qui pose les règles de fonctionnement des communes, en instituant notamment le suffrage universel pour l'élection des conseillers municipaux, et en dotant la commune, son assemblée et son maire de pouvoirs réels, contrôlés par l'Etat. La constitution de 1958 souligne la libre administration des collectivités territoriales, dans les domaines de compétences qui leurs sont propres (Art 72). Les lois Deferre viennent encore renforcer l'autonomie administrative et financière des communes et élargir leurs domaines de compétences.

Le conseil municipal est élu au suffrage universel direct tous les 6 ans, le maire est ensuite désigné par l'assemblée nouvellement élue. Le maire assume deux rôles ; celui du pouvoir exécutif de la commune, et celui du représentant de l'Etat à l'échelon communal pour des domaines réservés comme l'état civil ou l'organisation des élections.

Les compétences des communes sont les suivantes ; l'enseignement maternel et primaire, les services de proximité, l'urbanisme, la voirie, le patrimoine communal, la police municipale, le logement social... Les équipements d'une commune en matière culturelle sont facultatifs.

Régions

Elles sont 22 en métropole et 4 outre mer.
La création des régions en tant que collectivité territoriale est récente, puisqu'elle remonte aux lois Deferre de 1982. Avant cela, si le découpage des provinces de l'ancien Régime est conservé, c'est surtout géographiquement. Avant de devenir collectivité territoriale, la Région a d'abord été un outil de déconcentration des pouvoirs ; la création des Préfets de Région en 1964, mais surtout la loi de 1972 qui créé le Conseil Régional, alors composé des députés et sénateurs de la région et de délégués des conseils généraux et municipaux, en faisant ainsi une assemblée mixte entre élus nationaux et élus locaux. Ses attributions très réduites concernent alors l'aménagement et le développement du territoire régional, ainsi que l'exécution du plan décidé à Paris.

C'est avec la loi Deferre de 1982 puis celle de 1986 que la Région devient une collectivité territoriale à part entière. La Région est alors dotée d'une assemblée élue au suffrage universel (pour un mandat de 6 ans) assurant le pouvoir "législatif" et d'un Président du Conseil Régional, élue par les conseillers régionaux, qui incarne le pouvoir exécutif de la Région. Le Préfet de Région reste quant à lui le représentant de l'Etat dans la Région.

Ses domaines de compétences étaient limités en 1982 à la promotion du "développement économique et social, sanitaire, culturel et scientifique de son territoire". Par les lois de 1986 et plus récemment de 2004, les compétences spécifiques des Régions sont les suivantes ; Lycées, apprentissage, formation professionnelle, développement économique et social, emploi, transports, environnement.

Elles interviennent par ailleurs conjointement aux autres collectivités (départements et communes) sur des projets d'intérêt commun.

3 octobre 2008

Blogosphère et obligation de réserve


Grâce aux témoignages de candidats qui ont passé l'oral ces derniers jour, j'ai quelques "clés" supplémentaires pour mes révisions... Et en particulier cet article tiré du journal La Croix qui a été tiré au sort par une candidate... Je viens d'enregistrer ma prestation, 5mn montre en main ;

Je commence par reprendre le contenu de l'article ; les professeurs utilisent ces blogs pour se défouler, et commenter, avec "humour" et "auto-dérision" leurs journées parfois difficiles dans leurs établissements respectifs. Le blog est ici un défouloir, mais aussi une manière de faire circuler une autre image du professeur. L'article fait aussi référence à l'affaire Garfieldd, qui a vu un proviseur révoqué, puis finalement suspendu, en raison de la publication d'un blog personnel sur Internet ou vie privée et professionnelle était abordée. La sanction a été motivée par l'Education Nationale par le manquement à l'obligation de réserve à laquelle est tenue tout agent public. Une polémique a vu le jour après cette décision, qui opposait liberté d'expression et devoir de réserve.

L'article illustre à mes yeux la diversité de questions que pose l'impact grandissant d'Internet dans notre société, ici la relation entre l'expression libre véhiculée par ce média et le "règlement", la loi qui limite l'expression de certains individus en raison de leur fonction et/ou de leur statut.
Je poursuis en parlant de la biblioblogosphère, très dense (il suffit de voir la page de liens de Bibliopedia) où institutions diverses (BPI, ENSSIB, ABF) et individus (Bibliobsession, XG BlogNotes, Bibliothèque = public, ...) débattent des thèmes d'actualité liés à la profession. Que dire d'un bibliothécaire qui commente, critique telle ou telle nouveauté de son établissement ?
Je parle aussi de mon blog, créé pour la préparation de ce concours, et qui prendra fin le jour des résultats, quels qu'ils soient...
Je termine sur l'intérêt que peut représenter un blog pour une bibliothèque publique, pour ses usagers, sur l'aspect contributif et d'échange que cela peut apporter à nos services distants.

Deezer, MusicMe et nos discothèques

Je réagis ici à la publication de deux articles de blog, celui de Xavier Galaup sur le positionnement d'une discothèque face à l'arrivée de plateformes d'écoute gratuite telles que Deezer ou Musicme, et celui de JC Brochard dans l'article "Que seront nos discothèques de prêt ?".

Je recherche, en ligne, des disques de musique du Sénégal.
Sur MusicMe, j'obtiens 16 albums de compilations ou d'artistes Sénégalais, sur Deezer, 126 résultats (les résultats contiennent des titres de chansons, et non seulement d'album) ; le point commun de ces deux résultats de recherche : le mot Sénégal, que j'ai saisi pour ma recherche, se retrouve dans le titre de l'album ou du morceau. C'est pour cette raison qu'alors que Youssou N'dour est un des portes drapeau de la musique du Sénégal, son nom ne revient qu'une seule fois sur les deux sites, et que l'album "Womat - The Guide" ne s'y trouve pas par exemple. A la décharge de ces deux sites, lorsque je clique sur cet unique résultat, j'ai alors accès à tous les albums de Youssou N'Dour. Idem pour Ismael Lô, autre artiste Sénégalais emblématique.

Quid de la recherche sur un OPAC de médiathèque ?
Avant de rédiger ce billet, son plan me paraissait clair... Je démontre la pauvreté des résultats de recherche sur les plateformes Deezer et MusicMe, et je prouve qu'avec nos OPAC, la médiation du discothécaire fait toute la différence...

Bon, il va falloir que je revoie ce plan...
Voici le résultat de mes recherches pour les expressions "Sénégal", "Youssou N'Dour' et "Ismael Lô". Sur les catalogues de médiathèques, j'ai limité la recherche au support CD audio ou "enregistrement sonore" (!) selon les interfaces.

Résultats pour "Sénégal"
BPI : 11 dont 0 Y. N'dour et 1 I. Lô
Médiathèque de Rennes : 24, dont 1 Y. N'Dour et 1 I. Lô
Médiathèque de l'agglomération Troyenne : 28, dont 0 Y. N'Dour et 2 I. Lô
Deezer : 126 morceaux, dont 1 Y. N'dour et 15 I. Lô
MusicMe : 16 albums, dont 1 Y. N'dour et 3 I. Lô

Résultats pour "Youssou N'dour"
BPI : 11
Médiathèque de Rennes : 30
Médiathèque de l'agglomération Troyenne : 34
Deezer : 9 (albums)
MusicMe : 36

Résultats pour "Ismael Lô"
BPI : 5
Médiathèque de Rennes : 12
Médiathèque de l'agglomération Troyenne : 20
Deezer : 4 (albums)
MusicMe : 14

J'espérais au terme de cette recherche pouvoir dire que là ou Deezer et MusicMe ne mentionnent qu'un seul titre de Youssou N'dour, nos OPAC permettaient de rechercher dans nos collections musicales autrement que sur les seuls champs titre ou auteur, et que l'indexation musicale présentait une vraie plus value... Bon, ce qui est vrai en "présentiel", c'est à dire lorsque je me rends dans ma discothèque et que je parcoure les bacs en accès libre, ne l'est donc pas en interrogation du catalogue... Soyons positifs, cela signifie que nous avons encore une marge d'action...

Je suis de ceux qui pensent que passer une heure dans la discothèque de mon quartier présente un réel intérêt ; je ne sais jamais avec quel CD je vais repartir lorsque je passe les portes de la section Musique de ma médiathèque. Je découvre la sélection du discothécaire, je suis attiré par tel pochette ou titre d'album d'un artiste totalement inconnu, je repars avec ce que je ne suis pas venu chercher... Ce qu'à ce jour, je n'arrive pas à faire de façon satisfaisante avec les plateformes Deezer et MusicMe.

Je pense que les discothèques ont leur place face à une telle concurrence, dans cette médiation. Dans les 3 médiathèques que j'ai choisies pour cette démonstration, j'imagine que la médiation sur place est de qualité, au détriment toutefois d'une médiation "à distance", qui est pourtant essentielle pour vivre "à côté" de telles plateformes. Et outre l'indexation, le mode d'accès aux collections est lui aussi peut-être à repenser ; comment obtenir le droit de prêter un album en ligne à nos usagers ? Faut il nécessairement, comme ma médiathèque le propose, passer par une plateforme externe (Bibliomédias en l'occurrence) ?

C'est ici un problème plus vaste, celui de la dématérialisation du document, qui est en question. Car cette question se pose, dans une moindre mesure en raison des coûts de consultation, pour la presse en ligne, pour la vidéo à la demande, pour, un jour, demain ?, les livres en téléchargement...

Je n'ai pas de téléphone ni d'ordinateur portable, pas de I-Pod, pas de Sony Reader, mais le "nomadisme individuel" de l'accès aux documents est bien d'actualité, chez les plus jeunes en particulier. La réponse de nos médiathèques publiques est encore à trouver (avec le CAREL ? en retenant le choix, payant, de Gallica2 pour les ouvrages sous droit ?...).

J'ai comme l'impression que ce n'est pas un ATQCPB qui va régler seul la question...

29 septembre 2008

Ressources en ligne des BDP

Je fréquente régulièrement les sites de quelques BDP depuis que j'ai débuté mes révisions pour ce concours. Si plusieurs BDP proposent un accès réservé aux seuls bibliothécaires adhérents, certaines proposent des boîtes à outils sans restriction ; droits d'auteur, subventions aux bibliothèques, conseils sur les acquisitions, aides à l'informatisation, ... Ces boîtes à outils regorgent de documents en général synthétiques et accessibles, car destinés à tous les bibliothécaires, bénévoles et salariés, qualifiés ou non.

Allier (Boîte à outils), Ariège, Aveyron, Bouches du Rhône, Dordogne, Doubs (Menu "Dossier"), Ille et Vilaine, Indre et Loire, Isère, Loir et Cher, Loire, Loire Atlantique (Menu Boîte à outils), Loiret, Maine et Loire, Puy de Dôme, Haut Rhin, Savoie, Yvelines, Tarn

Et je rajoute le lien vers l'ADBDP à partir duquel j'ai pu naviguer d'une BDP à l'autre... (Merci à B.S.) ainsi que celui de la caisse à outils du dît site.