29 septembre 2008

Ressources en ligne des BDP

Je fréquente régulièrement les sites de quelques BDP depuis que j'ai débuté mes révisions pour ce concours. Si plusieurs BDP proposent un accès réservé aux seuls bibliothécaires adhérents, certaines proposent des boîtes à outils sans restriction ; droits d'auteur, subventions aux bibliothèques, conseils sur les acquisitions, aides à l'informatisation, ... Ces boîtes à outils regorgent de documents en général synthétiques et accessibles, car destinés à tous les bibliothécaires, bénévoles et salariés, qualifiés ou non.

Allier (Boîte à outils), Ariège, Aveyron, Bouches du Rhône, Dordogne, Doubs (Menu "Dossier"), Ille et Vilaine, Indre et Loire, Isère, Loir et Cher, Loire, Loire Atlantique (Menu Boîte à outils), Loiret, Maine et Loire, Puy de Dôme, Haut Rhin, Savoie, Yvelines, Tarn

Et je rajoute le lien vers l'ADBDP à partir duquel j'ai pu naviguer d'une BDP à l'autre... (Merci à B.S.) ainsi que celui de la caisse à outils du dît site.

27 septembre 2008

Budget 2009 du Ministère de la Culture


A partir du dossier de presse diffusé lors de la présentation du budget 2009 hier par Mme Albanel, voici ma synthèse de ce qui est annoncé...

Programme Patrimoine
Patrimoine linguistique, écrit et documentaire

Concernant le patrimoine linguistique, il s'agit principalement de l'accès à la langue Française des salariés et des migrants, et de la promotion de la langue française à l'étranger et en particulier en Europe.
Le budget pour le patrimoine écrit et documentaire concernera principalement la BnF (modernisation du site Richelieu, financement du projet Gallica 2, développement des pôles associés) et le Plan d'action pour le patrimoine écrit (soutien aux collectivités locales).

Programme Création
2% du budget "Création", soit 13,9 M€, concernera directement le livre et la lecture, alors que l'industrie du livre (édition, imprimerie ?) sera également soutenue dans le budget destiné aux industries culturelles (4% du budget "création", soit 31,4 M€).

Pour la part consacrée au livre et la lecture, la Ministre souligne que la lecture publique "relève d'abord des compétences des collectivités territoriale", mais que le Ministère les soutiendra dans un programme de médiathèques de proximité, et dans l'effort de démocratisation de la lecture (à destination des publics les plus éloignés et notamment les jeunes).
Le concours particulier de la DGD (Ministère de l'Intérieur) devrait atteindre 82 M€, et l'instruction des dossiers reste assurée par la DLL et les DRAC.

Dans la part du budget Création consacré aux industries culturelles, on retrouve les orientations concernant le développement de la librairie indépendante (et la mise en place du label de Librairie Indépendante de Référence LIR), les auteurs (avec le droit de prêt reversé à la SOFIA), la petite édition, et le soutien à l'exportation (et la traduction) du livre français. A noter que les illustrateurs de livres seront également bénéficiaires du droit de prêt au même titre que les auteurs.

C'est aussi dans ce programme qu'est mentionnée la création de l'HADOPI, Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet.

Programme Transmission des Savoirs et démocratisation de la Culture
Ce programme concerne principalement les actions liées à l'enseignement artistique et culturel.
Toutefois, dans le volet Accès à la Culture (12% de ce budget, soit 54,3M€), l'accès à la culture des publics empêchés ou éloignés, et la numérisation des ressources culturelles rappelle les orientations en matière du livre et de la lecture, qui sont appliquées ici à la culture.

J'allais oublier... Cette année, le budget de la Culture représente 0.97 % du budget total de l'Etat...

26 septembre 2008

Laïcité, j'écris ton nom...

Sujet sensible dans la société française aujourd'hui, remis au goût du jour par N. Sarkozy (discours de Latran et de Ryad) et la récente visite du pape en France, la laïcité est une notion importante dans la délivrance d'un service public en général, et particulièrement à mes yeux lorsque ce service est d'ordre culturel, et qu'il vise à s'intéresser et toucher toute la population, dans toute sa diversité.

Voyons ce que la république a à nous dire sur le sujet, au travers de la lecture de la charte de la laïcité dans les services publics, édictée peu avant les dernières élections présidentielles par les services du Premier Ministre Villepin... (http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/laicite.pdf)

"Tout agent public a un devoir de stricte neutralité. Il doit traiter également toutes les personnes et respecter leur liberté de conscience."

L'évidence même pour un service public. Je n'ai pas à avoir un comportement différent vis à vis de tel ou tel usager en raison de ses convictions religieuses, que celles-ci soient visibles (signes "ostentatoires") ou pas. Ma neutralité doit également se retrouver dans ma collection ; une représentativité des grandes religions est un préalable à une collection portant sur les religions. J'aurai tendance à préférer les ouvrages sur la religion plutôt que les ouvrages de religion ; pourtant quelle bibliothèque n'a-t-elle pas dans ces rayons le plus grand best-seller de tous les temps ; la bible. Un Coran, une Torah, un livre des morts tibétains ont leur place en bibliothèque, non pour promouvoir l'écrit religieux, mais respecter d'une part la place de ces religions dans la population, et d'autre part permettre la connaissance, et la pensée sur le fait religieux. Comment discuter la doctrine chrétienne ou musulmane si le texte de référence est inconnu ? J'ai lu ici ou là que la classification Dewey faisait l'objet de critiques sur sa classe 200 consacrée aux religions ; avec 9 décimales consacrées aux religions chrétiennes, et une seule pour toutes les autres, le déséquilibre est incontestable, et une évolution me paraît effectivement pertinente. De là à tomber dans une logique de représentativité statistique, il y a un pas que je ne franchirai pas... D'abord parce que les statistiques s'intéressent plus à la pratique qu'à la croyance, ensuite parce que le rôle de la bibliothèque n'est pas de doser ces collections pour satisfaire chaque communauté, mais bien de proposer un ensemble cohérent à tous...

"Le fait pour un agent public de manifester ses convictions religieuses dans l’exercice de ses fonctions constitue un manquement à ses obligations."

Entièrement d'accord ! Je ne claironnerai pas ma pratique ou non de telle religion, et je ne souhaite pas voir un collègue faire œuvre de prosélytisme entre deux transactions de prêt ou deux commandes de livres auprès de notre libraire...

"Il appartient aux responsables des services publics de faire respecter l’application du principe de laïcité dans l’enceinte de ces services."

... Et à l'agent de leurs signaler d'éventuels manquements.

"La liberté de conscience est garantie aux agents publics. Ils bénéficient d’autorisations d’absence pour participer à une fête religieuse dès lors qu’elles sont compatibles avec les nécessités du fonctionnement normal du service."


La charte décline ensuite ces obligations pour les usagers cette fois, parmi lesquelles ;

"Tous les usagers sont égaux devant le service public. Les usagers des services publics ont le droit d’exprimer leurs convictions religieuses dans les limites du respect de la neutralité du service public, de son bon fonctionnement et des impératifs d’ordre public, de sécurité, de santé et d’hygiène."

Que dire du foulard portée par des usagers en bibliothèque ? Rien à mon avis...
Lieu public, symbole de démocratie, de diversité, de liberté, la bibliothèque n'a rien à opposer au "libre" choix de porter un foulard ou non, d'arriver en habit de scout, ou de porter la kipa... On en pense ce que l'on veut, bien sûr ; j'ai un avis très tranché sur la question des signes ostentatoires, mais dans mes fonctions de bibliothécaire, mon avis reste au placard ; je sers mes usagers, je leur rends le service qu'ils sont venus chercher, et ça s'arrête là.

Là où ça peut se compliquer, c'est si un usager de conviction X vient me reprocher le fait que tel livre proposé dans la bibliothèque offense ses croyances. Là, je serai d'avis de lui conseiller dans ce cas de ne pas lire l'ouvrage... et si ça ne suffit pas, d'écrire une lettre au conservateur ! (lire sur ce sujet, et plus généralement celui de la censure en bibliothèque, cet article).

"Les usagers des services publics doivent s’abstenir de toute forme de prosélytisme."
Et comment !

En guise de conclusion, un mot sur une pratique d'Europe du Nord (RU, Pays Bas) qui sollicite les communautés, notamment religieuses, au moment des acquisitions. Cette pratique découle selon moi de la conception communautariste de ces pays, et va à l'encontre des principes de cette charte, et plus généralement du code de déontologie de l'ABF ou de la charte du CSB. Je suis prêt à solliciter un universitaire réputé sur les religions, pas le religieux lui même. La collection de la bibliothèque à le devoir de proposer des documents sur les religions, elle n'a pas celui d'accueillir la religion.

Pour compléter la réflexion, je conseille vivement cet article d'une rare intelligence sur ce sujet tiré de la revue Hommes & migrations.

Qui va manger la télé ?

Article de "O.M.", publié dans le ...Télérama du 3/10/2007

L'article rapporte le résultat d'une enquête selon laquelle de plus en plus de français seraient plus disposés à se passer de la télévision et de la radio que de leur accès à Internet, en particulier chez les plus jeunes. Internet est une source d'information, de divertissement, de communication. L'auteur explique ce phénomène par l'expansion d'une part des connexions à haut débit (14 millions d'abonnements), et d'autre part sur la possibilité qu'offre ce nouveau média de choisir ces "programmes" ; "prendre la main sur les images qu'il regarde". Les résultats de l'enquête sont encore confortés par la baisse, toutefois réduite, de la durée moyenne d'écoute de la télévision, en particulier chez les plus jeunes, observée par Médiamétrie.

L'internet de l'armée américaine comme outil de communication a depuis longtemps dépassé ces premiers objectifs ; on peut y regarder des vidéos, y écouter de la musique, y lire la presse, jouer en ligne, interagir, communiquer, s'exprimer. C'est sans doute le média le plus complet de ce point de vue ; l'évolution web 2.0 le confirme.

L'intérêt grandissant de la population pour d'autres sources d'information est important ; on l'a observé pendant les dernières campagnes électorales, notamment pour le référendum sur le traité constitutionnel européen, où le débat s'est déplacé des médias traditionnels à Internet.
En bibliothèque, outre l'outil de travail aux applications multiples qu'il représente pour les bibliothècaires, Internet permet d'introduire au sein de la bibliothèque, mais aussi à distance, de nouveaux usages. Il rend la mission de médiation du bibliothécaire encore plus d'actualité.

Peur sur le livre


Premier article étudié ce matin, "Peur sur le livre" par Gilles Heuré, dans le Télérama du 18 juin 2008.

L'auteur y parle de l'amendement proposé par deux députés de la majorité actuelle visant à réduire la durée pendant laquelle un livre ne peut faire l'objet d'un rabais supérieur à 5%. Les députés s'appuyaient sur le nombre important d'invendus. L'auteur se fait l'écho de la vive polémique suscitée par cet amendement, les réactions unanimes des syndicats de libraires, auteurs et éditeurs, et de la réaction de la Ministre de la Culture elle même, qui évoquait les risques "d'asphyxie de la filière du livre" que cet amendement présentait. Il souligne les effets qu'auraient un telle dérégulation sur les libraires indépendants, rappelant le sort des disquaires qui n'ont pas bénéficié d'une telle loi. Il rappelle que la vente d'un livre "s'inscrit dans la durée", que 80% des livres achetés sont publiés depuis plus d'un an.

J'enchaîne sur mon expérience d'acheteur de livres, précisant que je ne cherche pas le meilleur prix, sachant qu'il varie peu d'un point de vente à l'autre, mais que je suis plutôt à la recherche d'une "diversité", d'un conseil parfois, d'une suggestion ; c'est le cas quand je cherche à offrir un livre, ou que je veux découvrir un nouvel auteur...

J'avais suivi à l'époque la polémique suscitée par cet amendement, et je me souviens de témoignages de libraires sur des blogs ou des forums qui soulignaient l'importance de ce prix unique pour leur survie, et la plus value que leur réseau représentait pour les acheteurs ; conseil, suggestion, sélection, ... La librairie de ma ville s'appelle "les passeurs de texte"... Tout un programme.

Je conclus en soulignant que le livre n'est effectivement pas un produit comme les autres ; sa distribution régulée ne répond pas à de seuls enjeux économiques, elle tient compte d'enjeux culturels beaucoup plus large, touchant à la création, à la diversité culturelle. Le livre tiré à 100 000 exemplaires n'est pas moins cher que celui tiré à 1000. Le livre n'est pas qu'un simple produit de consommation ; il véhicule des valeurs qui dépassent ce point de vue réducteur.

Le poste idéal

Ça y est, la convocation est arrivée par la poste avant-hier ; je passerai mon oral le 22/10.
Ce matin, j'essaie de verbaliser, de structurer un peu mes projections dans mon futur métier. Quel serait le poste idéal selon moi ? J'ai bien dit idéal, j'ai conscience que la réalité pourra être, sera très certainement différente... Mais bon, rêvons un peu...

J'imagine un poste avec d'abord un "tronc commun", partagé par tous les ATQ de mon établissement ; travail sur les acquisitions, le traitement documentaire (en espérant que le téléchargement de notices soit de mise...), les transactions de prêt, etc...

Ensuite, je voudrais pouvoir exploiter mes compétences de formateur : animer des ateliers en bureautique, des ateliers thématiques sur Internet (création de pages web par exemple), animer des visites d'expositions ou les visites de l'établissement.

Je souhaiterais aussi utiliser les 11 années que je viens de passer à travailler dans la formation et l'insertion professionnelle pour développer un fonds sur les métiers, la recherche d'emploi, la formation (et l'auto formation). Développer des partenariats dans ce sens, en particulier avec des missions locales ou PAIO, des centres de formation professionnelle, les organismes chargés des formations au savoir de base (RSB, AFP), avec le CNED pourquoi pas...
La notion de kiosque, développée dans le rapport Livre 2010 ou dans le programme des Ruches avant cela, ou à l'image de la BPI la mise en place, toute proportion gardée, de la collection "information générale et vie pratique".

Je voudrais aussi pouvoir utiliser mes compétences "NTIC" par l'animation d'un blog, le développement d'une sitothèque de référence (axée par exemple sur les sites régionaux ou locaux à mettre en valeur), la mise en place d'une approche "web 2.0" en particulier sur les contributions d'opinions des usagers sur les documents qu'ils ont empruntés...

Je me verrais bien aussi travailler sur l'accueil, l'"accompagnement" des usagers ; concevoir le guide du lecteur, définir un contenu d'entretien court d'inscription pour repérer très vite l'usager qui aura le plus besoin d'une médiation "renforcée", d'un accompagnement spécifique...

Je rêve de me voir confier les rênes d'un projet européen, sur les échanges culturels inter communautaires ; mettre en place un site d'échanges en partenariat avec une bibliothèque d'Irlande et une autre en Galicie ou ailleurs, travailler par ce biais l'apprentissage des langues, mais surtout le partage culturel, accueillir des expositions des bibliothèques partenaires, échanger avec les bibliothécaires, avec les usagers de ces pays, etc...

Le contexte pour tout cela ? Une ville moyenne, disons entre 20000 et 40000 habitants, avec une politique volontariste en matière culturelle, une médiathèque adaptée ou mieux encore, adaptable, un endroit où des choses restent à construire, à imaginer...

19 septembre 2008

Marianne et les bibliothèques publiques


Sujet d'actualité s'il en est pour les bibliothèques, l'accueil des usagers dans un service public fait l'objet depuis plusieurs années de nombreuses réflexions et études ; c'est l'une d'elle qui a abouti en 2005 à la mise en place du référentiel et de la charte Marianne (http://www.modernisation.gouv.fr/piliers/ameliorer/le-label-marianne/index.html), déclinaison "pratique" de l'engagement de l'Etat pour améliorer l'accueil dans les services publics.

Cette charte, adoptée par la BPI (http://www.bpi.fr/uploadfile/chartemarianne.pdf) ou encore la Cité des Sciences et de l'Industrie, fixe cinq priorités aux établissements qui l'adoptent :
  • Un accès facilité à nos services,
  • Un accueil attentif et courtois,
  • Une réponse compréhensible à vos demandes dans un délai annoncé,
  • Une réponse systématique à vos réclamations,
  • A votre écoute pour progresser.
Ces cinq objectifs généraux sont ensuite décomposés en 19 engagements permettant leur atteinte. Prenons les l'un après l'autre pour illustrer leur application concrète dans l'environnement des bibliothèques.

Un accès facilité à nos services.
Il s'agit ici de l'adaptation des horaires d'ouvertures aux attentes du public, de l'information sur ces horaires, et de l'accueil spécifiques des publics en difficultés.
Le référentiel Marianne préconise la conduite d'enquêtes auprès des usagers sur les horaires d'ouvertures souhaitées par ceux-ci. Dans le contexte du rapport Livre 2010, de la volonté d'élargir les horaires d'ouverture au public de nos bibliothèques, notamment le dimanche, ce point est d'une actualité presque brulante... Ainsi, on peut imaginer qu'une bibliothèque, après avoir consulter ses usagers, prenne en compte les demandes les plus fréquentes observées dans les résultats de l'enquête ; s'il apparaît que l'ouverture en nocturne, ou l'ouverture le dimanche fasse partie de ses demandes, la bibliothèque envisagera cette adaptation. Cette démarche d'enquête signifie également que la fréquentation dans ces nouvelles plages sera ensuite évaluée, et si celle-ci était trop faible, ses nouvelles plages d'ouverture pourront être remises en question. Le deuxième point concerne l'information des usagers sur les horaires d'ouvertures et modalités d'accès ; par le biais du site Internet, de l'affichage à l'entrée, de la large diffusion d'une plaquette sur la bibliothèque, et d'un message téléphonique d'attente par exemple. Les publics en difficultés (pour la BPI, il s'agit des séniors, des femmes enceintes, les personnes handicapées) doivent faire l'objet d'un accueil facilité ; entrée spécifique adaptée, prise en charge dés l'entrée, signalisation, équipements adaptés (déficients visuels, rampe d'accès, ascenseurs,...). Certains services publics (Préfecture de Grenoble par exemple) disposent ainsi d'un guichet spécifique vers lequel un agent d'accueil (nommé "facilitateur") orientera systématiquement les parents avec poussette, personnes handicapées, femmes enceintes, pour traiter immédiatement la demande de ces usagers. En bibliothèque, l'objectif est simple ; il s'agit là aussi de faciliter l'accès à notre bâtiment et à nos ressources ; postes informatiques adaptés, équipements spécifiques comme les "loges" pour déficients visuels à la BPI, etc.

Un accueil attentif et courtois.
Voilà une notion beaucoup plus subjective que la précédente. Mon vécu ces derniers mois, ou j'ai du passer la porte d'une bonne vingtaine de médiathèques différentes, est très inégal. D'un franc et souriant "bonjour" au regard presque fuyant d'un agent, la palette est infinie... D'où la nécessité de réfléchir et de construire une vraie posture d'accueil, qui se doit pour être efficace d'être systématique. Le service public de l'emploi dans lequel je travaille a mener il y a plus de dix ans une réflexion à ce sujet, qui a aboutit à la création d'un poste spécifique d'information et d'animation de la zone d'accueil. L'agent dispose d'un meuble de type "borne d'accueil", avec un ordinateur, et se place autour (et non derrière) ce meuble pour accueillir le public. L'agent est debout la plupart du temps, avec la possibilité de s'assoir sur un tabouret haut pendant les périodes de faible fréquentation. La première fonction de ce poste spécifique est d'applique l'engagement suivant ; "vous êtes, dés votre entrée dans nos locaux, systématiquement accueilli". L'agent a ainsi la tâche de saluer toute personne entrante, lui notifiant ainsi qu'il l'a vue, et que, s'il est actuellement occupé, il la prendra en charge ensuite, le premier accueil servant à notifier à l'usager la prise en compte de sa présence. Lorsque cela est possible, la mobilité de l'agent dans la zone d'accueil est à favoriser. Loin d'être limité par sa borne d'accueil, l'agent est amené à circuler dans la zone, afin d'intervenir en soutien aux usagers qui attendent, qui consultent de la documentation, qui utilisent un équipement (ordinateur, photocopieur), et bien sûr les usagers qui entrent. La terminologie propre à mon établissement qualifie cet accueil d'actif ; il s'agit d'aller vers l'usager. Si j'essaie de transposer une telle démarche dans une bibliothèque, cela signifie tout d'abord la suppression du guichet. Ce guichet représentant une barrière physique mais aussi symbolique entre l'usager et l'agent, freinant la mobilité de l'agent dans l'espace d'accueil. Cela étant dit, l'usage d'une bibliothèque ne peut se comparer aussi simplement avec celui d'une administration telle qu'une préfecture ou une mairie. Le parcours de l'usager de bibliothèque est beaucoup plus libre, puisqu'il n'a plus besoin de passer systématiquement par un bibliothécaire pour accéder aux collections, ou une bonne partie d'entre elles, grâce au libre accès. Cela ne dispense par pour autant la bibliothèque d'un message systématique de "bienvenue" aux usagers qui entrent dans ses locaux. Cet accueil systématique est par ailleurs garant d'une prise en compte spécifique des usagers dont le parcours au sein de nos collections "ne va pas de soi". L'usager "en difficulté" (handicapé, primo-visiteur, ayant une demande précise, etc...) par cet accueil systématique identifie immédiatement une personne ressource, et peut plus facilement et spontanément, en répondant à l'invite de l'agent (qui a fait le premier pas en le saluant), le solliciter. L'accueil devient ici le point de "démarrage" de la médiation, celui-ci étant de la responsabilité de l'agent, et non de l'usager. C'est à mes yeux un minimum dans un service public... J'ai en outre déjà développé dans ce blog l'avantage indéniable qu'un tel accueil pouvait représenter dans la gestion des comportements inadaptés de certains usagers.

Une réponse compréhensible à vos demandes dans un délai annoncé.
Ce point concerne peut-être plus logiquement la demande "à distance" ; courrier, e-mail, mais peut aussi concerner les guichets d'information au sein de la bibliothèque ; informer un usager du temps moyen que va prendre sa demande d'un ouvrage conservé en magasin paraît aller de soi, encore faut-il que cette information soit effectivement systématique...
En ce qui concerne le traitement de courriers ou courriels, un engagement de délai de réponse à une demande de recherche bibliographique à distance par exemple peut être annoncée (sur le site Internet ou verbalement à un guichet). La BPI propose ainsi sur son service RADIS (Réponse A DIStance) un délai de deux jours pour répondre aux courriels des usagers.
Le référentiel Marianne précise également l'importance de la "lisibilité et la clarté" de la réponse. Point qui nous renvoie, en bibliothèque, aux niveaux de réponses (expert / amateur).
Cet objectif - ou le suivant - peut également servir à déterminer le traitement par la bibliothèque des suggestions d'acquisitions émanant de nos usagers. Si l'usager s'identifie sur cette suggestion, la bibliothèque peut alors l'informer, dans un délai fixé, de la prise en compte ou non de sa demande.

Une réponse systématique à vos réclamations,
Si des services publics administratifs peuvent effectivement faire l'objet de fréquentes réclamations, j'espère que ce n'est pas le cas dans nos bibliothèques... Toutefois, la BPI a pour décliner cet engagement, désigné un médiateur, qui s'engage à répondre à toute réclamation émise par un usager. Cette pratique paraît plutôt adaptée et semble facilement applicable dans tout type de bibliothèque, l'appel à un tiers (personnel de la mairie dont dépend la bibliothèque par exemple), pouvant garantir l'impartialité de la médiation.

A votre écoute pour progresser.
Ce dernier objectif est bien sûr là pour assurer une évaluation et, le cas échéant, une évolution des quatre points précédants. Il s'agit ici d'intégrer les suggestions, plus que les réclamations, des usagers dans la manière dont le service proposé est rendu. La mise en place d'une boîte à idée, à différencier clairement des suggestion d'acquisition, peut permettre à des usagers de s'exprimer et de suggérer telle ou telle organisation. Pour la BPI, ce sont les évaluations des services et les enquêtes auprès des usagers qui servent à atteindre l'objectif fixé, avec la garantie d'informer les usagers des résultats de ces enquêtes dans le Bulletin de la BPI. Dans une bibliothèque plus modeste, cette information peut être diffusée sur le site Internet, affichée dans les locaux, ou publiée dans la lettre d'actualité, voir dans le journal de la mairie s'il en existe un.

J'ai vraiment le sentiment que cette charte Marianne a toute sa place en bibliothèque, et que, à défaut, les réflexions qu'elle soulève sont véritablement d'actualité dans des bibliothèques aux missions démultipliées ces dernières années, en particulier celle de l'élargissement des publics et de l'accès du plus grand nombre à nos ressources. Plus simplement, l'augmentation de la fréquentation, et la diversification des usages rend un accueil pensé et construit indispensable.